Les bodyguards d’Evans

Eric de Falleur Publié le - Mis à jour le

Tour de France

Chez BMC, quatre coureurs sont spécialement chargés de protéger le vainqueur sortant

ROUEN Avec des étapes au profil taillé pour les sprinters, comme celle d’hier ou les deux prochaines, aujourd’hui à Saint-Quentin et demain à Metz, l’on pourrait imaginer que l’équipe BMC vit des jours sans histoire.

“Ce ne sont pas des jours si tranquilles que cela, plusieurs équipes jouent leur Tour sur ce genre d’étapes car elles n’ont pas de candidats pour le classement , tempère John Lelangue, on doit rester vigilants et protéger notre leader (Cadel Evans). Il faut le placer hors d’atteinte des chutes et le protéger de la zone à risques, jusqu’à deux kilomètres de l’arrivée. Après, on laisse les sprinters aux prises entre eux.”

C’est en fait toute l’équipe dirigée par notre compatriote qui œuvre pour placer l’Australien dans les meilleures conditions possibles.

“Tout le monde travaille , dit encore Lelangue fils. Philippe est en électron libre, Cummings et Moinard étaient chargés aujourd’hui d’amener des bidons, et Cummings devait aussi protéger Tejay (Van Garderen). Depuis Liège, ça se passe bien, on a un bon groupe de classiques avec quatre autres coureurs qui sont de véritables anges gardiens pour emmener Cadel, ses gardes du corps. Et accessoirement pour Tejay, aussi.” Il s’agit de Quinziato, Schär, Burghardt et Hincapie. “Je ne détaille pas leur rôle, je n’ai pas envie que mes collègues en tirent avantage” , dit-il.

Mais Manuel Quinziato, lui, consent à livrer quelques indications sur l’action de ces quatre chevaliers servants. “Protéger Cadel est parfois fondamental, comme mardi , assure l’Italien. Ce sont des étapes où notre leader peut perdre beaucoup d’énergie. George (Hincapie) est le véritable capitaine de route. Si quelque chose de chaud survient, c’est lui qui dirige la manœuvre du peloton. Il dit on remonte, on s’écarte, on accélère…”

C’est pratiquement d’une armure humaine dont le vainqueur du Tour 2011 bénéficie en course. “À tour de rôle, un de nous quatre mène, devant Cadel et Tejay, comme cela, ils voient bien ce qui peut survenir , poursuit Quinziato. Les trois autres les entourent, derrière et sur les côtés, et nous tournons.”

Car dans un Tour, le danger et le drame peuvent survenir à tout moment. “L’enjeu n’est pas pareil au Tour que dans une autre course , concède encore John Lelangue. En roulant à l’avant, normalement, on prend moins de risques, mais c’est vrai qu’ici, surtout en première semaine, tout le monde cherche à faire le boulot à l’avant. Les coureurs sont encore frais, tout le monde cherche à se positionner à l’avant. Ça changera avec les étapes du prochain week-end, ce sera plus facile. Une partie du peloton sera plus fatiguée, une autre ne sera plus concernée par le classement général ou par le gain ponctuel d’une étape et ils vont laisser la place aux équipes de leaders.”

Et alors, les bodyguards se transforment en sherpas sur les pentes des cols alpins puis pyrénéens.



© La Dernière Heure 2012
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