Tennis Entretien exclusif avec Steven Martens, capitaine de l'équipe belge de Coupe Davis

SIDE Rencontré par hasard au bord de la piscine de l' Hôtel Turquoise, en Turquie, où il a passé quinze jours de vacances en famille début août, Steven Martens, le coach de notre équipe de Coupe Davis, a gentiment accepté de nous accorder une interview à bâtons rompus. Un entretien très chaud par 36 degrés ambiants...

Steven Martens, à quelques semaines du match de barrage face aux Etats-Unis, avez vous déjà défini la composition de l'équipe belge de Coupe Davis?

«Non, rien n'est encore réellement décidé ni officialisé.»

Votre sélection est évidemment liée au cas de Xavier Malisse...

«En grande partie, oui. Il est clair que mon objectif est de composer le quarté le plus fort possible. Je discute régulièrement avec Xavier mais rien ne sera finalisé avant l'US Open. Il existe trop de variables pour assurer sa présence longtemps à l'avance. Je préfère dès lors ne pas en dire plus ni trop insister pour ne pas risquer de compromettre nos chances de le voir avec nous. Je ne veux forcer person- ne. Je préférerais aligner un joueur moins bon mais qui en veut plutôt que quelqu'un qui viendrait en traînant la patte. Mais j'ai bon espoir qu'il dise oui.»

Ne trouvez-vous pas qu'une sélection pour l'équipe nationale devrait constituer un honneur qu'on ne pourrait pas refuser?

«Si, tout à fait. Un garçon comme Olivier Rochus est parfaitement dans cet état d'esprit. Il est fier de représenter son pays en Coupe Davis. Il est même prêt à sacrifier en partie sa programmation individuelle pour jouer avec nous lorsque le calendrier n'est pas idéal. Un tournoi de ce type est, en effet, très fatigant, pas tellement physiquement mais surtout mentalement, car on ne joue pas que pour soi-même. Il est dès lors très difficile de disputer un petit tournoi la semaine suivante.»

Que pense Olivier Rochus des hésitations de son partenaire de double?

«Il ne le comprend pas trop bien, mais je ne veux pas m'étendre là-dessus...»

Avec ou sans Malisse, nos chances de qualification à domicile face aux States sont-elles réelles?

«Comme en football, chaque match n'est jamais gagné ou perdu d'avance. En tennis, tout peut arriver. La pression est sur nos adversaires qui joueront normalement sans Andre Agassi. Selon moi, nous possédons trois atouts. Tout d'abord, l'avantage de jouer chez nous, à Louvain, face à des rivaux pour qui c'est un lointain déplacement. Même en jouant au volley-ball ici sur la plage, j'ai pu constater l'effet du soutien du public. C'est très encourageant. Ensuite, les Américains ne sont pas du tout des spécialistes de la terre battue. Et seront d'autant moins bien préparés à affronter cette surface que ce n'est plus vraiment la saison de la brique pilée. Enfin, ils viennent avec une équipe dont deux éléments sont vraiment des spécialistes du double, ce qui risque de les mettre dans l'embarras si un de leurs deux autres joueurs de simple connaît une défaillance. Chaque affrontement de Coupe Davis a son histoire. Même si l'on perd un match, on peut encore remporter la rencontre. C'est passionnant.»

La Belgique a-t-elle sa place dans le Groupe mondial?

«Tout juste, oui. Certaines équipes ont eu plus de chance que nous. Nous n'avons pas bénéficié de tirages très faciles en jouant contre de bonnes nations comme l'Espagne et la Croatie à l'extérieur. Selon moi, nous avons perdu gros lors de notre défaite en Autriche, où nous aurions pu nous imposer sans la blessure au dos de Xavier Malisse lors de l'entraînement matinal. Cela nous a fait perdre des points et notre statut de tête de série, ce qui nous a fait tomber contre de plus grosses équipes. Cela dit, je trouve qu'aucune nation n'est réellement imbattable. Tout dépend de la surface, si l'on joue à la maison ou pas, de la composition de l'équipe, des éventuels blessés...»

© Les Sports 2005