Tour de France

Rik Verbrugghe, manager sportif de la formation IAM Cycling, était présent mardi à Paris pour la présentation du Tour de France 2017, alors que son équipe disparaitra du peloton à la fin de cette année. "J'aimerais bien rester dans le cyclisme", a-t-il tout simplement indiqué. "Je prends mon temps pour chercher". Les rumeurs ont lié le Belge à de nombreuses équipes au fil des semaines: Etixx-Quick Step, où il pourrait succéder à Rolf Aldag, Lotto Soudal, BMC, un nouveau projet en Wallonie, mais rien n'a été décidé pour le moment, selon l'ancien coureur. "Je ne sais pas encore où se fera mon avenir. J'ai déjà beaucoup discuté, entre autres avec BMC. Mais je n'ai signé aucun contrat. Je m'y attelle".

Verbrugghe a, à propos du Tour, évoqué une Grande Boucle taillée pour "un coureur complet". "C'est un beau parcours, qui n'est pas prévisible. C'est également une bonne chose que les étapes soient désormais intégralement diffusées. Souvent, des tas de choses se passent dans la première heure de course, et cela montre comme il est parfois difficile de parvenir à se glisser dans une échappée".


Chris Froome: "La course se décidera dans les cols"

La course se décidera "dans les cols", a estimé le triple vainqueur du Tour de France, le Britannique Chris Froome, qui aurait préféré pour l'édition 2017 présentée mardi à Paris une part plus importante accordée aux contre-la-montre.

"C'est un parcours très difficile comme toujours", a estimé Froome, qui a gagné des Tours aux profils différents en 2013, 2015 et 2016.

"Je ne connais pas tous les cols de ce Tour. Je n'ai jamais vu l'Izoard par exemple. J'ai fait attention aussi à l'étape de Chambéry", a ajouté le Britannique.

"Ca va se décider dans les cols. Je suis content quand il y a davantage de contre-la-montre. Cette fois, il y a seulement un prologue et 23 kilomètres à la fin. Mais c'est le Tour. Cela change tous les ans", a poursuivi le chef de file de l'équipe Sky.

Froome est revenu sur le scénario abracadabrant de l'étape du Ventoux 2016 quand il avait laissé son vélo cassé après une chute et couru à pied en attendant le dépannage: "J'ai eu une grande émotion quand j'ai revu les images sur le grand écran. (sourire) J'espère que je n'aurai pas de nouveau l'occasion de courir !"


Christian Prudhomme: "Un Tour pour les coureurs qui osent"

Le 104e Tour de France, dont le parcours a été dévoilé à Paris, sera un Tour pour "coureurs offensifs, pour les coureurs qui osent faire la course", selon le directeur de la Grande Boucle, Christian Prudhomme. "Le Tour veut des surprises, du spectacles, ce parcours offrira beaucoup d'occasions de surprendre aux coureurs".

Le Tour 2017 sera moins montagneux que le Tour 2016, avec 23 cols pour 28 en 2016, et trois arrivées au sommet (La Planche des Belles Filles, Peyragudes en Izoard). "Il y a moins de cols, mais les ascensions au programme sont plus raides, plus difficiles et demanderont beaucoup d'efforts aux coureurs", dit Prudhomme. "C'est vrai qu'il y a moins d'arrivées au sommet. Nous n'imitons pas le Giro ou la Vuelta, le Tour est la course la plus importante du monde. Nous traçons notre propre route".

Christian Prudhomme ne veut pas d'une course prévisible et veille donc à surprendre le peloton. "Nous ne faisons pas toujours ce qui est le plus logique", dit-il. "Le Tour doit surprendre. Ce parcours offre leur chance aux coureurs qui osent attaquer, aux coureurs qui osent faire la course, à des endroits où ce n'est pas toujours évident, comme Froome l'a fait cette année dans la descente vers Bagnères-de-Luchon".

Exemple de surprise: l'arrivée de la 2e étape, à Liège, ne sera pas jugée sur une des côtes de Liège-Bastogne-Liège, mais boulevard de la Sauvenière, où on devrait assister plutôt à un sprint. "Nous ne faisons pas ce à quoi vous vous attendez. La logique aurait voulu que nous options pour une arrivée typique, mais on nous aurait peut-être alors accusé de manquer d'imagination. Nous avons donc opté pour une étape de plaine".

Le Tour 2016 était taillé pour Quintana, mais c'est Froome qui l'a gagné. "Un parcours n'est jamais dessiné pour ou contre un coureur précis", selon le patron de la Grande Boucle. "C'est un Tour pour un coureur complet, quelqu'un qui ose. Partout, on peut 'jouer le jeu'. Il faut être constamment sur ses gardes. Il n'y a jamais plus de deux étapes au profil semblable".


Romain Bardet (FRA/AG2R), 2e en 2016: "C'est un parcours peut-être moins dur que ceux qu'on a connus dans le passé, sur lesquels j'ai eu la chance de concourir. Il y a beaucoup d'inédit. La traversée des cinq massifs va rendre la course plus incertaine, plus piégeuse et je m'en réjouis. L'enchaînement en montagne me paraît moins intense. L'an dernier, c'est sur la durée en montagne que les différences ont été faites. Mais il y a beaucoup de routes que l'on ne connaît pas. Les deux chronos ? Le cumul des kilomètres n'est pas très important mais ils sont situés à des endroits stratégiques, au début et à la fin, ils vont influencer, j'espère juste qu'ils ne vont pas bloquer la course. Il faudra être inventif. L'étape qui me marque le plus ? celle de Chambéry, qui apparaît comme l'une des plus compliquées à prévoir. Je connais un peu, j'ai été coureur au centre de formation de Chambéry. On allait très rarement au Mont du Chat parce que c'est très dur. Faire passer le Tour sur ces routes va offrir une course spectaculaire."

Dan Martin (IRL/Etixx), vainqueur d'étape en 2013, 9e en 2016: "Le tracé est intéressant pour moi, c'est sûr, il y a moins de kilomètres de contre-la-montre et un parcours agressif dès le début, donc c'est super. C'est difficile de voir s'il y a une étape qui me ferait plaisir car on n'a pas encore la carte mais il y a plusieurs étapes qui me conviennent. (sur les cinq massifs traversés) Il ne faut jamais craindre la montagne! mais plutôt les étapes plates, du début, parce que le Tour a toujours perdu quelqu'un dans la première semaine".

Marc Sergeant (BEL/manager de Lotto): "Pour notre équipe, je suis content car il y a pas mal de chances au sprint. Je souhaite que Cavendish ne soit pas aussi fort que cette année (rires)! Pour le reste, il y a aussi beaucoup d'étapes pour les attaquants, on en a quelques-uns comme Gallopin, il y a au moins cinq ou six étapes qui sont faites pour eux. Ce parcours semble plus facile que les autres années. Ca peut être spectaculaire".

Vincent Lavenu (FRA/manager d'AG2R La Mondiale): "L'impact des chronos sera peut-être moins important que certaines années, ce qui est bien, car on sait qu'aujourd'hui, notamment Chris Froome est capable de faire des différences sur les chronos et derrière il est assisté par une équipe surpuissante. Je pense qu'il y aura des opportunités dans la montagne de créer des réels écarts, donc ce sera un Tour qui sera tourné vers l'offensive, où les grimpeurs auront la possibilité de s'exprimer, d'envisager la victoire finale. Les étapes de montagne seront très dures, et c'est ce qu'il faut aujourd'hui, car les forces collectives des équipes sont très importantes, et si on veut déstabiliser une course, il faut absolument des parcours très difficiles."