Tennis

Il est l’objet de toutes les convoitises. L’homme à battre peut-être aussi, même s’il n’est pas le favori des bookmakers. Rafael Nadal est de retour à Wimbledon où ses ennuis avaient commencé l’an dernier suite à une défaite au deuxième tour contre le Tchèque Lukas Rosol. Fort de sept titres depuis sa rentrée sur le circuit, parmi lesquels un huitième historique à Roland-Garros, l’Espagnol sera sans doute revanchard sur le gazon londonien. Et ne voilà-t-il pas qu’il affronte un Belge, Steve Darcis (ATP 113), au premier tour. Entretien.

Rafa , comment vous sentez-vous à la veille de votre entrée en lice à Wimbledon ?  

"J’ai essayé de m’entraîner un maximum depuis mon arrivée ici. C’est toujours une sensation très agréable de jouer sur gazon, même si sans avoir disputé de tournoi de préparation, ce sera un peu plus dur. Je tâcherai d’être prêt pour lundi."  

Que pensez-vous de la somme de talents qui figure dans votre moitié de tableau ?  

"Le classement est ce qu’il est. Je sais que vous parlez d’Andy (Murray) et de Roger (Federer) , mais je ne les verrai de toute manière pas avant les quarts et les demi-finales. J’ai un long chemin d’ici là. En outre, je n’ai pas beaucoup joué sur gazon ces dernières années. Bref, si j’arrive en quart de finale, ce sera déjà bien. À partir de là, je peux perdre comme gagner."  

Considérez-vous juste le fait d’avoir été désigné tête de série n°5 ?  

"Je suis n°5 mondial à l’heure actuelle. On pourrait en discuter pendant des heures, mais c’est comme ça que cela fonctionne. Je suis le n°5 et David (Ferrer) est le n°4. Il a mérité ce privilège."  

Qu’avez-vous fait depuis votre victoire à Roland-Garros ?  

"J’ai pris deux ou trois de jours de repos, mais avec Wimbledon qui arrive si vite, il était impossible de déconnecter complètement. J’ai laissé ma raquette de côté, mais j’ai continué à travailler physiquement. J’ai joué un peu samedi et dimanche dernier et je suis arrivé ici mardi. Bref, j’ai tout de même passer du temps avec ma famille et mes amis à Majorque. C’était chouette, car à cette période de l’année, il fait très beau et nous avons pu aller nager dans la mer."  

Vous avez disputé neuf tournois depuis votre rentrée et atteint neuf finales. Comment voyez-vous la suite de votre saison ?  

"Je prends les choses au jour le jour. Jusqu’à présent, j’ai eu la chance de disputer tous les tournois que je souhaitais. C’est super ! Je considérais cette année comme une année de transition. Cette situation a évidemment changé. Je vais continuer à faire de mon mieux et on verra. Le plus important pour moi, à cette période de ma carrière, est de rester en bonne santé."  

Que pouvez-vous nous dire de Steve Darcis, votre adversaire du premier tour ?  

"C’est un bon joueur. Il est talentueux. Il sait comment jouer au tennis et sur toutes les surfaces. Il a de bons coups. Je dirais que c’est un joueur très complet. Je devrai bien jouer, être compétitif dès le début. Sur une surface comme le gazon, les matches sont très serrés. Quelques points peuvent suffire à faire la différence. Il faut accepter les faux rebonds et le fait que pendant une demi-heure, il se peut qu’on ne frappe pas beaucoup de balles. Et il faut également être très concentré et jouer avec beaucoup d’intensité, sans quoi on risque de gros soucis."  

Pouvez-vous apprendre quelque chose de cette défaite contre Rosol l’an dernier ?  

"Non. C’est ce qui fait la beauté du sport. J’ai joué ici l’an dernier parce que c’est un tournoi que j’adore, mais je n’étais pas prêt. J’ai dû jouer avec une infiltration dès le premier jour, car après Roland-Garros, mon genou était en piteux état. J’ai fait ce que j’ai pu. Et d’ailleurs, ce n’est pas une excuse. Rosol a disputé un cinquième set incroyable. Il m’aurait sans doute aussi battu si j’avais été en pleine possession de mes moyens. Jouer avec une infiltration en finale, oui, mais dès le premier jour, cela n’a pas de sens. C’était Wimbledon, mais c’était une mauvaise décision…"  

Serena Williams a confié que son élimination au premier tour l’an dernier à Roland-Garros avait décuplé sa motivation. En est-il de même pour vous ?

"Non. Ma motivation est toujours très élevée. Maintenant, c’est vrai qu’après ce que j’ai vécu l’an dernier, je suis revenu avec un sentiment très particulier. J’avais une impression de fraîcheur et une envie encore plus grande de mordre dans la balle, parce que j’avais perdu sept mois pour quelque chose que je ne contrôlais pas. C’est ça qui m’a vraiment motivé."