Tennis L’Argentin a éliminé Alexander Zverev (3-6,7-6 (5), 6-4) jeudi avec un niveau de jeu de plus en plus vintage.

Quand il a lâché ce missile de revers décroisé au beau milieu de la bataille du troisième set, les cœurs des suiveurs du tennis ont manqué un battement.

Pour la première fois depuis que ce poignet gauche lui a enfin permis de reprendre sa carrière, on a vu Juan Martin Del Potro jeudi tout lâcher côté revers. Oui, il continue de slicer régulièrement de ce côté-là et évidemment ce coup n’est pas encore revenu sur la durée à 100 % mais on est visiblement passé de 60 % à 80 % ces derniers mois. Et ça change tout !

Quand il explique les progrès de ce revers, on peut lire le soulagement dans ses yeux.

"Je n’ai plus de douleur au poignet et maintenant je tape enfin mon revers comme à l’entraînement. Ce n’est plus qu’une question de confiance pour réussir à le faire plus souvent en match. Je sais que dans les moments importants j’ai encore tendance à slicer mais face à un joueur comme Zverev, il faut lâcher ses meilleurs coups sans arrêt. Je veux le faire en plus, mais je suis déjà ravi de mes progrès en revers."

Revenu sur le circuit la saison passée après deux ans d’absence sans aucune attente en termes de résultats, déjà heureux de rejouer et d’être sorti de sa déprime, Del Po a aujourd’hui un tout autre état d’esprit. En 2017, il a vu qu’il pouvait de nouveau jouer les premiers rôles et son orgueil de champion a pris le dessus.

Sa victoire sur Alexander Zverev, 20 ans et toute l’ambition du monde, est un nouvel avertissement après la demi-finale de l’US Open : il est prêt pour tout.

"Je joue tellement mieux en ce moment et je me sens de plus en plus en confiance. Cela me montre que j’ai beaucoup d’espoir à avoir pour la saison prochaine. Là je veux finir la saison très fort et ensuite vraiment bien me préparer cet hiver pour mon retour à l’Open d’Australie après avoir manqué l’édition 2017."

Il faut dire que se retrouver 23e mondial sans être revenu au top de sa forme est une belle preuve du potentiel. Le vainqueur de l’US Open 2009 a été poussé par la médaille d’argent de Rio, par des rivaux qui ne l’ont jamais lâché et par une foule qui, semaine après semaine, continue de s’accrocher au moindre de ses pas de peur qu’il reparte.

Quand Zverev est fou de rage après cette défaite, Del Potro sourit : "Il est si jeune… Il a encore des choses à apprendre." Lui, il a tout connu, alors il relativise. Cette année, il a perdu son grand-père, ça lui a brisé le coeur. Il a eu des problèmes de dos et d’épaule. Il a chopé la crève à l’US Open. Mais il ne s’est jamais plaint et est toujours revenu avec le sourire, un gros cœur et des nerfs d’acier. "J’aimerais maintenant tellement jouer une saison pleine en 2018 avec 20 ou 22 tournois…"

Quand un Nick Kyrgios ne peut pas à se motiver deux semaines de suite, il y a Del Potro qui est affamé de jeu. On lui a souvent arraché son rêve des mains, mais l’Argentin pourrait bien être celui qui rit à la fin. Tant mieux.