Tennis

Le Français vit une période difficile sur le court et va devoir trouver des solutions.

Ce n’est pas seulement cette défaite (6-3, 7-5, 6-3) face à Karen Khachanov qui va faire mal au crâne côté Lucas Pouille. C’est surtout le fait que le n°1 français de 24 ans n’avance plus. Depuis sa finale à Dubaï, il a gagné trois matches sur le circuit, cinq en comptant la Coupe Davis. Un bilan famélique qu’il traîne comme un boulet que ce soit dans la tête, le corps ou le jeu. Sur deux jours face au Russe de 22 ans, le 16e mondial a joué avec le frein quasiment du début à la fin, là où le 38e joueur mondial a lâché son gros coup droit lifté dans tous les coins du court. “Il est très agressif, il empêche un peu de mettre mon jeu en place. Ce qui est dommage, c'est qu'après la perte du premier set, j'arrivais à en mettre un peu plus, à être plus agressif. Je ne veux pas ressasser. C'est un peu dommage de rater ces occasions. C'est compliqué, toute la pression est sur moi. Je suis dos au mur. C’est un peu plus relax pour lui que pour moi.”

Pouille aurait dû pouvoir répliquer mais à part un jeu de 17 minutes, perdu, à 5-5 il n’a jamais pu entrer dans ce match. Une désillusion, forcément, pour un joueur qui avait fait l’impasse sur le Masters 1000 de Miami afin de passer trois semaines de préparation sur terre battue, Coupe Davis comprise. “Je ne remets toujours pas en question le fait d'avoir pris la décision de m'entraîner sur terre, de me préparer du mieux possible et d'essayer d'investir beaucoup de travail pour cette saison sur terre. Je pense que si c'était à refaire, je le referai de la même manière.” On sent tout de même qu’une remise en question et de longues discussions avec son coach Emmanuel Planque et son conseiller Tommy Haas, sans oublier son manager Gerard Tsobanian, sont au programme.

Même si à chaud, Pouille avait du mal à trouver les mots. “Ce qui est sûr, c'est que c’est la fin d'une période sur terre qui est à oublier et à mettre derrière moi. Après, il sera temps de réfléchir, de discuter avec 'ensemble de l'équipe, voir s'il y a des choses à changer, et ce qu'il faut essayer d'améliorer. A chaud, c'est un peu compliqué d'avoir une réponse exacte et constructive.” Ce garçon discret mais très ambitieux se met une énorme pression sur les épaules : il veut bien faire, il veut arriver dans les sommets du classement mondial, il veut gagner en Grand Chelem. Mais pour le moment, cela semble beaucoup trop alors il va sans doute devoir changer d’approche. Il a le temps et le talent pour ça.