Tennis Roger Federer fait une croix sur la première place mondiale et sur Roland-Garros afin de remporter un 19e titre du Grand Chelem et un 8e Wimbledon.

"En vue de jouer encore de nombreuses années sur le circuit, je pense qu’il est mieux de faire l’impasse sur la saison sur terre battue. Avec regret, j’ai décidé de ne pas participer à Roland-Garros. J’ai travaillé vraiment dur, sur le court et en dehors, au cours du dernier mois, mais dans l’espoir de jouer sur le circuit ATP encore de nombreuses années." Ainsi a parlé Roger Federer.

Les Parisiens ne reverront peut-être plus jamais Roger Federer à la Porte d’Auteuil. Déjà absent l’an passé, le Suisse a déclaré forfait cette année encore. En 2016, il avait attendu le 19 mai pour passer son tour en raison d’une douleur au dos. Presque douze mois plus tard jour pour jour, il n’est plus question de blessure. À 35 ans, le Suisse veut surtout préserver ses chances de sacre à Wimbledon, sa surface fétiche.

Dans les coulisses des tournois, le sujet alimentait de plus en plus les débats. Roger Federer devait-il prendre le risque de jouer sur sa surface maudite ?

Le meilleur joueur du premier trimestre de 2017 avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo de lui qui s’entraînait sur la surface dure. L’indice était donc fiable.

L’équation était simple et ne présentait qu’une seule inconnue. Très en réussite cette saison, Fedex allait-il succomber à la tentation d’en vouloir toujours plus ? Non ! Il a accepté le poids des ans qui martyrise toujours plus son jeu.

Il faut donc remonter à plus d’un mois pour retrouver les derniers échanges du virtuose suisse. Il venait de s’emparer du sacre lors du Masters 1000 de Miami face à son éternel rival espagnol, Rafael Nadal. En posant ce choix, il ne craint donc pas de couper pendant deux mois et demi, puisqu’il n’aura pas joué entre début avril et mi-juin, date prévue de son retour.

Impérial à l’Australian Open, à Indian Wells et à Miami, il a juste connu un temps d’arrêt inexplicable à Dubaï où il aurait dû battre facilement le qualifié russe Donskoy. Depuis cet improbable triplé, il a déserté le circuit afin de fuir une surface ocre qu’il déteste.

Assurément, Roger Federer, que tous les puristes de la petite balle feutrée regretteront, a pris la bonne décision.

La blessure n’est pas loin

Les risques physiques étaient très élevés. Il évite ainsi une contrariété physique, que pourraient provoquer les appuis difficiles et capricieux de la terre battue. Il n’excelle pas dans l’art des glissades.

"Je sens qu’il est mieux pour moi de renoncer à la saison sur terre battue cette saison afin de me préparer pour la saison sur gazon et sur dur", a-t-il confié. Il préfère de loin voler sur le gazon. Wimbledon est et restera son grand objectif de la saison. Il a d’ailleurs de belles chances d’ajouter un huitième titre dans son jardin londonien.

Il est déjà une légende

À 35 ans, il aurait certes pu dorer un peu plus sa légende. N’importe quoi ! RF est déjà une légende vivante qui n’a plus rien à prouver à personne. D’ailleurs, personne ne lui demande de surcharger son calendrier. Ses sorties sont devenues aussi rares que précieuses. Il aurait pu prendre un bain de foule et doser sa popularité. Que nenni ! Le Suisse connaît sa cote de popularité. Il ne s’aligne plus à un tournoi s’il n’est pas certain d’avoir les armes pour tenir la distance. "Je dois admettre que la programmation sera à l’avenir la clé de ma longévité", a-t-il dit.

Il a déjà gagné à Roland

Il aurait pu améliorer ses stats à RG. La belle affaire ! Le propriétaire de 18 levées du Grand Chelem a profité des circonstances de 2009 pour vite poser son nom sur la coupe. Cette seule victoire suffit au bonheur de celui qui a tenté sa chance à la Porte d’Auteuil 17 fois.

Nadal en grande forme

Mais, les regrets sont élevés car un paramètre aurait pu infléchir sa décision. La meute des concurrents de 2017 est floue. Djokovic balbutie son tennis. Murray se bat contre lui-même. Raonic et Nishikori traversent 2017 comme des zombies. Et que dire de Wawrinka qui joue sur courant alternatif ? Il reste évidemment son meilleur ennemi qui rougit de plaisir depuis le passage sur la terre battue. Rafael Nadal s’est positionné comme le grand favori à Roland-Garros. Rafa a retrouvé son meilleur niveau comme l’attestent ses titres à Monte-Carlo, à Barcelone et à Madrid. Ne cherchez plus le roi de l’ocre. En 2017, Nadal pèse 15 victoires pour zéro défaite sur sa surface de prédilection. Federer ne pouvait pas rivaliser avec lui.

Tant pis pour le ranking

Ce lundi 15 mai 2017 restera dans l’histoire comme un jour faste pour Rafael Nadal qui a perdu un rival compliqué pour Roland-Garros et qui a retrouvé le 4e rang mondial à l’ATP en passant un certain… Roger Federer.

Conséquence directe de ce choix, Rodgeur fait une croix sur la première place mondiale afin d’augmenter ses chances de 19e titre du Grand Chelem. Londres et New York valent bien le sacrifice de Paris.