Tennis Le Belge a perdu cette finale mais a en fait beaucoup gagné cette semaine.

Il y aura forcément de la tristesse dans le cœur de David Goffin. Mais il va vite se rendre compte de l’énorme cap encore franchi. Peu importe qu’il finisse avec le trophée du finaliste et pas celui du vainqueur : il a affiché un cœur de champion, a pris une confiance et une expérience précieuses. Dimanche, il a joué toutes les tripes dehors mais perdu face à plus fort que lui. Il n’a qu’un jeu (4-3 premier set) à regretter dans le match, pour le reste c’était du très grand tennis !

Quand il a serré la main de Boris Becker en recevant le plateau du finaliste, il y avait beaucoup de respect dans les yeux de la légende allemande. Quand il a sauvé quatre balles de match pour revenir à 3-5 dans la manche décisive, le public lui a donné une énorme ovation.

Au Masters, le Liégeois a montré qu’il avait plus que sa place parmi les Maîtres. Il a éjecté Rafael Nadal et Roger Federer du tournoi, il a maintenu un niveau de jeu exceptionnel malgré la pression et la fatigue qui s’accumulait.

Certes, il a perdu pour la cinquième fois en six duels face à Dimitrov mais sur ce central il n’y avait pas grande différence entre les deux. Un peu plus de puissance côté Dimitrov, un peu moins de réussite côté Goffin. Cela doit donner des ailes au Belge de voir que pendant une semaine entière il a tenu la dragée haute au gratin du tennis mondial. Il termine 7e à même pas 300 points de la 5e place ! La fusée est lancée.

Quant à Dimitrov, quelle joie quand même de voir ce joueur d’immense talent remporter ce titre d’exception ! Terminée l’étiquette de Baby Fed, cette pâle copie de Federer : aujourd’hui, le Bulgare est entré dans l’histoire du jeu. Il a pris son temps, s’est souvent perdu en route mais à l’O2 Arena on a vu un joueur différent : investi du premier jeu au dernier, confiant, en contrôle de ses nerfs même quand ils s’affolaient, lucide, physiquement impressionnant. Chapeau à Dani Vallverdu pour avoir réuni toutes les pièces du puzzle. Le Bulgare a terminé invaincu et attaquera 2018 avec plus de certitudes que jamais.

Ce Masters dépourvu des stars habituelles a couronné deux gentlemen. Quand Goffin a franchi le filet pour aller prendre dans ses bras un Dimitrov en larmes, on n’avait pas besoin d’en voir plus entre deux joueurs qui ont marqué l’histoire sportive de leur nation en posant le pied à Londres. Goffin en finale d’un tournoi pareil, ce n’est pas un accident mais la récompense d’un travail acharné et d’une équipe tellement bien huilée.

Thierry Van Cleemput continue de faire un travail d’orfèvre avec Goffin et petit à petit le pousse vers son sommet, quel qu’il soit. Ils doivent désormais enchaîner sur Lille. "Je suis fatigué", a confié Goffin, le visage marqué mais le sourire aux lèvres. "J’ai besoin de quelques jours de repos et après je serai prêt à représenter mon pays pour la finale de Coupe Davis. Je donnerai tout, comme je l’ai fait cette semaine."

Comme il le fait tout le temps.


“Je suis devenu un meilleur joueur”

“J’étais un peu fatigué dans le troisième set. Je me suis fait breaker dans le seul jeu où j’ai mal servi et il en a tiré avantage. Après, je n’ai pas eu les opportunités de revenir. Il a été très solide, c’était un bon match. Après cette semaine, je pense que je suis un meilleur joueur mentalement et physiquement. Je me suis prouvé que je pouvais le faire, que j’étais à ma place ici, que je méritais d’être dans ce tournoi. je suis fier de ce que j’ai accompli même si je suis déçu d’avoir perdu. J’ai tout donné, je n’ai pas de regrets, j’ai fait la finale que je voulais faire. C’était dur mais j’ai savouré chaque moment. Je ne m’inquiète pas pour Lille. Avec l’adrénaline, le stress d’avant week-end, tout ça va me donner de l’énergie. Je vais retrouver tout le staff médical et ça va vraiment me faire du bien pour récupérer plus vite et vraiment être à 100% dès le premier jour. Je serai au taquet. En général j’ai la capacité de bien récupérer et de bien enchaîner les tournois.”