Tennis

Le Suédois, qui a pris en charge le destin de Marin Cilic depuis août, est convaincu que le Croate peut battre Roger Federer ce dimanche à Wimbledon

Jonas Björkman, voir Marin Cilic en finale ici, à Wimbledon, c’est aussi la conséquence de la remise en question de la mi-saison ?

"Il a eu du mal à lancer sa saison c’est vrai, mais avait fini tellement tard la précédente à cause de la finale de la Coupe Davis. Donc pas beaucoup de vacances et pas beaucoup de préparation hivernale non plus. Je sais ce que c’est, j’ai vécu ça aussi : on n’a pas 100% la tête au tennis en début de saison, on se rate et on commence à perdre confiance. Tout peut tourner très vite. Mais on a eu une très bonne période de dix jours avant le tournoi de Monte-Carlo : on a repris les bases, on a travaillé très dur, on l’a remis en forme physiquement. Derrière il a vécu une super saison sur terre battue, a retrouvé beaucoup de confiance et c’était parfait au moment de débuter la partie de l’année qu’il préfère."

A quel point le fait d’avoir déjà un titre du Grand Chelem en poche va jouer dans l’approche de cette finale ?

"Je pense que c’est énorme. Et hors du Big 4 et de Stan Wawrinka, il n’y a pas beaucoup de monde qui peut dire ça puisque ceux-là ont tout pris. Donc cette expérience va l’aider : il sait ce qu’il doit faire, il sait ce qu’on ressent dans ce type de match sous très haute pression. marin est un gars très calme, très relax mais on a aussi travaillé sur son langage corporel et il a montré beaucoup de caractère lors des derniers matches. Egalement beaucoup de force mentale, ce qui a été la clé je pense au fil de ce tournoi."

Avez-vous parfois craint que Marin ne fasse partie des “trop gentils” ?

(Il sourit) "C’est génial d’être un mec sympa et ça apporte beaucoup de bénéfices hors du court mais parfois sur le court il faut montrer plus d’ego, plus d’égoïsme aussi. Marin veut que tout le monde se sente bien, mais nous on veut que ce soit lui qui se sente le mieux. Et je pense qu’il a progressé là-dessus. Il donne aussi beaucoup plus son avis qu’au début dans nos conversations."

Pourrait-il être intimidé dimanche par le fait d’affronter Federer qui a un 8e titre dans le viseur ici ?

"Je pense surtout que c’est la situation parfaite pour Marin. Tout le monde dit que Roger est le grandissime favori donc c’est une chance de pouvoir arriver sur ce court sans pression. Je pense pas qu’il sera intimidé et il sait qu’il a détruit Roger à l’US Open en route vers le titre donc il a de bons souvenirs face à lui dans les grands tournois. Oui, Marin a aussi vécu des défaites douloureuses mais il a réussi à en apprendre beaucoup. C’est pour ça qu’on le retrouve en finale aujourd’hui."