Gilbert : “Le maillot tricolore est plus beau que le vert”

Eric de Falleur Publié le - Mis à jour le

Tour de France

Philippe Gilbert n’a pu empêcher Rojas de reprendre la tête du classement par points. En attendant l’étape d’aujourd’hui ?

CHÂTEAUROUX Après deux jours en vert, Philippe Gilbert va retrouver le maillot tricolore aujourd’hui.

“Il est plus beau que le vert” , sourit celui qui s’est pourtant mêlé aux deux sprints de l’étape hier, d’abord dans l’intermédiaire, puis à l’arrivée, afin de conquérir le maximum de points.

“J’étais au-dessus de mes limites dans le premier sprint” , avouait-il après coup. “J’ai eu besoin de pas mal de temps pour récupérer, d’autant que nous n’étions plus qu’une soixantaine dans le groupe de tête (NdlR : en fait plus de nonante). Ce n’est qu’après que j’ai appris qu’il y avait eu des chutes. Je me suis retrouvé en queue de peloton et ça a été difficile car il y avait des cassures et des trous à boucher, avec le vent de côté.”

Pourtant, quelques minutes plus tard, le Liégeois emmenait comme promis – et souhaité par son équipe – son équipier André Greipel, jusqu’à onze cents mètres de la ligne. Gilbert allait ensuite finir 14e.

“Greipel m’a remercié juste après l’arrivée” , poursuivait Gilbert. “On a encore été surpris ce matin (hier) en apprenant qu’il y avait encore une polémique. Ça a encore été un montage de la presse, comme d’habitude. Je m’y fais; j’ai l’expérience. Nous sommes une équipe soudée, on l’a prouvé; nous travaillons toujours pour celui qui est dans la meilleure situation.”

Interrogé sur les chances de son partenaire allemand de devancer dans un sprint Cavendish, Gilbert s’en tira par une pirouette. “Je ne vais pas dire le contraire, sinon, je ne ferais pas preuve d’esprit d’équipe , disait-il. Cavendish est battable, même s’il est le plus rapide à la base et qu’il dispose d’une super-équipe qui l’a bien emmené. Dans les dix derniers kilomètres, à l’abri, bien calé dans les roues de ses équipiers, il a usé moins d’énergie et pris moins de vent que les autres. Mais quand il commence à gagner comme maintenant, il devient très difficile à battre.”

Aujourd’hui, l’arrivée en côte à Super-Besse, va-t-elle profiter au Wallon ? “Je ne sais pas, je n’ai pas encore vraiment analysé le livre de route” , terminait le champion de Belgique avant de monter dans le bus de son équipe, direction l’hôtel. “Je sais que la dernière côte fait un kilomètre à 7,6 %. C’est une arrivée pour Contador, c’est l’homme à suivre. C’est un vrai champion, touché dans son orgueil, ce qui est toujours dangereux. Il va vouloir faire taire ses détracteurs.”

Mais plus que la dernière montée, le Monégasque doit sans doute craindre le col précédent, le col de la Croix Saint-Robert, inédit au Tour. Une montée de 6,200 kilomètres à 6,2 % (qui amène les coureurs à 1451 mètres d’altitude) répertoriée en deuxième catégorie. Son sommet est situé à 25 kilomètres de l’arrivée. On devrait vivre, sur ses pentes, une nouvelle passe d’armes importantes entre les divers prétendants.



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