Tennis Absente depuis mai, la Russe a battu péniblement Jennifer Brady au premier tour à Stanford.

Maria Sharapova a réussi son retour sur le circuit en battant Jennifer Brady 6-1, 4-6, 6-0 au premier tour à Stanford. Elle a fait craquer la locale du tournoi en début de troisième manche en sauvant deux balles de break avant de finir le match en roue libre.

"J’ai l’impression que je dois affronter beaucoup de paramètres, relate Maria Sharapova. Comme je n’ai pas pu jouer depuis longtemps, j’ai la sensation que je dois rattraper tout le monde. Tout ce qui m’importe, c’est de continuer à jouer et de gagner le dernier point d’un match. J’ai besoin de jouer pour m’améliorer et retrouver le rythme."

Bloquée tantôt par une suspension pour dopage jusqu’au 26 avril tantôt par une absence d’invitation tantôt par une blessure à la jambe, l’ancienne numéro un mondial n’a pu jouer que neuf matches en 2017.

À l’exception de son tournoi de reprise à Stuttgart où elle a atteint les demi-finales, elle n’a jamais réellement convaincu. À Madrid, elle avait perdu face à une étoile filante, Eugénie Bouchard. À Rome, elle avait été contrainte à l’abandon.

La Sibérienne était donc impatiente de retrouver le chemin du circuit à Stanford même si sa position est fragilisée. Les experts la regardent encore de travers.

Dans une interview accordée à Perform Group, l’entraîneur de Serena Williams s’épanchait sur le cas de la joueuse russe.

"Je suis content qu’elle soit de retour sur les courts", narrait Patrick Mouratoglou. "Mais je n’aime pas la façon dont elle est accueillie. Elle l’est comme les joueuses qui reviennent de blessure ou qui ont un bébé. Sa situation est complètement différente. Est-ce qu’elle mérite une invitation ? Je ne pense pas. Je n’ai rien contre elle. Mais je ne pense pas qu’on doive aider un joueur qui a été suspendu pour dopage à revenir au top. Je pense même qu’il devrait y avoir une règle qui interdise aux organisateurs des tournois d’accorder des invitations aux joueurs qui se sont dopés."

Sharapova n’en a cure." Si vous aimez le tennis, alors, en fin de journée, vous serez ravie d’avoir joué", confiait-elle récemment dans USA today. "Je ne suis pas inconsciente. Je sais ce que de nombreuses joueuses ont dit à mon sujet ces derniers mois. Il est impossible d’ignorer ces attaques. Je suis un être humain qui a un cœur qui bat."

Elle confesse avoir pris des uppercuts, mais elle veut toujours se relever.

"J’ai trouvé la situation cruelle. Après 15 longs mois, je pouvais enfin reprendre ma vie sur le circuit. Quand je veux faire un pas en avant, je dois en faire deux en réalité. Je ne peux pas penser à la place des autres."

L’actuelle 171e joueuse mondiale se concentre sur les leçons à retirer de cette longue traversée du désert. "Ces deux dernières années ont été plus difficiles que je n’aurais pu l’imaginer. Ma passion pour le jeu n’a jamais été mise en doute. Au contraire, elle a été renforcée", poursuit-elle dans les colonnes du quotidien américain. "J’ai toujours fait face aux critiques."

Elle tente de se faufiler dans le circuit en sachant qu’elle ne récupérera sa crédibilité qu’à la force de sa raquette. Elle sent aussi le soutien des spectateurs qui l’accueillent plus comme une star que comme une paria.

"Je voudrais juste les remercier. Je viens de disputer mon premier match sur le sol américain depuis deux ans (Miami 2015). L’accueil a été exceptionnel."

Au deuxième tour, elle affrontera Lesia Tsurenko.