Tennis Les Argentins sont prêts à ravir la vedette aux Espagnols

PARIS Très à leur avantage ces dernières années à Roland-Garros, les Espagnols pourraient bien céder la vedette aux Argentins à l'occasion des Internationaux de France qui commencent lundi. Au cours des neuf dernières éditions, pas moins de trois finales opposèrent deux Espagnols. En 1994, Sergi Bruguera triompha d'Alberto Berasategui. Quatre ans plus tard Carlos Moya d'Alex Corretja. Et l'an dernier, Albert Costa se surprit à vaincre Juan Carlos Ferrero.

Depuis le début de la saison européenne sur terre battue, Ferrero s'est imposé à Monte Carlo et à Valence, les revenants Moya et Felix Mantilla à Barcelone et à Rome. A peine Costa (28 ans) et Corretja (29 ans) commençaient-ils à donner des signes d'essoufflement que le tout jeune Rafael Nadal (16 ans), qui s'est blessé au coude à l'entraînement jeudi et ne pourra donc bénéficier de son invitation, commençait à défrayer la chronique.

Sur les 32 têtes de série du tableau de Roland-Garros encore vierge, 6 sont espagnoles. Le tennis de la péninsule ibérique compte d'autre part 13 représentants parmi les cent premiers du championnat ATP, qui donne le meilleur reflet des forces en présence depuis le mois de janvier. L'Argentine n'en recense que 9 et n'a que 5 têtes de série à Roland-Garros. Mais elle a étrillé l'Allemagne puis la Russie 5-0 en Coupe Davis.

Et, après l'accession d'Agustin Calleri à la finale d'Estoril et de Guillermo Coria à celle de Monte Carlo, quatre Argentins ont pris d'assaut les demi-finales du Masters Serie de Hambourg. Du jamais vu! Depuis, on se prend à rêver à haute voix du côté de Buenos Aires d'un gaucho succédant au taureau de la pampa, Guillermo Vilas, unique vainqueur argentin à Roland-Garros en 1977, alors qu'il était n°2 mondial. «Ils forment un groupe très fort et se stimulent les uns les autres», a reconnu l'ancien poète des courts, assez avare de mots quand il n'écrit pas.

Contrairement aux Français, qui ont un centre de formation à Roland-Garros même, et aux Espagnols, qui ont le leur à Barcelone, les Argentins sont plutôt livrés à eux-mêmes. Assez dispersés sur les courts en terre battue de leur capitale, rares sont ceux qui, à part Coria et David Nalbandian, ont bénéficié d'un suivi sérieux quand ils étaient juniors.

Coria s'en souvient. «La situation économique de l'Argentine est mauvaise et les juniors n'ont plus la possibilité de voyager à l'étranger pour aguerrir leur talent. Si l'un de nous gagnait à Paris, cela leur ouvrirait sans doute des portes», a-t-il déclaré.

© Les Sports 2003