Tour de France De retour à Sallanches, Eddy Merckx a apprécié la performance de Froome.

En ce 21 juillet, Eddy Merckx était sur la route du Tour pour suivre aux premières loges le contre-la-montre entre Sallanches et Megève. "Sallanches, c’est évidemment un très beau souvenir pour moi, c’est ici que je suis devenu champion du monde chez les amateurs, en 1964, j’avais à peine 19 ans, ce fut ma première grande victoire internationale", disait le Bruxellois, après être descendu du podium où il avait été honoré avec Bernard Hinault (champion du monde à Sallanches en 1980), Jan Janssen (vainqueur du mondial pro en 1964) et Bernard Thévenet.

Le quintuple vainqueur du Tour a apprécié le déroulement et le résultat de cette étape courue en solitaire et en côte. "Froome a réussi une superbe prestation", reconnaissait Merckx qui avait suivi l’étape derrière Romain Bardet. "Chris est tout simplement le meilleur de ce Tour. Les autres ne sont pas à son niveau, il les domine de la tête et des épaules. Ils sont à bloc dans sa roue pour ne pas se faire distancer. Ses adversaires peuvent simplement lutter pour les places d’honneur. Chacun de ses équipiers est aussi fort que ses rivaux. Et dès lors, ils ne peuvent pas le menacer. Mais quand vous êtes le plus fort, vous devez le montrer. Froome l’a fait aujourd’hui en remportant ce chrono avec le maillot jaune. Pour le moment, c’est son chef-d’œuvre du Tour."

Mais Eddy Merckx en attend plus. "Jusqu’ici, j’étais un peu sur ma faim et j’attends de lui du panache", avouait le Cannibale. "J’espère qu’il va encore attaquer samedi dans Joux-Plane et mettre tous le monde à deux, trois minutes pour gagner à Morzine. C’est ce qui m’a manqué sur ce Tour, qu’il attaque de loin, qu’il gagne en solitaire après un numéro en montagne. Sur ce qu’on voit, il peut encore gagner plusieurs fois le Tour. Contrairement à Hinault ou à moi, il se concentre uniquement sur le Tour. Il est complet, il grimpe, il roule dans les contre-la-montre… On a vu qu’il descend, il a une super-équipe, c’est tout simplement le meilleur du moment."

Dans les prochaines semaines, Merckx voit même le Kenyan Blanc ajouter une autre ligne de prestige à son palmarès. "Je ne vois pas qui va le battre dans le contre-la-montre des Jeux à Rio", dit-il. "C’est seulement dans trois semaines (NdlR : le mercredi 10 août), je ne vois pas comment il pourrait perdre sa bonne condition actuelle." Une autre vedette du moment, c’est Peter Sagan dont Marc Madiot disait il y a peu qu’il était le petit-fils d’Eddy Merckx. "C’est un gagneur, un battant", reconnaissait le plus grand champion de tous les temps. "Mais, malheureusement, il ne grimpe pas. C’est ce qui diffère avec moi, sinon, il serait plus fort qu’Eddy Merckx…"