Tennis David Goffin a écoeuré Milos Raonic (6-4, 6-2) ce jeudi.

Quand Jan De Witt, coach de Gilles Simon et grand expert du jeu, vient voir Thierry Van Cleemput au salon des joueurs avec des yeux grand ouverts et en secouant la tête, incrédule, vous savez qu’il s’est passé quelque chose. "C’était vraiment, vraiment très bon", se contenta-t-il de dire dans un sourire entendu au coach de David Goffin.

Voilà la détonation provoquée dans le vestiaire par la démonstration du Liégeois face à Milos Raonic en huitièmes (6-4, 6-2). Qui confirme que oui, décidément, Goffin est devenu une menace chaque semaine sur le circuit. "J’ai prouvé que je faisais partie des meilleurs retourneurs du circuit", a ainsi confié un Goffin radieux. "J’ai bien servi aussi quand il fallait, j’ai été agressif dans l’échange donc je suis vraiment super content."

Milos Raonic n’était même pas démoralisé, il était fataliste : "Il m’a mis tellement de pression au retour sur ma deuxième balle que j’ai fini par en perdre aussi la première. Il a très bien joué et moi, sans mon service, je ne trouvais plus de solutions."

Thierry Van Cleemput voit le travail payer dans le jeu et dans l’approche mentale, et le coach a donc toutes les raisons du monde d’être heureux. "J’aime beaucoup cette attitude là. Évidemment, on est dans une période de confiance, où on a du résultat, ça va bien : il taquine toujours les meilleurs mais on sait qu’il reste du travail. Là, il aurait pu le breaker à chaque jeu… Il était bien dans ses frappes, faisait les bons choix. C’est un tout bon match."

Un tout bon match qui en a poussé beaucoup à venir encore dire des "Punaise qu’est-ce qu’il joue bien Goffin ! Mais qu’est-ce qu’il joue bien !"

Impossible de dire le contraire en effet : attention, il a les crocs !


"Je me sens encore un peu plus fort"

David, quand on laisse six jeux dans des conditions indoor à Milos Raonic, c’est qu’on tient la grande forme, non ?

"Oui, je suis en grande forme. J’avais un peu peur en voyant le toit qui se fermait juste avant de monter sur le court : des conditions un peu indoor, qui allaient vite, je me suis dit que ça allait avantager Milos. Mais je l’ai breaké deux fois dans le premier set, pareil au second… Chaque année je sais que je peux faire des bons matchs sur terre battue et là je me sens encore un peu plus fort : un peu plus fort dans les jambes, un peu plus fort dans tous les compartiments du jeu et je pense que ça se voit encore mieux sur terre battue car on peut faire encore plus de choses : mixer les trajectoires, courir, varier les services. Cela me plaît un peu mieux car il y a plus de choses tactiques à faire et ça me permet de trouver plus de solutions."

Et ce talent au retour, vous ne le travaillez vraiment pas ?

(Il sourit) "C’est instinctif. Depuis tout petit, je me suis toujours adapté avec mon gabarit à essayer de prendre la balle tôt, de voir un peu plus vite, de jouer plus vite pour gagner en vitesse sur mes adversaires. Je suis dans cette voie-là depuis tout petit et mon retour a toujours été une arme, sans vraiment le travailler mais j’ai toujours basé mon jeu sur mes points forts et je continue à progresser, donc ça c’est super."

Vous prenez conscience du buzz qui s’amplifie autour de vous ?

"Les résultats sont là et ils parlent. J’ai vraiment l’impression de continuer à progresser, c’est vraiment une sensation agréable et après, en général, les résultats suivent. Mais je suis d’abord focalisé sur ce que j’ai à faire."