Tennis

Rien ne va plus pour David Goffin (ATP 9) à l'heure actuelle.

Le Liégeois, 27 ans, a ainsi quitté Wimbledon dès le premier tour mardi, une mésaventure qui ne lui était plus arrivée en Grand Chelem depuis l'US Open en 2016. Sur le Show Court 3, le Liégeois s'est fait couper l'herbe sous le pied par l'Australien Matthew Ebden (ATP 51), 30 ans, 6-4, 6-3, 6-4 en 1h34. "Je savais que ce serait un match difficile. Mais je n'attendais pas à un jeu typique de service-volée, tout le temps", expliqua-t-il. "Mais il l'a vraiment fait à merveille aujourd'hui. Pour ma part, je n'ai pas su (trouver la parade). J'ai vraiment été mauvais sur les points importants, avec un manque de précision et de lucidité. Chaque fois qu'il y a eu un point important, je l'ai mal négocié. C'est ce qui a fait la différence. Il a été beaucoup plus solide et plus constant. Et moi, je ne suis jamais parvenu à hausser mon niveau."

Que se passe-t-il avec David Goffin ? Le n°1 belge espérait retrouver des couleurs sur le gazon après sa défaite déjà décevante en huitièmes de finale à Roland Garros contre le surprenant Italien Marco Cecchinato. Mais c'est tout le contraire qui s'est passé. Il s'est incliné dès le premier tour du tournoi du Queen's contre l'Espagnol Feliciano Lopez. Et ce mardi, dans l'enceinte du All England Club, il a carrément été méconnaissable contre Matthew Ebden.

"J'ai manqué d'influx sur les points importants", a-t-il poursuivi. "Je n'ai pas réussi à le pousser, à jouer le coup juste quand il fallait. J'ai eu les pires difficultés à trouver ma cadence du fond, lui donnant d'entrée le break avec deux coups droits boisés. Peut-être que le fait que j'ai dû faire énormément d'effort pour revenir après ma blessure a eu un impact. Et que cela se ressent plus sur le gazon, car cela se joue parfois sur deux, trois coups. Il servait bien et chaque fois qu'il fallait mettre un passing, par exemple, je n'y suis pas parvenu. Les entraînements se passaient bien, mais il y a une différence avec les matches. Il faut y être beaucoup plus présent. Je n'ai pas réussi à le faire. Et cela se paie cash !"

"Ici, David est un cheval qui ne veut pas sauter l'obstacle"

"Ici, je n'ai pas d'explication, mais j'ai un constat. Je crois que clairement David est un cheval qui ne veut pas sauter l'obstacle." Thierry Van Cleemput a analysé de manière imagée la défaite de son protégé David Goffin (ATP 9) au 1er tour, mardi à Wimbledon, contre l'Australien Matthew Ebden (ATP 51). Le coach hennuyer était évidemment aussi déçu de voir son protégé contraint de quitter le All England Club avant même que le tournoi n'ai véritablement commencé. "Pour l'instant, il y a un trop plein. Alors, pourquoi ? Je n'en sais rien", a-t-il avoué. "C'est vrai qu'il n'y a pas eu assez de matches sur gazon, mais c'était un choix délibéré pour essayer d'être au top ici. Finir la saison en trombe, comme il l'a fait l'an dernier, devoir s'y remettre rapidement et ensuite à nouveau revenir après sa blessure à l'oeil a aussi été très énergivore. Plus que les gens l'imaginent. À Roland Garros, on n'était pas satisfait de la performance et du comportement contre Cecchinato. On a remis les choses à plat. Et ici, à l'entraînement, il a quasiment gagné tous les sets qu'il a disputés contre ses partenaires (NdlR : Marin Cilic, Juan Martin Del Potro, Novak Djokovic, Stan Wawrinka). En tout cas, c'est un problème en compétition."

Alors, maintenant comment rebondir ? Car comme disent souvent les grands boxeurs, ce n'est pas la manière dont vous tombez qui importe, mais bien celle comment vous vous relevez par la suite.

"Je sais ce dont il a besoin. C'est de le faire jouer, de le faire se battre en match. Mais bon, il n'y arrive pas (sic)", a-t-il poursuivi. "Je vais réfléchir à la question, on va réfléchir avec lui. On va essayer de mettre une stratégie en place. Mais il faut envisager tout. On a parlé de se réinventer, mais comment ? Car on n'est pas sur une blessure physique. Il n'y a pas une crise de confiance sur les coups. Il est apathique quand il doit jouer les points importants. C'est tout. On doit trouver une solution. Alors, cela peut passer par l'aide d'un psychologue du sport, par faire un long break, prendre des vacances pour avoir à nouveau faim de jouer. Moi aussi, je dois me remettre en question. Il a peut-être besoin d'autre chose pour le booster. Ce qui ne veut pas dire que je vais quitter mon poste. Au contraire, je suis prêt à l'aider. En tout cas, David n'est plus David pour l'instant. Et il faut trouver, car il y a une fracture tennis", a-t-il conclu.