Tour de France Le Britannique n’est plus qu’à 113 kilomètres de son troisième Tour.

La formule de prudence entoure la 21e étape du Tour de France depuis que son arrivée est tracée sur les Champs-Élysées (en 1975) et que cette ultime journée se résume le plus souvent en un grand défilé, quelques jours après celui du 14 juillet. Sauf incident mécanique ou chute, Chris Froome a course gagnée et remporté, samedi, son troisième Tour de France (après 2013 et 2015).

En franchissant la ligne d’arrivée tracée samedi à Morzine, le visage du Kenyan blanc s’est soudainement détendu, relâchant en un instant la nervosité qui l’habitat durant toute la journée. "Ces 146,5 kilomètres entre Megève et Morzine furent remplis d’un grand stress", soufflait le Britannique à sa descente du podium. "Lorsque j’ai franchi le portique d’arrivée, mon premier ressenti a donc été un énorme soulagement. En quelques secondes à peine, j’ai vu le film des trois dernières semaines me repasser devant les yeux, les bons comme les mauvais moments."

À pied dans le Ventoux, jeté au sol dans la descente amenant à Saint-Gervais vendredi, le coureur de la Sky n’a jamais été envahi par le doute. "Je n’ai pas pensé à la victoire finale qui pouvait s’envoler dans ces moments chauds. Je me suis surtout concentré sur la bonne attitude à adopter. Sur les pentes du Mont Chauve, j’ai songé que la meilleure tactique était alors de courir pour tenter de perdre le moins de temps possible avant que ma voiture puisse me dépanner. Après avoir chuté vendredi, j’étais obnubilé par le fait de remonter au plus vite sur la machine de Geraint Thomas. Cela prouve une fois de plus qu’en cyclisme, tout peut basculer en une seconde…"

Le Tour 2016 restera très probablement comme celui du Froome 2.0, version totalement revisitée de celui que certains dépeignaient comme un mathématicien enfermé dans ses calculs. Dans la descente de Peyresourde ou lors de la bordure dans laquelle il accompagna Peter Sagan vers Montpellier, Froome a démontré qu’il pouvait faire montre de panache. "C’est mon instinct qui m’a guidé dans ces choix. Il faut poser des décisions de ce type en une fraction de seconde. J’ai pensé, à ces deux occasions, que le Tour pouvait se jouer pour quelques secondes et que ce qui était pris n’était plus à prendre…"

Fort de son avantage de 4:05 sur Bardet, Froome n’a jamais semblé inquiéter tout au long de trois semaines de course que son équipe a maîtrisées d’un bout à l’autre. "Remporter le Tour n’est jamais facile, je vous assure ! Mais les équipiers sur lesquels j’ai pu m’appuyer ont été fantastiques. Ce succès me procure la même joie que mon premier sacre en 2013, mais il est sans doute plus collectif."