Tennis Défait à Montréal, le Liégeois n’en a presque plus à l’approche de l’US Open.

Comme lors de ses deux derniers tournois, à Umag puis à Gstaad, David Goffin n’a pas réussi à enchaîner à Montréal. Après une première victoire concluante face au Japonais Yuichi Sugita (ATP 46), le Liégeois a été battu sèchement en deux sets (7-5, 6-3) par une étoile montante du tennis masculin, le Sud-Coréen de 21 ans Hyeon Chung (ATP 56).

Ce n’est pas une réelle surprise puisque Goffin ne dispute que son sixième match depuis son retour à la compétition. "Pour les joueurs d’un tel niveau, il faut du temps avant de retrouver son meilleur tennis. Et cela se fait en différentes étapes", explique Maurice Joris, médecin de David Goffin. "À la reprise, à Umag et à Gstaad, on a surtout travaillé les problèmes d’appui qu’il rencontrait. Après six semaines d’interruption, la rythmique des jambes était au point mort et c’est ce qui fait normalement la force de David. Aujourd’hui, la blessure est résorbée à 100 % et il n’y a plus de séquelles."

David Goffin revient peut-être de blessure, contractée pour rappel le 2 juin dernier au 3e tour de Roland-Garros mais cette troisième défaite précoce pose question à un peu plus de deux semaines de l’US Open.

Sur le terrain, David Goffin, 13e au classement mondial, n’a montré aucun problème physique. Qu’est-ce qui explique dès lors le manque de réussite actuel de notre compatriote ? "Un cycle de compétition tire souvent un athlète vers le haut et David a interrompu ce cycle. Il y a un décalage naturel qui s’est créé entre les joueurs qui sont en pleine saison et David Goffin", précise Philippe Godin, professeur à l’UCL (Université catholique de Louvain) et psychologue du sport auprès d’athlètes de haut niveau.

Une question de barrière psychologique

Philippe Godin va un peu plus loin. "Des facteurs psychologiques peuvent également expliquer ce manque de réussite. Goffin a connu ou connaît peut-être encore des sensations de douleur qui entraînent souvent une retenue. Un phénomène d’inhibition très fréquent chez les sportifs qui se blessent pour la première fois. Il existe des exercices de représentation du mouvement pour retrouver la position du pied, dans son cas, de sa cheville."

Pour le retour à la compétition de David Goffin, le but était "de se débarrasser au plus vite de toute hantise de blessure, de franchir la barrière psychologique", expliquait son entraîneur, Thierry Van Cleemput, avant le tournoi d’Umag (Croatie).

Aujourd’hui, la barrière psychologique semble avoir été dépassée. "David avait une appréhension à ses premiers coups de raquettes. C’est normal mais tout cela est derrière lui à présent. Pour gagner de nouveau, il doit réapprendre à gérer ses matchs, ce que j’appelle la rythmique des événements et de ses émotions", apporte Maurice Joris.

Pour revenir plus fort et à temps pour l’US Open, son objectif numéro 1, David Goffin sait ce qu’il lui reste à faire : enchaîner les matchs, les défaites et bientôt… les victoires.Louis Barbé