Tennis

Il l’a dit tout de go. Sans presque qu’on lui demande quoi que ce soit. "L’ Ethias Trophy sera sans doute mon dernier tournoi. La motivation a disparu…" Assis dans des poufs turquoise en forme de balles de tennis à l’entrée du hall de Mons Expo, Xavier Malisse (ATP 122) s’est livré à cœur ouvert ce lundi alors qu’il s’apprête à mettre fin à une carrière marquée de trois titres en simple et d’une victoire en double à Roland-Garros en 2004.

Entretien.

Xavier, tout d’abord, comment allez-vous ?  

" Moi, ça va plus ou moins mais, malheureusement, mon papa ne se porte pas bien du tout. Bref, moralement, ce n’est pas la joie. Et puis, je me rends compte que j’arrive au terme de ma carrière de joueur de tennis. Mons sera sans doute mon dernier tournoi. Il est temps de passer à autre chose…"  

Vous n’irez pas à l’Australian Open ?  

" Je ne pense pas. Sauf si je reçois une wild card . Je ne dois pas me voiler la face. La motivation a disparu. Et puis, ce que je traverse avec mon papa me fait concevoir la vie différemment. J’ai déjà perdu ma maman il y a trois ans à la même période. Le tennis, dès lors, n’est vraiment plus important."  

Qu’attendez-vous de ce dernier tournoi à Mons ?  

" Je n’ai pas un premier tour évident contre Stakhovsky (NdlR : l’Ukrainien qui a fait tomber Federer au deuxième tour à Wimbledon.) On verra. Je n’ai de toute façon plus rien à prouver. J’espère simplement bien jouer et finir sur une bonne note."  

Quel est le plus beau souvenir de votre carrière ?  

" Si je dois en conserver un, je dirais celui de mon accession en demi-finale en 2002 à Wimbledon. J’avais vécu une quinzaine fabuleuse, en battant notamment Rusedski sur le Centre Court, puis Krajicek avant de m’incliner en cinq sets contre Nalbandian."  

Quel est votre plus grand regret ?

" Je ne suis pas quelqu’un qui a beaucoup de regrets. Je suis content de ce que j’ai réalisé. La seule chose que je déplore, c’est ma blessure au poignet en 2007. J’avais commencé l’année en fanfare avec deux titres, j’étais 26e à l’ATP et en pleine forme. J’aurais certainement pu dépasser mon meilleur classement (NdlR : 19e en août 2002) et rester un bon bout de temps dans le Top 20 ."  

Vous n’avez pas peur de tomber dans un trou noir ?  

" Je vous mentirais si je vous disais que je n’y avais pas pensé. C’est pour cela qu’il ne s’agit pas d’un mauvais moment pour arrêter. C’est généralement à cette période que l’on noue des contacts pour l’an prochain. Et j’ai toujours dit que j’aimerais bien rester dans le milieu et m’occuper notamment d’un jeune. J’ai aussi pas mal de hobbies, comme le golf ou le football. J’ai ainsi prévu d’aller à la Coupe du Monde si les Diables se qualifient. Je n’ai encore jamais été au Brésil."  

Vous avez 33 ans. De quoi rêvez-vous encore ?  

" Tous mes rêves, jusqu’ici, étaient liés au tennis. J’aimerais bien désormais fonder une famille. Cela se passe bien pour l’instant avec Sabrina (NdlR : sa compagne roumaine) . Tout est toujours beau au début, (sourire) mais le fait de voyager nettement moins que durant ma carrière va faciliter les choses. Et pour le reste, j’espère rester en bonne santé et être heureux…"