Tennis

Les insultes tantôt à caractère raciste, tantôt sexiste fleurissent trop souvent sur et au bord des terrains. Florilège.

Kyrgios, le roi des bad boys

Le roi des bad boys, c’est Nick Kyrgios. Ses dérapages verbaux lui ont même valu un ticket direct pour aller chez le psy. L’ATP l’avait suspendu deux mois, à moins qu’il ne se soumette à un examen psychologique. Il était coupable de "comportement antisportif", selon la Fédération australienne.

Parmi d’autres frasques, il avait lâché, en plein match, à Stan Wawrinka que son compatriote Thanasi Kokkinakis avait couché avec sa copine. "Kokkinakis a couché avec ta copine, désolé de te le dire, mec."

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"Fucking Chinese"

On peut être compatriotes et ne pas s’aimer du tout. En 2013, lors du Masters 1000 de Miami, la rencontre entre Benoît Paire et Mickaël Llodra tourne au règlement de comptes. "Ne te comporte pas comme un petit merdeux", aurait notamment lâché Llodra. "Il m’a insulté à de nombreuses reprises, notamment de mange-merde", explique Llodra après la partie. Le même Llodra a également dérapé en 2012 à Indian Wells en lançant un "fucking Chinese" à une femme asiatique.

Nastase refuse de jouer

Le 29 août 1979, les dieux du tennis ont blêmi en regardant le match du 2e tour de l’US Open entre John McEnroe et Ilie Nastase. Dès le début, John McEnroe a envoyé… un bras d’honneur au public, qui avait pris la cause de Nastase dès les premiers échanges. Le match est assez mauvais. Chaque joueur tente de déstabiliser l’autre aux changements de côté. Nastase a ainsi demandé à l’arbitre de faire dérouter les avions qui le gênent en passant au-dessus du stade. McEnroe allongeait ses temps de service. Au 4e set, alors que McEnroe traîne à servir, Nastase en profite pour s’allonger et simuler une sieste. L’arbitre de chaise l’avertit alors d’un jeu de pénalité, provoquant ainsi une énorme bronca du public qui défend le joueur roumain. C’est la provocation de trop, le jeu s’arrête. Nastase refuse de reprendre le match, alors que le public devient très agressif. Des bagarres éclatent en tribune, McEnroe et Nastase ne pensaient peut-être pas que le match allait prendre un tel tournant. Finalement, le directeur du tournoi annule la décision et le match reprend.

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Le bisou d’Hamou qui passe mal

Maxime Hamou est totalement inconnu du grand public. Depuis mardi, son nom circule partout avec la vidéo de ses bêtises. Le jeune Nîmois a eu un comportement déplacé envers une journaliste d’Eurosport et TF1. En direct dans les allées, Maly Thomas a croisé le joueur, bien après son match. Hamou a commencé par la prendre, sans prévenir, par l’épaule, avant de tenter de l’embrasser… à quatre reprises, malgré son refus évident ! Et pour finir, il la retient clairement par le cou."C’était franchement désagréable. Si ce n’était pas du direct, je lui aurais collé une droite", a-t-elle tenu à préciser. Il a été décidé de retirer à Hamou son accréditation.

Hewitt dérape à l’US Open

Lleyton Hewitt a connu également les foudres populaires à la suite d’un geste déplacé. En 2001, lors de l’US Open, il est opposé à James Blake. L’Australien se plaint d’un juge de ligne afro-américain. "On ne m’en compte que d’un côté (des fautes de pied)", lâche l’Australien à l’arbitre de chaise. Jusque là, tout va bien, mais il ajoute :"Regarde-le. Regarde-le ! Dis-moi quelle est la similitude !" Il montrait le visage pour illustrer que son adversaire et le juge de ligne étaient tous deux de couleur noire.

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Court et les lesbiennes

A 74 ans, l’ancienne joueuse de Tennis Margaret Court a déclaré que "le milieu du tennis est rempli de lesbiennes." Elle s’était auparavant exprimée contre le mariage gay, déclenchant une controverse.

Elle s’était déjà illustrée en refusant de reprendre la compagnie aérienne Quantas suite à une campagne de promotion du mariage homosexuel lancée par celle-ci. "À mon époque, il n’y en avait que quelques-unes. Mais celles-ci ont amené avec elles les jeunes filles dans des fêtes ou d’autres choses…"

Serena et les arbitres

Lors de la finale de l’US Open l’opposant à Samantha Stosur, en 2011, l’Américaine Serena Williams a réalisé un dérapage verbal mémorable. En colère, elle s’est déchaînée sur l’arbitre de chaise. Alors qu’elle avait une balle de break contre elle, Serena Williams a réalisé un coup gagnant. Déterminée, elle a lâché un énorme"Come on!" dans la foulée. Problème, la joueuse s’est exprimée avant que la balle ne retombe dans la partie de terrain adverse. Logiquement, l’arbitre a appliqué le règlement en donnant le point, et donc le break, à l’Australienne. Victorieuse du point suivant, l’Américaine s’est tournée vers l’arbitre pour lui dire: "N’est-ce pas vous qui m’avez baisée la dernière fois? Ce n’est pas cool." 

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Mais Serena Williams ne s’est pas arrêtée là et a renchéri quelques minutes plus tard. "Ne me regardez pas. Si je vous vois dans le couloir, passez votre chemin. Un avertissement pour exprimer mon opinion? Nous sommes en Amérique. Vous êtes laide à l’intérieur. Quelle nulle!", a-t-elle lancé à l’arbitre. Toujours à l’US Open, elle avait déjà eu des soucis avec l’arbitre. Après une défaite contre Kim Clijsters, elle avait dit:"Si je pouvais, je prendrais cette balle, je te l’enfoncerais dans la gorge et je te tuerais." Après avoir pris connaissance des propos de la joueuse, l’arbitre de chaise lui a alors donné un second avertissement, synonyme de point de pénalité et de défaite puisque l’Américaine avait une balle de match à sauver.

Lokoli refuse de serrer la main de Klizan

Mardi, Laurent Lokoli s’est par exemple fait remarquer en refusant de serrer la main de son adversaire, Martin Klizan, vainqueur en cinq sets (7-6, 6-3, 4-6, 0-6, 6-4)."Je sais pourquoi je l’ai fait, s’est défendu le joueur de 22 ans après sa défaite. Il a fait du cinéma pendant cinq sets. Il a dit qu’il avait mal puis il n’avait plus mal. […]Quand on est extérieur à tout ça, on ne voit pas tout ce qu’il se passe sur le terrain. Il a aussi fait monter un peu la tension. J’ai trouvé ça […] pas respectueux du tout."Alors Laurent Lokoli a simplement préféré esquiver la poignée de main.

"On va voir de quelle couleur il est. Choco­lat au lait?"

Un match de Fed Cup cette année entre la Roumanie et la Grande-Bretagne a dégénéré à cause de l’attitude inadmissible du capitaine roumain Ilie Nastase, ancien numéro un mondial, qui a été exclu pour mauvaise conduite lors de la deuxième partie. Il a insulté Konta, l’arbitre et la capitaine britannique Anne Keothavong. Nastase, qui avait déjà reçu deux avertissements, a dû rentrer aux vestiaires, encadré par des officiels, et la rencontre a été interrompue une demi-heure.

Il avait déjà mal lancé sa semaine de Fed Cup. Il avait dit au sujet du futur bébé de Serena Williams : "On va voir de quelle couleur il est. Choco­lat au lait?"

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