Tour de France

Le Britannique Chris Froome est monté sur le podium du Tour de France avec un gros bandage au genou droit, suite à sa chute dans la 19e étape sur la route de Saint-Gervais Mont Blanc.

"Je vais bien, je suis hors de danger. Je n'ai rien de grave", a réagi Chris Froome, qui a emprunté le vélo de Geraint Thomas pour finir l'étape.

"J'ai passé sur une ligne blanche", a expliqué le Britannique. "Mon vélo n'était plus en état après l'accident, je remercie Geraint. J'ai de la chance de ne pas être sérieusement blessé. C'est le genre de journées où je suis content d'avoir cette avance de quatre minutes (au classement général)", a ajouté le maillot jaune.

Froome s'est classé neuvième de l'étape à 36 secondes du vainqueur, le Français Romain Bardet.

Le Britannique, qui possède une solide avance au classement, avec plus de quatre minutes d'avance sur Bardet, a franchi la ligne avec le maillot déchiré dans le dos.


Bardet: "C'était à l'instinct !"

Adepte du vélo plaisir, Romain Bardet (AG2R La Mondiale) a gagné la 19e étape du Tour de France, vendredi, à Saint-Gervais Mont Blanc, après avoir attaqué "à l'instinct".

Votre attaque était-elle préméditée ?

"Pas du tout. C'était vraiment à l'instinct, c'est le vélo plaisir que l'on veut pratiquer, celui qui procure les plus belles émotions. Mika (Chérel) m'a mis la puce à l'oreille aujourd'hui. On est soumis à beaucoup de pression et on a besoin de capitaines de route comme Sam (Dumoulin) et Mika, qui prennent les décisions. J'ai su tout de suite que c'était une bonne idée."

Comment avez-vous procédé dans la dernière montée ?

"Je savais avoir de bonnes jambes après le contre-la-montre. J'ai cherché à reprendre des repères sensoriels. Je me doutais que si je tenais un bon rythme, les autres auraient du mal à venir me chercher. Rui Costa ne passait pas un relais, j'espérais un peu de collaboration sur la partie de la montée qui n'était pas vraiment favorable. Mais je n'ai pas tergiversé comme au Dauphiné. On apprend de ses erreurs. Cette fois, je visais le (classement) général et l'étape est venue en plus. J'avais prévu d'attaquer dans la partie la plus pentue qui me correspondait bien. Les 5 derniers kilomètres ont été un peu longs. 9,8 kilomètres d'ascension, pour un seul homme, c'est long !"

Comment avez-vous fait pour éviter la chute ?

"J'ai le meilleur matériel possible. J'ai fait la descente derrière 'Mika' (Chérel, NDLR), j'ai confiance en ses trajectoires. Je lui ai demandé de ne pas prendre de risques. Mais il ne faut pas se poser de question. On ne fait pas deuxième du Tour en restant dans les roues."

Gagner le Tour est-il possible ?

"C'est très compliqué. Froome est plus que solide. Je ne sais pas ce qui s'est passé derrière, je n'ai pas eu d'information. On m'a dit que c'était serré pour le podium. Dans Joux-Plane (samedi), tout peut se passer. Il faudra être à la hauteur. Je vais penser d'abord à sauver une place sur le podium à Paris. C'est très serré et c'est ce qui rend la course passionnante. Je ne vais pas prendre de risques, j'en ai pris assez aujourd'hui. Mais je veux d'abord savourer et prendre les choses comme elles viennent. L'an dernier, j'avais surtout pensé à défendre le maillot à pois et je n'avais pas dormi de la nuit."

Quelles sensations avez-vous ressenti dans la montée ?

"C'était fabuleux. Je n'avais pas d'informations, c'était au feeling. J'avais l'impression d'avoir vent de dos avec ce public, je sentais beaucoup d'émotions de la part des spectateurs et je pense que ça m'a transcendé. Je me suis dit 'donne le meilleur, il ne faut rien avoir à regretter'. On souffre assez sur le vélo. Quand on a les circonstances favorables, il faut en profiter. Je ne savais pas quels étaient les écarts, je veux juste sortir des calculs qui nous brident en cours et laisser la part aux émotions, on en a besoin."

Quelle importance a eu le stage collectif en mai en Sierra Nevada (Espagne) ?

"C'était un stage fondateur. Il nous permet d'être unis comme les doigts de la main, de resserrer les liens. J'ai pu arriver en forme sur le Dauphiné, je n'ai plus peur de la chaleur. Cela permet aussi de progresser sur ces facteurs. On peut dire que c'est bénéfique."


Bauke Mollema: "Ma propre faute"

Bauke Mollema (Trek-Segafredo) a perdu vendredi, lors de la 19e étape du Tour, sa 2e place au classement général. Il est retombé à la 10e place après une chute, et peut faire une croix sur un podium à Paris vu qu'il compte 7:42 de retard sur Froome, et plus de trois minutes sur les coureurs classés 2e, Bardet, et 3e, Nairo Quintana. Bauke Mollema a franchi vendredi la ligne d'arrivée avec 4 minutes de retard sur ses concurrents, à Saint-Gervais Mont Blanc. "J'étais pourtant parfaitement placé", a-t-il raconté. "Je roulais en 2e position, on descendait fort, il pleuvait mais j'avais confiance en mes capacités à finir cette descente sans problème. Mais soudain, dans un virage, j'ai glissé et c'était fini."

L'écart à combler n'était pas si grand, le Néerlandais semblant un moment pouvoir revenir sur le groupe, mais il a coincé dans la dernière ascension. "Tu entames cette montée avec du retard, tu sais que tu dois combler le trou le plus vite possible, j'ai roulé mais devant ça roulait bien aussi et je me suis vraiment 'cramé'".

Le leader de Trek-Segafredo était furieux en pensant au podium final. "J'ai tout foutu en l'air, c'est de ma faute", a-t-il précisé. "J'ai perdu 4 minutes, je peux oublier le podium, je ne pourrai pas rattraper ça".


Dumoulin souffre d'une fracture dans le poignet

Tom Dumoulin, qui a chuté vendredi dans la 19e étape du Tour de France, s'est occasionné une fracture dans le poignet gauche. Le coureur néerlandais, qui a abandonné ensuite, a été examiné à Saint-Gervais Mont Blanc, où se trouvait l'arrivée. "Il a une fracture du radius, un os de son poignet", a indiqué le médecin de l'équipe Giant-Alpecin, "mais la fracture n'a pas l'air de se prolonger vers l'articulation, et celle-ci n'est pas déplacée. C'est une bonne affaire, et, avec un peu de chance, il pourra quand même participer aux Jeux Olympiques".

Dumoulin doit cependant encore subir un scan à l'hôpital de Sallanches, qui devrait confirmer ces informations. "Il s'agit d'être totalement sûr qu'il ne s'agit pas d'un poignet complètement cassé".

Le coureur devra avoir le poignet immobilisé dans le plâtre pendant deux semaines, selon le médecin de l'équipe, puis éventuellement encore avec un bandage. "Tom est bien entendu déçu, et a peur de rater Rio, mais nous allons faire de notre mieux".


Adam Yates a perdu sa place sur le podium

En terminant à la 13e place à 56 seconde de Romain Bardet, Adam Yates (23 ans) a laissé la troisième place du classement général à Nairo Quintana. Le coureur Orica-BikeExchange, qui n'a pas été en mesure de suivre le rythme dans la montée finale, conserve toutefois le maillot blanc du meilleur jeune.

"J'ai commencé à avoir du mal dans la montée de Bisanne. J'ai réussi à revenir. Sur la fin, je ne pouvais plus suivre, alors j'ai perdu du temps. L'étape a mal débuté puisque j'ai dû changer de vélo. Mais c'est ma première mauvaise journée. Ce n'est pas illogique puisque je suis jeune, que c'est le Tour et que nous roulons depuis trois semaines. J'ai de quoi être satisfait", a reconnu le Britannique.

Le podium reste toutefois à portée de Yates, qui n'est qu'à 19 secondes de Quintana et 35 de Bardet. "On verra bien. Je n'étais pas venu ici pour jouer le général, et je me retrouve 4e, avec en plus le maillot blanc sur les épaules. Ce n'est pas si mal. Maintenant, il faut que je le garde jusqu'à Paris. Je sais que j'ai perdu un peu de temps par rapport à Meintjes. Il me reste un jour pour tenter de reprendre ma place sur le podium. Les prévisions météo pour cette 20e étape ne sont pas bonnes. Cela peut tout changer. On l'a vu vendredi, la pluie a complètement modifié les données de la course".

Si la tâche ne sera pas facile, Lorenzo Lapage, son directeur sportif, ose encore y croire. "Adam est un guerrier. Il n'est quand même pas si loin de Nairo et Romain. Il ne va pas abdiquer si facilement que cela".