Justine : “J’étais une machine et je le regrette”

S. F. Publié le - Mis à jour le

Tennis

Justine Henin s’est dévoilée comme rarement dans une interview au site internet de Roland-Garros

PARIS Justine Henin ne se produit plus sur un court aujourd’hui. Elle a pris sa retraite à l’issue d’une défaite au troisième tour à l’Australian Open 2011 contre Svetlana Kuznetsova, l’une de ses victimes préférées. Il n’empêche, la Famennoise, qui a fêté ses 30 ans vendredi passé, demeure une personnalité dans le monde du tennis.

D’ailleurs, depuis son arrivée à Roland-Garros dans la peau d’une consultante pour la télévision, elle a fait l’objet de nombreuses attentions. Mercredi, alors qu’elle commentait les quarts de finale de Maria Sharapova et de Petra Kvitova, la quadruple lauréate des Internationaux de France a accordé une longue interview au site du tournoi, www.rolandgarros.com. Elle s’y est dévoilée comme rarement. Morceaux choisis.

Le premier rêve qu’elle a réalisé

“Quand j’étais petite, je vivais pour le tennis et je ne laissais pas beaucoup de place à autre chose. Adolescente, j’avais des posters de Steffi Graf dans ma chambre et je rêvais de remporter Roland-Garros. Un peu plus tard, à 22 ans, j’ai sauté en parachute et ça aussi, j’en rêvais depuis longtemps.”

Ses premières larmes de joueuse

“Je ne pleurais pas beaucoup et, surtout, je communiquais très mal mes joies, même les plus profondes. Les seules fois où je me le permettais, c’était quand j’étais seule dans ma chambre d’hôtel le soir. J’étais une machine et aujourd’hui je le regrette...”

Sa pire superstition

“Je mangeais toujours dans les mêmes restaurants sur un tournoi. J’en avais même un pour les jours de repos et un autre pour les jours de match. Je voulais aussi toujours m’asseoir du même côté de l’arbitre et je ne marchais jamais sur les lignes. On sait que ça n’a aucun impact, mais ça nous rassure. Aujourd’hui, j’ai pris du recul et je me rends compte que c’était ridicule.” (sourire)

Sa première colère contre son coach

“J’en ai eu beaucoup, mais je les contenais. (sourire) Je m’en souviens d’une où j’ai vraiment explosé. C’était à Amelia Island, lors d’un match contre Conchita Martinez en 2004. Je n’étais vraiment pas bien physiquement et d’ailleurs, on a su peu après que j’avais un virus, proche de la mononucléose. Au bord du court, Carlos m’a pris à partie. J’ai ressenti ça comme une profonde injustice. Je l’ai envoyé promener et il a immédiatement quitté le terrain.”

Son gros défaut

“J’ai du mal à entretenir des amitiés. Dans une relation à distance, je suis mauvaise pour garder le contact et c’est vraiment dommage, car j’aime les gens et le partage.”

Sa plus grande peur

“L’abandon. J’ai peur de la solitude, comme un peu tout le monde, je pense. Mais je mets tout en œuvre pour que ça n’arrive pas. (sourire) En revanche, je n’ai pas de phobie particulière.”

La personnalité qu’elle aurait voulu rencontrer

“J’ai toujours été interpellée par la Princesse Diana et j’ai été marquée par sa mort. Je suis passionnée de psychologie et j’aime la complexité des êtres humains. Diana pouvait être à la fois forte et généreuse mais aussi provocatrice, en se mettant elle-même dans des situations compliquées.”

Si elle était Elio Di Rupo

“Je n’y connais pas grand-chose en politique donc si j’étais chef du gouvernement pour une journée, la première chose que je ferais serait un discours rassembleur et d’apaisement des tensions communautaires. Je dirais aux Belges d’être plus fiers de ce qu’ils sont et de ne pas avoir peur de mettre en avant leur talent, d’avoir des rêves et de l’ambition.”



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