Tennis

Kim Clijsters, victime d’une surcharge de travail au niveau des abdominaux, reste (trop ?) focalisée sur ses trois derniers défis

ROSMALEN Les mines déconfites contrastaient avec la teneur de leurs propos. Hier, sur le coup de midi, Carl Maes et Sam Verslegers, entraîneur et kiné de Clijsters, tentaient de minimiser un maximum les raisons du forfait de la Limbourgeoise avant sa rencontre des demi-finales sur le gazon de Rosmalen. “Si nous avions dû jouer une rencontre de Grand Chelem ou si elle avait pu jouir d’un jour de repos, elle serait montée sur le terrain”, souligne l’entraîneur. “Nous n’avons voulu prendre aucun risque”, complète le kiné avant que Maes ne confirme qu’elle “jouera sans aucun doute lundi à Londres.”

En réalité, Kim Clijsters, déçue et un peu inquiète selon les propos de son entraîneur, souffre d’une surcharge de travail au niveau des abdominaux. Aucune déchirure n’a été détectée. “Jeudi, lors de l’entraînement, elle se plaignait d’une gêne si bien qu’elle a joué son quart de finale avec un tape aux abdos”, relate Carl Maes.

Cette mesure préventive s’avéra nécessaire vu sa baisse de régime manifeste lors du second set. “Effectivement, j’ai remarqué que ses services avaient perdu plus ou moins 20 km/h de vitesse lors de la seconde manche contre Schiavone. Comme en fin de match, elle a servi à nouveau à 170 km/h et plus, je n’étais pas inquiet.”

Par acquis de conscience, ses deux mentors l’ont convaincue de se rendre à l’hôpital jeudi soir. Un scanner a alors révélé une zone floue au niveau de l’abdomen. “Du liquide était apparent.”

Si le forfait est acté, les espoirs de jouer Wimbledon ne sont pas hypothéqués. On avait craint une déchirure abdominale semblable à celle qu’elle s’était occasionnée il y a un an à Montréal. Il n’en est rien. “La situation n’a rien à voir. Ici, elle n’a pas senti qu’elle devait se retenir sur son service. Son corps souffre à chaque match”, reconnaît son entraîneur. “Kim a besoin de se ménager une journée de repos entre ses rencontres ce qui sera le cas à Wimbledon. Nous avons pris la bonne décision en faisant une croix sur la saison sur terre battue.”

Paradoxalement, Carl Maes a quitté les Pays-Bas avec le sentiment du devoir accompli. Il a vécu une semaine riche en enseignements.

“Je suis très content. À l’exception de son premier set contre Oprandi, elle a évolué à un très bon niveau de jeu. Elle est à 100 % de ses moyens tennistiques. Je suis particulièrement satisfait de son service, véritable arme de son jeu sur une surface qu’elle n’affectionne pas particulièrement. Elle a d’emblée mis la pression sur ses adversaires grâce à son service puissant et performant.”

Et de poursuivre son analyse : “Elle a bien bougé aussi. Sans hésitation, elle joue mieux qu’il y a un an. Son coup droit est spectaculaire. Elle est proche de son meilleur niveau. J’aurais juste voulu qu’elle monte plus au filet face à Oprandi et Schiavone.”

Si tous deux cherchaient à dédramatiser la situation, force est de constater que sa dernière saison sur le circuit se joue plus souvent dans les hôpitaux que sur les courts. Ce “forfait de raison” comme l’a confirmé Kim sur son site évitera-t-il une nouvelle déception à Wimbledon ?


© La Dernière Heure 2012