Tennis

Andy Murray est à l’arrêt depuis des semaines, et s’inquiète.

"Je ne peux pas bouger !" Voilà ce qu’a hurlé Andy Murray pendant son match face à Fabio Fognini mardi soir. Lent, sans intensité, friable, le n°1 mondial a encore été l’ombre de lui-même. Sur un court central entièrement dévoué à l’Italien, l’Écossais a coulé à pic (6-2,6-4) dans la nuit romaine. Incompréhensible. Oui, il peut perdre contre ce Fognini-là, possédé et pour une fois motivé, mais pas comme ça, pas sans réaction, pas sans vie.

"J’aurais pu faire mieux sur des tonnes de choses mais je n’en ai pas fait assez. Je ne me suis pas suffisamment créé d’opportunités. Je n’ai eu ma chance que lorsqu’il ratait."

Celui qui a donc perdu d’entrée sa couronne romaine avait pourtant dit à Madrid qu’il devait s’inquiéter de sa défaite sans réaction face à Borna Coric, et en tirer les conséquences. Mais cela s’est répété à Rome. Rien n’a changé. Ce n’est pas que Muzz ne veut pas, ce n’est pas qu’il ne s’entraîne pas, c’est qu’il ne peut pas faire plus.

"Ces deux dernières semaines ont été douloureuses et je suis très loin d’où je désire être. Je n’ai pas d’excuses. Je ne joue pas bien, c’est tout. Il faut que ça change rapidement."

Pourtant, il n’y a qu’à le voir en coulisses ces derniers temps : il semble constamment fatigué. Même dans les coulisses avant son match, il ne respirait pas la vitalité. Victime d’un zona après Melbourne, il était bien revenu en gagnant à Dubaï mais depuis, c’est le coude qui a lâché puis tout s’est effondré.

"Je ne bouge pas bien, c’est une évidence. Et ce n’est pas bon signe. Ces deux dernières saisons, mes déplacements étaient très bons sur terre battue. Là, c’est redevenu un problème. Je dois régler ça."

Il dit vouloir travailler plus dur et être persuadé de pouvoir bien figurer à Paris : risqué si le mur n’est pas loin. En effet, et s’il payait simplement la fin de saison 2016 ? Murray a terminé comme un acharné dans cette chasse à la place de numéro 1 mondial. Et s’il était vidé ? Son corps ne suit peut-être plus le rythme effréné imposé par l’un plus grands bosseurs du circuit. Ivan Lendl, qui le retrouvera à Roland-Garros, a du pain sur la planche.