Tennis L’Italien remporte son premier Major en dominant un fabuleux Tiger Woods.

Durant quelques minutes, hier, c’est toute la planète golf qui, soudain, s’est arrêtée de tourner. Au trou n°9 du dernier tour, Tiger Woods s’est retrouvé en effet, en tête du British Open. Tout simplement. À 42 ans. Dix ans après son dernier sacre dans un tournoi du Grand Chelem. Après avoir collectionné, ces dernières années, les blessures, les opérations et les dérives sentimentales et personnelles.

Hélas, l’ancien n°1 mondial n’a pu aller au bout de son rêve et remp orter son quinzième Major. Un double bogey sur le n°11, suivi d’un bogey sur le n°12, ont subitement freiné sa folle marche en avant sur le links écossais de Carnoustie qui n’avait d’yeux que pour lui ! À l’arrivée, le Tigre a dû se conter de la sixième place à 5 sous le par. On devine, bien sûr, sa déception. Mais on devine aussi sa fierté d’avoir définitivement réussi ce come-back auquel tant de mauvaises langues ne croyaient pas.

Durant quatre jours, sur l’un des parcours les plus difficiles du monde, Woods a impressionné tous les observateurs. Par son talent, bien sûr. Mais aussi par sa régularité, sa précision, sa stratégie. Il ne lui a vraiment pas manqué grand-chose pour soulever une quatrième Claret Jug. Et l’on se dit que, sur sa lancée, il pourrait fort bien remettre l’ouvrage sur le métier lors de l’USPGA, quatrième Major de la saison. Et qu’il pourrait aussi, désormais, prétendre ouvertement à une sélection - comme joueur - au sein de l’équipe US de Ryder Cup. Pour l’heure, il était prévu dans le rôle d’adjoint du capitaine Jim Furyk. Mais ce dernier pourrait revoir sa copie !

C’est l’Italien Francesco Molinari, 35 ans, qui, in fine, au terme d’une fantastique dernière journée, a remporté la victoire dans ce 147e British Open. D’une régularité horlogère, la Macchina turinoise n’a pas signé la moindre sortie de route, terminant à 8 sous le par, avec un birdie sur le finishing hole. C’est le premier titre d’un joueur transalpin dans un tournoi du Grand Chelem.

Francesco Molinari est loin d’être un inconnu. C’est même l’un des hommes en forme de l’année. Déjà vainqueur à Wentworth et sur le PGA Tour, il a pleinement confirmé sa montée en puissance à Carnoustie, un parcours cousu sur mesure pour son jeu de métronome. Partageant hier la partie de Tiger, il ne s’est jamais fait rattraper par la pression, ne concédant pas le moindre bogey sur ses 18 trous. Un véritable exploit.

À l’heure des comptes, il termine avec deux coups d’avance sur l’Anglais Justin Rose, l’Irlandais du Nord Rory McIlroy et les Américains Kevin Kisner et Xander Schauffele. Le voilà dans la cour des grands, probablement lancé vers d’autres grands succès. L’Italie a un nouveau héros dans un sport où, jusqu’ici, seul Costantino Rocca avait déjà brillé.