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Notre compatriote a mis ce week-end un terme à 14 ans de carrière

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BRUXELLES Il est parti à Valence, où il a disputé la première de ses deux finales sur le circuit ATP, mais il risque de n’y jouer qu’au... golf. Malgré une wild card demandée à Juan Carlos Ferrero, Christophe Rochus n’a pu entrer dans le tableau qualificatif de ce qui devait être le dernier tournoi de sa carrière. À 31 ans, il a donc mis, ce week-end, un terme à 14 ans de vie sur le circuit ATP. Évocation.

Christophe Rochus, vous n’êtes plus joueur de tennis. Qu’est-ce que cela vous fait ?

“Ce sera un fameux changement. Quand vous avez donné toute votre vie à un truc, il est clair que cela procure une sensation bizarre. Depuis l’âge de 15 ans, lorsque je suis entré à l’internat, j’ai vécu pour le tennis. Mais je ne suis pas inquiet pour mon avenir. J’ai des projets plein la tête...”

Vous avez versé une larme?

“Non, parce que c’était tellement prévu, anticipé. Maintenant, je dois reconnaître que quand je me suis assis sur ma chaise à Stockholm, alors que j’étais mené 6-4, 3-0 par le Tchèque Hernych, je me suis dit que ce serait peut-être mon dernier. Mais bon, il faut bien que cela s’arrête un jour...”

Quel bilan tirez-vous de votre carrière ?

“Si on m’avait dit que j’aurais figuré pendant dix ans parmi les 100 meilleurs joueurs de la planète, j’aurais signé tout de suite. Avec le recul, toutefois, je me dis que j’aurais pu faire mieux. Simplement, je n’étais pas le plus hargneux et je ne me suis pas toujours bien soigné. Ce n’est ainsi qu’en 2008 que l’on a découvert que mes fameuses crampes aux mollets étaient dues au fait que mes artères se coinçaient sous le poids des efforts.”

Quel est votre plus beau souvenir de ces 14 ans sur le circuit ?

“Il n’y en a pas un en particulier. Je retiendrai mon accession dans le Top 100 après avoir battu Mirnyi pour atteindre les huitièmes de finale à l’Australian Open en 2000. Je garderai aussi en mémoire la victoire en Coupe Davis contre Sanguinetti en Italie la même année. Et enfin, ma demi-finale au Masters Series d’Hambourg en 2005, qui m’a permis d’entrer dans le Top 50.”

S’il y a un match que vous souhaiteriez revoir en vidéo ?

“Ce serait celui de ma victoire contre l’Argentin Chela à Hambourg, justement, en quart de finale. Je faisais deux amorties par jeu et il n’en touchait pas une... (sourire)”

Et quel est votre pire souvenir ?

“Malheureusement, il y en a eu beaucoup plus de mauvais que de bons. Je pense principalement à ma finale à Rotterdam en 2006 contre Stepanek. Dans une finale, on veut toujours être à la hauteur, mais le match n’avait duré que 45 minutes et j’avais pris 6-0, 6-3. C’était horrible ! Heureusement, ce sont les bons moments qui prédominent et qui font oublier toutes les galères.”

Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de vous ?

“C’est sûr, je n’étais pas le plus charismatique ni le plus démonstratif sur un court, mais j’espère qu’avec mon jeu tout en toucher, j’aurai procuré du plaisir à tous ceux qui m’ont suivi...”

Quels sont les joueurs qui vous ont le plus impressionné ?

“Je dirais Federer et Nadal bien sûr, mais peut-être surtout Davydenko. Il m’a mis 6-0, 6-0 une année à Bercy (NdlR: en 2006) et je me suis senti impuissant. Je n’ai jamais vu un type qui jouait aussi vite que lui. Je prenais quatre coups gagnants par jeu. Même Agassi ne frappait pas comme ça.”

Qu’est-ce que les gens ignorent au sujet de Christophe Rochus?

“Qu’en fait, je suis un gars sympa... (sourire)”



© La Dernière Heure 2010