Tennis Ivo Van Aken, le nouveau capitaine, ne demandera aucun compte à ses joueuses

Dernière porte au fond du couloir du centre de Wilrijk, le bureau d’Ivo Van Aken est sobre, mais spacieux. Le directeur technique de Tennis Vlaanderen, qui vient d’accepter un rôle de capitaine ad interim de l’équipe de Fed Cup, a rencontré son nouveau staff au complet jeudi.

À l’heure où les responsables du tennis belge évitent de se répandre dans la presse, il a répondu à l’ensemble des questions sans jamais froncer les sourcils. Il ne cache pas son impatience. " Je me retrouve dans le navire en dernière minute avec une énorme envie de faire un effort pour que tout se passe bien."

Il n’est en aucun cas responsable de l’éviction de Dominique Monami qui a été débarquée par les joueuses. "La situation est dommage. Elle a toujours été là pour la Fed Cup. Je n’ai jamais eu un souci avec elle lorsque j’étais capitaine. Ce qui lui arrive n’est pas chouette. Si l’évaluation était négative, il fallait prendre une décision. Dès qu’elle est prise, il fallait rebondir au plus vite. Vu le caractère urgent, la Fédé cherchait quelqu’un de disponible tout de suite."

Ivo Van Aken réunissait toutes les qualités. L’homme de 65 ans ne réalisera qu’une pige en Italie. "Et encore ! Si quelqu’un débarque demain, je lui cède ma place."

Pendant ce temps, Tennis Vlaanderen et l’AFT collectionnent les curriculum vitae. "Sélectionner le meilleur candidat prend du temps. Il en existe de nombreux, comme Dehaes, Fissette… Ils sont tous sous contrat pour le moment."

Ivo Van Aken n’a pas perdu de temps. Il a déjà sondé l’ensemble des joueuses sélectionnables. "Elles sont toutes disponibles à l’exception de Yanina Wickmayer. Elle m’a confirmé que son programme était déjà établi. Pour l’heure, sa priorité, c’est de remonter dans le Top 100. Elle a toujours été fidèle à son pays. Je la comprends."

Elise Mertens, Alison Van Uytvanck et Kirsten Flipkens ont donc répondu favorablement. "Elise a fait un grand pas en avant. Alison est de retour. Kirsten est toujours capable de bien jouer. Elles sont incontournables."

Il ne reste donc plus que la 4e place à pourvoir. "J‘analyse les meilleures combinaisons possible. Je rencontrerai individuellement toutes les joueuses afin de déterminer le meilleur double possible."

Après le coup d’État des filles, l’ambiance s’annonce compliquée. "Que s’est-il passé avec Monami ? Cela ne m’intéresse pas. Je vais discuter avec chaque fille pour savoir ce qu’elle attend de moi et ce que je peux lui demander. Cet entretien sera privé." L’Anversois acceptera la présence des entraîneurs privés. "Ils sont les mieux placés pour amener leur protégée au sommet le samedi. Chaque joueuse décidera. À l’époque, Carl Maes prenait ses congés durant la Fed Cup car Clijsters n’avait pas besoin de lui. Henin voyageait toujours avec Carlos Rodriguez."

Il a lancé Henin : "On m'avait traité de fou"

Ivo Van Aken avait pris tout le monde de court en lançant une gamine de 16 ans alors qu’il disposait d’une Top 20

En 1999, Ivo Van Aken jouait aux Pays-Bas avec une équipe expérimentée : Dominique Monami (WTA 9), Sabine Appelmans (WTA 20), Els Callens (WTA 100) et Justine Henin (WTA 174).

"Pour mes simples, j’avais choisi Monami et Henin. On m’avait traité de fou. Je me moque des classements. Je tenais compte de ce que j’avais vu aux entraînements. Quand j’ai vu Henin jouer, j’ai été scotché. Même si des gens n’ont pas compris mon choix de me passer d’une Top 20, j’étais fier car Justine a remporté ses deux matches. Je m’étais passé d’une fille du centre flamand, Appelmans mais en tant que capitaine, je veux juste gagner les matches avec les meilleures."

L’unique titre belge en 2001 avait été magique, mais logique. "Je reste humble. J’avais pour rôle de mettre Justine et Kim dans les meilleures conditions. Avec ces deux joueuses, nous n’avions aucun adversaire à notre niveau. Nous ne pouvions pas perdre", poursuit-il avant de prendre un autre exemple qui l’avait rendu fier.

"Je me souviens d’un tournoi en Russie avec la Russie de Kournikova, la France de Tauziat, l’Australie de Dokic et la Belgique de Kim qui n’avait que 15 ans. J’avais dû renoncer à toutes mes favorites. Même Yannick Noah m’avait demandé ce que je venais faire en Russie. Nous avons battu toutes les meilleures joueuses du monde grâce à une équipe qui a fait bloc."