Tour de France Le Britannique va remporter le Tour pour la quatrième fois après une édition serrée mais peu passionnante.

Il reste 103 kilomètres à couvrir, ce dimanche, entre Montgeron, là où le premier Tour de France avait démarré, il y a 114 ans, et les Champs Elysées. Pourtant, on le sait, le 104e Tour de France de l’histoire est joué, plié, gagné pour Christopher Froome.

"Je viens de parler avec mon épouse et notre fils (au téléphone)", souriait le Britannique juste après son effort et sa descente du podium. "Ils sont occupés à voyager vers Paris (le couple vit à Monaco) et j’ai vraiment hâte d’être avec eux demain."

Sur cette édition, dont on ne se souviendra plus guère dans dix ou vingt ans, le Britannique a géré parfaitement son affaire, comme purent parfois le faire Jacques Anquetil ou Miguel Indurain qui écrasaient la course sur les chronos et suivaient leurs adversaires dans la montagne.

Froome a également dominé ses rivaux dans les deux chronos, celui de Düsseldorf, où il avait pris 51 secondes à Uran, et celui de Marseille où il aura ajouté 25 secondes à son crédit, ce qui fait 1:16. Or, au final, le Colombien sera devancé ce dimanche de 54 secondes.

Froome affirme que c’est parce que le tracé ne lui convenait pas cette année qu’il n’a guère survolé les débats comme cela avait pu être le cas par le passé. Il n’aura ainsi pu gagner la moindre étape tout au long des trois semaines et d’ailleurs, le coureur de Sky ne va remporter sa première victoire de la saison qu’au terme de ce Tour.

"Ce n’est pas important, ce qui comptait, c’était la quatrième victoire dans le Tour, c’est cela qui compte et me procure une sensation énorme, le reste n’est pas primordial", disait-il hier, alors qu’il était encore dans le stade de l’Olympique de Marseille. "Je ne suis pas frustré par cette situation, il n’y avait pas, dans le découpage de ce Tour, un jour, une étape, qui me permettait de gagner la course en dominant vraiment mes adversaires. Il a donc fallu se battre tous les jours, être attentif du début à la fin. Heureusement, pour cela, j’ai pu bénéficier de l’aide d’une super équipe, de tous mes équipiers."

Sifflé à son départ sur la rampe de lancement, le futur quadruple vainqueur de la Grande Boucle n’a pas pris ombrage de cette situation. D’ailleurs, les applaudissements étaient bien plus chaleureux lorsqu’il monta sur le podium, au centre de l’arène, pour y recevoir le 58emaillot jaune de sa carrière. En recevant le 59e dimanche soir, il reviendra à une unité de Miguel Indurain. Seuls Bernard Hinault (79) et, bien sûr, Eddy Merckx (111) sont largement devant.

"Cette ambiance, c’est incroyable, ici à Marseille", souriait-il, rassuré par sa prestation et sa future victoire virtuellement acquise. "Dans ce stade, c’est énorme."

Ces coups de sifflets, loin de le perturber l’ont peut-être motivé, au contraire. "Tout était serré avant le chrono", poursuivait-il. "Tout était possible, une chute, un mauvais jour et je perdais tout. Mais je ne ressentais pas plus de pression. Il y avait évidemment de la pression, mais c’est très bien pour moi. Cela me transcende plus en fait."

Pour la première fois, le Britannique aura dû se battre jusqu’à la veille de l’arrivée à Paris.

"Je ne dirais pas que c’était le Tour le plus dur à gagner, car on souffre toujours, on doit toujours se battre pour s’imposer", expliquait-il, "mais c’était le plus serré, ça c’est certain. Et encore une fois, je le savais avant le départ, je savais qu’il faudrait que je me batte pendant trois semaines, que ce ne serait pas un Tour qui se déciderait en un jour."