Tennis

L’Argentin en avait gros sur le coeur après sa défaite en finale.

Il est arrivé en conférence de presse les yeux rougis et n’a même pas cherché à dissimuler sa tristesse. “Vous parler en ce moment c’est un peu le pire possible là. Je n’ai pas arrêté de pleurer”, a ainsi glissé Juan Martin Del Potro dans un sourire. Le “Gentleman Giant” comme l’appelle Novak Djokovic le voulait vraiment ce deuxième titre du Grand Chelem neuf après son triomphe ici. Mais son rêve s’est cassé sur un joueur beaucoup trop solide pour lui et aussi des fautes aux pires moments. A 4-3 dans le deuxième set, les trois balles de break envolées au cours de ce jeu de 20 minutes ont ainsi fait mal, surtout celle gâchée par un coup droit qui semblait tout fait. Là, le match aurait pu tourner.

“Je suis triste d’être le perdant de ce match mais Novak a mérité sa victoire : il a joué un grand match, s’est montré très intelligent. Je n’ai pas su saisir mes chances. Mais en même temps j’ai joué à ma limite du début à la fin, j’ai tout tenté mais Novak était là à chaque fois.” Les deux joueurs sont de vrais amis, ce qui adoucit un peu la peine de l’Argentin et a aussi donné lieu à une très émouvante cérémonie de remise des prix. “Quand on voit un ami soulever le trophée, c’est bien aussi. J’ai pris tous les risques sur ce match mais face à lui il faut être parfait pendant plus de trois heures, et ce n’est pas toujours possible”, a confié Del Po. Sa grande déception du jour est en fait un très bon signe pour son futur : il se sent désormais suffisamment costaud pour avoir comme ambition de faire tomber ces Majeurs. Il ne vit plus de semaine en semaine comme les saisons passées.

Et surtout il a tenu 3h19 face au Djoker sans se faire détruire côté revers. Le chemin parcouru est énorme et lui donne droit d’espérer les plus belles choses, c’est aussi une sacrée victoire ! “Je reviendrai l’an prochain pour remporter mon trophée ici”, a-t-il souri. “Mon poignet va bien donc mon revers aussi. J’espère bien encore venir contester ces gars pendant quelques années. Je veux montrer aux gamins que dans la vie si on travaille dure on peut atteindre ces buts.” Il partira tout de même avec un bon souvenir de sa finale à New York : “La foule m’a tant donné que c’est gravé dans mon coeur pour toujours. Et j’ai quand même savouré le moment malgré ma déception.” Del Potro qui revient pour contester Djokovic, Nadal et Federer c’est comme découvrir un cadeau dans le cadeau. Sa gentillesse, sa classe, son jeu spectaculaire : le doux géant est une bénédiction. Alors on le lui souhaite ce deuxième titre du Grand Chelem.