Tennis Philippe Dehaes est atterré après sa séparation avec Xavier Malisse

BRUXELLES Il n'en est, malheureusement, pas à son coup d'essai. Dans sa jeune carrière, il a déjà écumé la bagatelle de sept coaches. La nouvelle de la séparation de Xavier Malisse avec son entraîneur actuel, Philippe Dehaes, tombée dimanche soir, a certes surpris toute la Belgique du tennis. Parti aux Etats-Unis préparer l'US Open, le Courtraisien n'était pas joignable. Son coach, en revanche, est atterré.

«J'ai pris un convoi de marchandises en pleine figure, explique-t-il. Là, je me sens comme un chômeur. J'aimerais pouvoir dire que j'ai commis une erreur ou effectué une bêtise qui pourrait expliquer cette décision, mais sincèrement, je n'en vois pas. Il n'y a jamais eu d'engueulade ou de claquement de porte. J'avoue que là, je suis abasourdi.»

La nouvelle est d'autant plus étonnante que c'est justement sous l'impulsion du Waterlootois que le premier joueur belge avait retrouvé le sourire après un début de saison particulièrement mièvre qui l'avait poussé à se séparer de Carlos Zapata, membre de la Nick Bollettieri Academy. C'est ainsi avec lui qu'il s'était hissé en finale à Saint-Polten, puis avait remporté le double à Roland-Garros aux côtés d'Olivier Rochus, et enfin atteint les huitièmes de finale à Wimbledon pour retrouver une place au sein des quarante meilleurs joueurs du monde.

«La tournée américaine s'est un petit peu moins bien déroulée, mais cela s'explique à la fois par la qualité de l'opposition rencontrée et par la fatigue mentale liée à deux mois menés tambour battant, poursuit le coach. Sans doute frustré, Xavier est malheureusement retombé dans ses travers en affichant une attitude assez négative. Je lui en ai fait part à Cincinnati, après sa défaite contre Ivan Ljubicic avant que je ne rentre en Belgique et qu'il ne prenne le chemin des Jeux d'Athènes. Peut-être que j'aurais dû rester quelques jours supplémentaires à ses côtés et qu'il s'est senti délaissé. Je ne sais pas...»

Ce n'est, cela dit, que vendredi dernier, que Xavier Malisse a signifié à Philippe Dehaes sa volonté de ne plus collaborer avec lui. Les deux se sont, d'ailleurs, encore vu en Belgique à son retour du tournoi olympique d'Athènes, où il s'est incliné dès le premier tour contre le Russe Mikhaïl Youzhny, pour en discuter avant l'US Open.

«Il m'a juste dit qu'il n'avait plus confiance»

«J'ai pris ma voiture et je suis allé jusque chez lui à Coxyde. Nous en avons reparlé et le message que je lui ai fait passer était qu'il devait se prendre en mains. Il m'a confié que tout était en ordre et qu'il réservait mon billet pour les Etats-Unis. Le lendemain, il m'a alors téléphoné en me disant qu'il avait réfléchi et qu'il n'avait plus confiance. C'est tout ce qu'il m'a dit. Je n'ai pas plus d'infos, glisse-t-il. Je suis pour ma part très triste, car je croyais à fond dans ce projet, mais je n'ai pas de regrets. J'ai fait mon travail de coach. Xavier doit comprendre que s'il ne fait pas son job, personne ne pourra réellement l'aider. Théoriquement, il devra me payer un dédit, puisque nous avions un contrat d'un an, mais je ne me fais pas de soucis sur ce plan-là.»

Il semblerait qu'en attendant de trouver un nouveau coach, Xavier Malisse travaillera avec son préparateur mental, Chad Bohling et son préparateur physique, Mark Hilton, qui est également celui d'une certaine Maria Sharapova. Philippe Dehaes, pour sa part, va envisager les possibilités de se retourner.

«J'ai gardé le contact avec le Pro Team de Vincent Stavaux, mais il faudra voir. Il y avait une vie avant Xavier Malisse et il y aura une vie après Xavier Malisse. Il faut que je fasse mon deuil et ensuite, je repartirai.»

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