Tennis Novak Djokovic est revenu avec sincérité sur cette sortie d’un très long tunnel.

Novak Djokovic ne masquait pas sa joie après ce quatrième sacre sur le gazon londonien. Pour lui, c’est la fin d’une longue traversée du désert et le début d’un nouveau chapitre dans sa carrière.

L’an passé vous abandonniez en quart de finale, ici même, blessé au coude droit. Un an après, vous voilà avec le titre…

"Ce fut une si longue journée… J’ai mis des mois pour retrouver la forme après l’opération inévitable de février. Je suis reparti quasiment de zéro. J’ai passé des heures et des heures à l’entraînement, en reprenant les bases comme un débutant. Mais j’étais beaucoup trop impatient. Mes ambitions sont si élevées que parfois je suis mon pire ennemi. Cela m’a pris des tournois et des tournois avant de vraiment me sentir à l’aise, mais je n’aurais pas pu choisir un meilleur endroit pour mon retour qu’ici, à Wimbledon. J’ai rêvé de gagner ce tournoi quand j’avais sept ans, j’y suis devenu n°1 mondial en 2011 et, là, cette année, mon fils était présent pour me voir gagner… Cette victoire est incroyablement spéciale."

Avez-vous prouvé quelque chose de nouveau au monde du tennis, à vous-même ?

"À moi surtout ! À moi, vraiment. J’avais perdu mon quart de finale à Roland-Garros après un match accroché où je n’avais pas réussi à rester mentalement dans le combat. Je sentais qu’il y avait encore un petit quelque chose qui manquait dans mon aspect compétiteur. Et pour ça je ne pouvais pas avoir de plus grand test que d’affronter Nadal en demi-finale. Je savais que je devais gagner ce match aussi car sur le court terme et le moyen terme, ça allait vouloir dire beaucoup pour ma confiance. Ce fut très difficile. Mais finalmement, j’y suis arrivé. Mon bonheur est immense!"

Pouvez-vous désormais reprendre votre domination du circuit comme avant ce trou noir ?

"Je comprends que les gens questionnent ma faculté à jouer à ce niveau constamment. Croyez-moi, je me le demande aussi ! (rire) Mais en même temps, je ne peux pas commencer à regarder si loin devant : je dois savourer ce dernier accomplissement. Il y a encore un mois, je n’étais pas du tout certain de retrouyver mon meilleur niveau. Une partie de moi y croyait, mais l’autre était sceptique. Maintenant, j’ai gagné Wimbledon pour la quatrième fois alors ça va me donner une énorme confiance pour la suite. Je ne suis plus qu’à un titre de Pete Sampras qui était mon idole de jeunesse, c’est incroyable. Je suis fier de tout ça."