Tennis Le n°1 belge souffre toujours du genou gauche. Il espère être rétabli d’ici vendredi.

Il aimerait bien voir enfin le bout du tunnel. Depuis sa blessure à la cheville à Roland-Garros, David Goffin n’en finit pas de galérer. "Je n’ai toujours pas disputé le moindre match en étant à 100 %", confie-t-il en évoquant ses participations aux tournois d’Umag, de Gstaad, de Montréal, de Cincinnati et de Flushing Meadows.

Secrètement, le Liégeois espérait retrouver sa meilleure forme pour cette demi-finale de Coupe Davis face à l’Australie. Ce n’est, hélas !, pas le cas. Cette fois, c’est son genou gauche qui le handicape. "Il s’agit d’une petite douleur récurrente, probablement liée à un phénomène de compensation suite à mes soucis à la cheville. C’était déjà le cas lors de la tournée aux États-Unis. Rien de grave mais ce n’est évidemment pas l’idéal avant une rencontre de cette importance. Heureusement, il reste trois jours avant le premier match. D’ici là, tout ira peut-être beaucoup mieux..."

David bénéficie, bien sûr, des soins de tout le staff médical. Kiné, ostéo, massage. Il est chouchouté quasiment à temps plein. "C’est important. Je sens déjà une amélioration. Je dois faire preuve d’optimisme et de patience. Je veux jouer. Sinon, je ne serais pas là. Après, on verra jeudi..."

On sait que David a généralement besoin de se sentir au mieux de sa forme pour bien performer. Depuis quelques mois, il est obligé de composer avec les événements. "C’est vrai, je dois accepter de jouer diminué. Ce n’est pas évident. Mais il n’y a pas de plan B…"

C’est donc une vraie course contre la montre que le n°1 belge a engagé. Il sait que l’équipe compte sur lui. Qu’absent, les chances de qualification pour la finale deviendraient très faibles. Mais il sait aussi qu’il ne doit pas s’obstiner bêtement. Qu’il doit être à la hauteur de la situation et qu’il ne peut se permettre d’entrer sur le court s’il n’est pas en mesure - physiquement et psychologiquement - de relever le défi. A priori, sa blessure ne peut pas s’aggraver en jouant. C’est une bonne chose. Mais, comme tout sportif de haut niveau, il a besoin d’avoir de bonnes sensations. De se déplacer sans la moindre hantise, a fortiori pour des rencontres au meilleur des cinq sets sur terre battue. L’équation est décidément à plusieurs inconnues !

Une chose est sûre : d’ici vendredi, David Goffin va tout faire pour retrouver la forme et le moral. Avec l’aide de toute l’équipe !

"C’est David qui décidera"

Durant une semaine de Coupe Davis, tout le staff médical est aux petits oignons pour les joueurs de l’équipe belge. "On essaye de les mettre dans les meilleures conditions. Disons que chaque joueur reçoit, en moyenne, quatre heures de soins quotidiens. Parfois davantage", explique le docteur Maurice Joris.

Ce dernier suit, bien sûr, d’un œil attentif l’évolution de la blessure de David Goffin. "Ici, on parle d’une douleur de fonction. C’est le corps qui dit au cerveau de David que quelque chose ne va pas. Mais le remède n’est pas évident…"

C’est le genou gauche qui fait aujourd’hui souffrir le champion liégeois. "Il s’agit d’une compensation de sa blessure à la cheville. Inconsciemment, son corps s’est adapté à une situation inhabituelle. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas grave. La blessure ne peut pas s’aggraver et mettre en péril sa fin de saison. En revanche, il s’agit d’une douleur handicapante à tous les niveaux. N’oubliez pas qu’on parle ici d’une demi-finale de Coupe Davis. C’est du très haut niveau."

Avec tout son staff, le Dr Joris va tout faire pour remettre d’aplomb le no 1 belge d’ici vendredi. Enfin presque. "Pas question de lui faire des infiltrations à la cortisone. Ce n’est pas dans mes habitudes. Et ce serait bien trop dangereux pour la suite de sa carrière…"

In fine, c’est David qui devra décider s’il est prêt à disputer cette rencontre. "Il connaît son corps, il a de l’expérience. De notre côté, on va tout faire pour l’aider. Mais c’est lui le chef."