Tennis L’Italien a réalisé un autre exploit mardi sur le Lenglen.

L’exploit de l’un fait le cauchemar de l’autre. Marco Cecchinato a réalisé le match de sa vie pour sortir Novak Djokovic de Roland-Garros en quarts : 6-3, 7-6 (4), 1-6, 7-6 (11). Après avoir dominé David Goffin, voilà l’Italien qui a réussi un encore plus grand coup du chapeau. Il sera 27e mondial au minimum lors du prochain classement, lui qui était arrivé 72e et n’avait encore jamais remporté un match en Grand Chelem. Et dire qu’il n’aurait sans doute jamais dû arriver en demi-finales de Roland-Garros….

Déjà parce qu’il avait pris 18 mois de suspension en 2016 pour avoir parié sur sa propre défaite en 2015 avant d’être relaxé pour vice de forme par la fédération italienne. Ensuite parce que Djokovic aurait dû mettre fin à son aventure : trois balles de set à 6-5 dans le deuxième set, une avance de 5-2 puis de 5-3 30-0 dans le quatrième set suivie de trois balles de set dans le jeu décisif avec au moins trois coups droits inratables sur court ouvert avant de finir par se suicider sur la quatrième balle de match d’un service volée puni par un retour de revers le long de la ligne.

Venu devant la presse dans la foulée de ce drame, le Djoker n’était que colère et désillusion : "Il a joué de manière incroyable, bravo à lui. Je me suis trop battu d’abord avec cette petit blessure au cou, puis quand ça a été mieux, j’ai raté trop de chances. Là, je n’ai plus envie de penser au tennis. Je ne sais même pas si je jouerai sur herbe."

Quelqu’un tenta de lui dire qu’au moins il avait prouvé qu’il était de retour. Réponse, cinglante : "Je suis de retour dans les vestiaires."

Voilà une défaite qui risque de lui faire perdre le chemin qu’il venait de retrouver...

Cecchinato, dos au mur, a, lui, tout tenté : les revers le long de la ligne, les défenses de mutant, les amorties. Tout. Il n’avait rien à perdre et il a joué comme tel : libéré. Alors que les instances du tennis masculin sont lancées dans une lutte impitoyable face aux matches truqués, elles se seraient sans doute passées de voir un joueur comme Cecchinato atteindre les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem. Roland-Garros aussi peut-être…

Mais il paraît que l’histoire est belle de voir cet inconnu atteindre le dernier carré, alors on va rêver avec lui. Il a le verbe joyeux, la vantardise avec le sourire, il n’a peur de rien: "Oui, vous l’avez dit, j’ai joué un match extraordinaire. C’est incroyable de battre Novak. J’ai du mal à réaliser que je vais jouer les demi-finales, mais ce tournoi va changer ma vie !"

On lui dit qu’il sera tête de série à Wimbledon, la réponse fuse : "Tant mieux pour mes adversaires !"

On lui demande d’expliquer le match truqué : "Je ne veux pas parler de ça, je vous l’ai déjà dit."

Il ne faut pas brouiller l’image, c’est vrai...