Tour de France Découvrez toutes les réactions après le chrono.

Romain Bardet (FRA/AG2R), 3e au général: "Je suis à bout là, je suis fatigué, j'ai tout donné, c'est le Tour de France, il y a 21 étapes, des jours où on est bien et des jours où on n'est pas bien. Aujourd'hui, cela n'allait vraiment pas. Depuis quelques jours, je n'étais pas très bien au niveau de la santé et aujourd'hui j'ai payé la note cash. Je me suis battu jusqu'au bout mais c'est vrai que ça a été très difficile, j'ai rapidement vu que j'étais pas dans le match, j'ai fait le chrono avec ma tête aujourd'hui. Je commence à bien connaître mon corps et je sais quand je suis bien et quand je ne suis pas bien. Je commence à fatiguer. Après l'Izoard, le lendemain j'ai senti que j'avais le système immunitaire en délicatesse, je ne me sentais pas très bien ce matin au réveil. Je savais que je ne pouvais pas baisser les bras dans le money-time, je suis heureux de l'avoir fait à fond et j'ai un peu de réussite pour conserver ce podium".

Maciej Bodnar (POL/Bora), vainqueur de l'étape: "Je voulais absolument réagir après l'étape que j'avais perdu (à Pau). J'ai eu davantage de chance cette fois, je suis comblé. Je savais que j'avais les capacités de faire une belle course. Ce matin, je savais que je pouvais aller chercher un beau résultat. Je me suis réveillé tôt pour aller faire la reconnaissance, parce que je savais que j'allais courir en première partie de programme. Après 3-4 kilomètres, je me sentais super bien. Je ne savais pas si ce serait suffisant pour gagner mais pour faire une belle place. Je n'ai été sûr de la victoire qu'après le passage de Chris Froome. Dans ce Tour, Peter Sagan nous a beaucoup manqué, Rafal Majka aussi. Cela fait six ans que je cours avec Peter Sagan, que je cours pour lui, sur le Tour mais aussi les autres courses. On s'est retrouvé à six. Ce n'était pas évident mais on a essayé de garder le moral. On reviendra sur le Tour avec Peter."

Warren Barguil (FRA/Sunweb), 19e de l'étape et meilleur grimpeur: "Faire un contre-la-montre dans un stade de foot, je ne pensais pas que c'était possible. C'est assez exceptionnel. Ce matin je n'étais pas vraiment dans mon assiette pendant la reconnaissance. Mais j'ai fait une sieste et c'était reparti. J'ai pris un plaisir énorme, avec tous ces supporteurs qui portaient des t-shirts à pois autour de moi. Je tiens vraiment à remercier le public."

Simon Yates (GBR/Orica), 32e de l'étape et maillot blanc: "Je suis vraiment heureux. Je suis venu pour gagner ce maillot, alors c'est un soulagement d'y être arrivé, parce que ça a été très difficile. Aujourd'hui j'ai fait une bonne course, mais certains jours il a vraiment fallu que je me fasse mal pour rester au contact."

Lilian Calmejane (FRA/Direct Energie), 27e de l'étape: "J'ai géré mon effort pour le lisser le mieux possible. Je suis parti prudemment pour bien finir. J'ai fait la montée à bloc et j'ai enroulé le braquet pour finir, avec la force que l'on a après trois semaines. Je finis le Tour avec de la fatigue mais de bonnes sensations. Je ne suis qu'au début de ma carrière, j'ai les crocs. Pour les courses par étapes, le chrono est un passage obligatoire, c'est une discipline que j'affectionne."

Mikel Landa (ESP/Sky), 4e au classement général: "J'ai fait le contre-la-montre de ma vie. J'ai donné tout ce que j'avais. Mais le plus important est que le leader de mon équipe ait conservé le maillot jaune. C'était l'objectif premier".

Alberto Contador (ESP/Trek), 9e au classement général: "Je suis content de ma performance car elle montre que je n'avais pas de mauvaises jambes, alors qu'hier je me sentais vraiment mal. J'ai tout donné dans ce chrono même si bien sûr, ce n'était pas pour lutter pour le podium. De manière générale, je peux dire que je me suis senti assez bien dans ce Tour. Le plus important pour moi était de le finir. Mon équipe a travaillé dur pour moi et je leur devais de finir ce Tour même si les chutes ont été dures".

Fabio Aru (ITA/Astana), 5e au classement général: "Aujourd'hui, j'ai tout donné pour faire le meilleur résultat possible. Après les Alpes, où j'ai perdu de précieuses secondes car j'étais malade, il était dur de lutter pour le podium. Mais je peux être heureux de ce que j'ai fait: vaincre une belle étape et porter le maillot jaune quelques jours. Maintenant, je sais que je peux faire mieux dans un Tour de France."


Benoot meilleur Belge contre la montre: "Je voulais conserver mon top 20"

Tiesj Benoot a terminé 23e et premier Belge du contre-la-montre à 1:21 du vainqueur Maciej Bodnar. Cela lui a permis de conserver sa 20e place au général. "Je voulais absolument défendre cette position", a déclaré le coureur Lotto-Soudal.

"Après l'étape de vendredi, je me suis retrouvé en 20e position et je voulais défendre ce top 20. C'était remarquable que juste derrière, il y avait un coéquipier, Tony Gallopin. Hier soir, cela a été un thème de discussion au sein de l'équipe, de manière ludique bien entendu", a assuré le coureur Lotto-Soudal.

"Je suis très satisfait de ma course. C'est probablement ma meilleure performance dans un contre-la-montre. Dimanche, ce sera encore un jour important pour nous. Nous voulons obtenir le meilleur résultat avec André Greipel. Nous verrons ce que cette forme me réservera après le Tour. Dans les prochaines courses, il y en a quelques-unes où je peux obtenir ma chance, comme la Clásica San Sebastián, le BinckBank Tour, les épreuves au Canada et le Tour de Lombardie".


Froome: "Le Tour le plus serré"

Chris Froome a salué samedi, après le contre-la-montre de Marseille, "le Tour le plus serré" que le Britannique s'apprête à remporter à Paris.

Froome précède le Colombien Rigoberto Uran de 54 secondes au classement.

Vous êtes en passe de vous rapprocher du record des victoires. Qu'en pensez-vous ?

"C'est déjà un honneur d'être mentionné au niveau des grands qui ont gagné cinq Tours de France. Mais je prends les courses et les saisons une par une. Il faut d'abord arriver à Paris avec le peloton. Je réalise à quel point c'est difficile de remporter cinq Tours de France. Chaque année, c'est de plus en plus difficile. C'était le Tour le plus serré."

Etait-ce le Tour le plus compliqué à gagner ?

"Je pense que oui. On savait déjà au départ que ce serait très disputé. Tout se jouait aujourd'hui, il y avait moins de 30 secondes entre les trois favoris."

C'est le Tour le plus serré mais est-ce aussi le plus dur ?

"Chaque Tour de France est difficile. Je ne sais pas si c'est plus difficile, car on souffre chaque fois. C'est sans conteste le plus serré. Je n'ai jamais été sûr de la victoire jusqu'à Marseille. Heureusement, mes jambes tournaient bien pour ce chrono, je n'étais pas dans un mauvais jour."

Est-ce une déception de ne pas avoir gagné d'étape cette année ?

"Non. A partir du parcours, il y a toujours eu l'idée de se consacrer aux trois semaines du Tour, pas une étape. J'ai souffert dans les Pyrénées quand j'ai perdu une vingtaine de secondes à Peyragudes, je suis content que cela n'ait pas été pire que ça. Normalement, on perd des minutes quand on connaît une mauvaise journée en montagne."

Que s'est-il passé à Peyragudes ?

"Si je suis parfaitement honnête, je dois reconnaître que je me suis mal ravitaillé sur cette étape. Je me suis mis dans le rouge, je n'avais pas assez d'essence dans le réservoir."

Quel a été meilleur moment du Tour ?

"Aujourd'hui, à l'entrée du stade Vélodrome, avec Romain Bardet en point de mire. Pour moi, c'est un grand tour dans le sens où il a fallu être efficace, prévoyant, pendant trois semaines. La différence ne s'est pas faite sur une étape."

Votre fierté est-elle atteinte de gagner par moins d'une minute d'écart, sans avoir fait exploser la course ?

"Pas du tout. Je connaissais la nature du Tour cette année, ce qu'il fallait faire pour réussir sur trois semaines."

Allez-vous essayer de placer Mikel Landa (4e, à 1 seconde de la 3e place) sur le podium ?

"Je n'en ai pas discuté avec les autres de l'équipe mais ça m'étonnerait beaucoup. La bataille pour le classement général est terminée. Demain (dimanche), c'est une bataille entre sprinteurs."

Parmi les détenteurs du record, en avez-vous un pour modèle ?

"Je ne suis pas trop du genre à chercher un modèle. J'ai ma façon de faire les choses, je me concentre sur un objectif et je donne tout. J'ai beaucoup de respect pour eux. Mais j'ai commencé le cyclisme en Afrique, tardivement. Je n'ai pas regardé le Tour de France avant, à l'époque mes premiers souvenirs du Tour étaient Armstrong et Basso."

Vous avez été sifflé par des spectateurs...

"Je pense que c'est parfaitement normal avec un Français en deuxième position, à 23 secondes. On était au coeur de Marseille, on terminait dans un stade de football, ce n'est pas surprenant. Je ne leur en veux pas. J'ai eu plus de soutien dans ce Tour que les autres années et je veux remercier le public, les fans. Le Tour est une course française, en France c'est une tradition familiale de venir."

Avez-vous changé depuis votre premier succès ?

"Je me sens plus vieux (sourire), j'apprends chaque année et je me développe en tant que coureur. Je suis plus complet. J'ai beaucoup travaillé la descente, le positionnement dans le peloton. Je peux encore progresser tactiquement."

Ce n'était pas l'année la plus facile pour votre équipe Sky...

"Je n'ai pas été vraiment concerné par ce qui s'est passé avec Sky. Je suis resté à l'écart et, franchement, ça ne m'a pas trop perturbé."


Le résultat "le plus important de ma carrière" se réjouit Rigoberto Uran, deuxième

Le Colombien Rigoberto Uran (Cannondale) a jugé que sa deuxième place au Tour de France acquise samedi à Marseille après le contre-la-montre était le résultat le "plus important" de sa carrière.

"Etre deuxième du Tour est la chose la plus importante de ma carrière sportive", a dit le coureur de Cannondale, qui s'était auparavant classé à deux reprises deuxième du Giro (2013 et 2014).

"Le Tour était très ouvert avant le chrono. Je savais que Froome était un rival compliqué et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour gagner mais cela n'a pas été possible", a ajouté Uran, vainqueur d'étape le 9 juillet à Chambéry.

Troisième à 29 secondes de Froome avant le contre-la-montre, Uran a doublé le Français Romain Bardet pour monter sur la deuxième marche du podium à 54 secondes du Britannique.

"Froome avait une équipe très forte cette année qui a contrôlé les étapes du début à la fin. C'est un grand champion qui a gagné quatre Tours", a encore dit Uran, déçu d'avoir perdu du temps lors du contre-la-montre inaugural de Düsseldorf.

"La clef pour moi dans le Tour par rapport à Froome c'est les (51) secondes que j'ai perdues dans le prologue de Düsseldorf car dans la montagne, il n'y a pas eu de grandes différences" avec le maillot jaune, a souligné le Colombien.


Greg Van Avermaet veut terminer la saison en numéro 1 du WorldTour

Greg Van Avermaet, qui traîne un solide rhume depuis plusieurs jours, attend avec impatience la fin du Tour de France. "Ce contre-la-montre était encore un supplice obligatoire. Dimanche, le Tour est terminé", a expliqué le coureur BMC, 86e de l'étape.

Van Avermaet est aux prises avec un mauvais rhume, qui l'a empêché d'être en pleine forme. "Je suis content de mon Tour. J'ai fait ce que je devais faire. Evidemment, j'aurais aimé gagner une étape. Dommage, ça n'a pas été la cas. J'ai un seul regret, celui de ne pas avoir participé à l'échappée de vendredi. Mais je dois être honnête: je n'avais pas les jambes. Cela fait plusieurs jours que je suis enrhumé et vous le ressentez pendant l'effort", a regretté le champion olympique.

Pas de victoire d'étape contrairement aux deux années précédentes et le maillot jaune en 2016. "Ce n'est pas mauvais. Cette année, le parcours était aussi un peu contraire. Il n'y avait pas beaucoup d'opportunités pour un coureur de mon style".

S'il a commencé le compte à rebours en vue de l'arrivée à Paris, Van Avermaet songe toutefois à ses prochains objectifs. "Je tiens tout particulièrement à prendre encore beaucoup de points dans le WorldTour. Même si Froome gagne le Tour, je reste en tête et je veux terminer la saison en tant que numéro 1. Le GP Québec et GP de Montréal sont des épreuves, qui me vont bien et qui rapportent beaucoup de points. Si je preste bien là-bas, je peux terminer la saison comme le meilleur du monde. C'est tout à fait unique dans une carrière".