Tennis

Le double français, quelqu'il soit, partait favori dans son duel face à Ruben Bemelmans et Joris De Loore lors de la 2e journée samedi de la finale de la Coupe Davis de tennis au stade Pierre Mauroy à Villeneuve d'Ascq (Lille).

De fait, les Belges n'ont pu créer la surprise, même si dans le 3e set, ils ont peut-être raté le coche, s'inclinant finalement 6-1, 3-6, 7-6 (7/2) et 6-4. On a même craint le pire lorsque le premier set a tourné très court en faveur des Français (6-1 en 29 minutes de jeu).

Johan Van Herck n'avait pas de regrets d'avoir aligné Ruben Bemelmans et Joris De Loore, devenue sa paire attitrée en Coupe Davis. Joris De Loore n'avait cependant plus joué en compétition depuis le mois d'août. Le Brugeois avait été opéré au genou.

"Ma paire de double était déjà dans ma tête depuis un moment, celle de la France aussi. Je n'ai pas été surpris. Bien sûr, le tournant du match s'est situé dans le 3e set. On a pu revenir d'un début de match difficile. On les breake, et à 5-4, on n'est pas parvenu à remporter le set. Après la première manche, j'ai surtout insisté sur l'énergie, l'esprit d'équipe et la mentalité. Perdre un set ne signifiait pas perdre le match. Comme sur un ring de boxe, on avait perdu juste un round. Il fallait de l'agressivité et de l'envie. Dans un double, la physionomie de la partie peu changer très vite. Dire que c'est une occasion manquée, je ne sais pas, on était encore loin d'être tout près de remporter la partie."

Les Belges ont en effet renversé la vapeur après le premier set perdu avec la possibilité pour Ruben Bemelmans de servir pour le gain du 3e match. "Dans le match, je n'ai pas eu un pourcentage exceptionnel sur mon second service. Et les Français ont vraiment très bien retourné. Dans ce jeu-là, c'était dommage de ne pas avoir trop bien servi", regrettait le Limbourgeois.

"Après le premier set, mentalement et physiquement, on devait plus se donner dans la partie. On a bien joué ensuite, avec un meilleur placement entre nous. Cela se joue sur quelques points dans le troisième set. Je me sentais bien à partir du 2e set", a confié Joris De Loore, de retour à la compétition après son opération au genou en août.

Dimanche, les deux numéros 1 respectifs, Jo-Wilfried Tsonga et David Goffin s'affronteront pour un duel de choc qui peut déjà s'avérer décisif. "C'est une situation que l'on connait", reprenait Johan Van Herck. "On sait ce qui nous attend demain. On a montré après un set difficile que l'on savait se battre ensuite et c'est la raison pour laquelle on est aussi là où on est en Coupe Davis. Je ne suis pas du tout abattu. Jo a laissé une bonne impression vendredi, mais dimanche est un autre jour et il aura un autre adversaire face à lui. David (Goffin) a le jeu pour battre Jo. Il est en confiance et il est très très bien. Ce sera un match digne d'un dimanche de finale de Coupe Davis. Ensuite, Steve Darcis va jouer. On verra qui sera en face."


Pour les Français, le double contre la Belgique s'est joué dans le 3e set

"Les matches sont durs et ce double était très important. Cela se joue sur les nerfs et la concentration", a confié le capitaine français Yannick Noah. "Ils ont été très bons", parlant de ses deux joueurs.

Noah avait créé la surprise dans sa sélection jeudi en écartant Nicolas Mahut de sa sélection, pour associer Richard Gasquet à Pierre-Hugues Herbert, "techniquement très complémentaire", justifiait Noah. Bien lui en a pris, car même si les deux hommes n'avaient jamais encore joué ensemble, le capitaine français estimait que c'était sa meilleur paire du moment pour affronter le duo belge formé par Ruben Bemelmans et Joris De Loore.

"On était bien parti dans la rencontre. On rate pratiquement rien, c'était presque trop facile. Puis ça bascule vite. On a été au bord de la rupture quand on a été mené 5-3 dans le 3e set avec service à suivre pour les Belges. Ce jeu était très important", poursuivait Yannick Noah. "On a eu une bonne réaction. J'espérais qu'ils se tendent et cela s'est joué sur les nerfs. Les gars ont eu une bonne réaction. Le public était derrière nous."

"Le 3e set était très engagé et le gagner nous a donné une énorme confiance", a confirmé Richard Gasquet dans l'analyse de la rencontre. "Gagner le jeu décisif nous a boosté. Il fallait être fort dans la tête. C'était un match très important et on avait à coeur de le faire."

La journée de dimanche sera décisive et Jo-Wilfried Tsonga pourrait déjà offrir le Saladier d'Argent à condition de se payer le scalp de David Goffin. Les Français y croient, même si Goffin détient la forme de sa vie. "Jo est aussi un extra-terrestre", lâchait Pierre-Hugues Herbert. "Il y aura deux extra-terrestres demain (dimanche), mais on est en France. Et Jo va tout faire pour aller chercher directement le point décisif."

Richard Gasquet ne pensait pas autrement. "On a deux chances demain, mais Jo est un très bon joueur surtout sur surface dure. Il peut battre n'importe qui. Cela va être un grand match. Il va tout donner pour le faire. Il est capital d'avoir le public avec nous. On joue à la maison, il faut s'en servir."

"Jo est prêt. Cela fait un moment qu'il pense à ce match et il se voit le gagner", concluait Yannick Noah.