Tennis Débarrassé de sa gêne aux adducteurs, David Goffin a réaffirmé sa très haute ambition.

Vêtu tout de noir, David Goffin a martyrisé les balles durant un entraînement de deux heures, vendredi, avec Rafael Nadal sur le court Philippe Chatrier.

Quelques heures après le tirage au sort, il s’est posé pour évoquer ses rêves et ses ambitions à l’aube d’une quinzaine où il est toujours fort attendu.

Vous avez tourné un clip dans le tournoi où vous deviez jouer le rôle d’un vainqueur à Roland-Garros…

"J’ai tourné ce clip il y a six mois, mais il ne sort que maintenant. Je devais dire le plus de conneries. Je raconte que mon box est vide, que j’étais venu en vacances, que je ne viendrai pas défendre mon titre l’an prochain et que je n’avais pas eu le temps de stresser vu le triple 6-0. J’ai joué le rôle de l’absurde jusqu’au bout." 

Retournons à la réalité. Dans quel état d’esprit êtes-vous arrivé à Paris ?

"J’ai pris quelques jours de repos après le tournoi de Rome. Mes adducteurs avaient un peu tiré à Rome. Je voulais récupérer. Je suis arrivé mardi ici et je ne ressens plus la moindre gêne. Je commence à avoir mes habitudes. J’ai de bons souvenirs. Je suis plus cool. Je vis mieux. Je me souviens de 2012 lorsque j’avais atteint le 4e tour. C’est loin et je m’en souviens comme si c’était hier. Je suis content car j’ai accumulé d’autres bons souvenirs à Paris."

Revenons à 2017. Comment s’est déroulée votre semaine ?

"J’ai pu monter en puissance au fil des entraînements. Je joue sans la moindre appréhension. Je suis prêt à 100 %. J’ai un peu adapté mon programme. Nous avons repris en douceur avant de monter en puissance."

On vous a vu vous entraîner à plusieurs reprises sur le court Philippe Chatrier. Jeudi face à Lucas Pouille et vendredi contre Rafael Nadal. Comment organisez-vous vos séances d’entraînement ?

"Tout est décidé depuis des semaines. Avec mon entraîneur, nous analysons la liste des joueurs qui seront sur place. Je savais que Lucas et Rafa étaient là. Normalement, je devais aussi m’entraîner avec Novak (Djokovic), mais ça ne s’est pas mis."

Un entraînement contre Nadal est forcément un moment spécial…

"Il joue à fond. Toujours à fond, tout comme moi. Je ne suis pas du genre à m’entraîner en marchant pour juste sentir la balle. Si je suis trop fatigué, je ne joue pas. On apprend toujours lors d’une session avec Rafa . Si on est mal réveillé, on se réveille après une balle. Il met dans chaque frappe une forte intensité."

Revenons à Novak Djokovic, que vous inspire le retour sur le circuit d’Andre Agassi ?

"Cela fait bizarre de le voir revenir après si longtemps."

Cette année, certains joueurs se plaignent des rebonds très hauts. Que pensez-vous de la terre battue version 2017 ?

"Vous savez, elle peut changer très vite. On reste sur quelques jours de forte chaleur. La terre est sèche et rapide."

Un grand favori se dégage très nettement, Rafael Nadal…

"Sur la terre battue, il a presque tout gagné. Il est le grandissime favori. Il a repris possession de ses moyens. Cette année sera spéciale. Novak revient dans le coup. Andy souffre à cause de ses problèmes physiques. Thiem est super bien. Zverev vient de gagner à Rome."

Vous figurez dans la liste des outsiders. Êtes-vous flatté ?

"Oui, cela me fait plaisir. Je suis parmi les joueurs qui peuvent potentiellement créer la surprise en deuxième semaine. Je suis ambitieux pour ce tournoi. J’espère aller loin, mais tous les tours seront durs. Les pronos seront difficiles. Parmi les favoris, j’espère me frayer un chemin."

Au premier tour, vous auriez pu jouer contre Arthur De Greef qui est sorti des qualifs

"Cela aurait été dommage car un Belge aurait été éliminé. Il existe beaucoup de possibilités. Je pourrais tomber sur Paul-Henri Mathieu qui possède une très grande expérience ou contre un joueur qui n’a jamais joué un match au meilleur des 5 sets. Je me prépare comme d’habitude. (En soirée, il a appris qu’il avait hérité justement de Paul-Henri Mathieu)."

En huitièmes, vous pourriez déjà croiser votre ami Dominic Thiem qui vous avait battu l’an passé…

"C’est possible. Je ne vois pas encore si loin. Je ne regarde pas les matches passés dans une optique de revanche. Je regarde uniquement les aspects tactiques. Je me retrouve souvent dans sa partie de tableau."