Tour de France

La puissance collective de l’équipe britannique est unique dans le peloton.

Le constat avait été posé par Alberto Contador avant même le Grand Départ du Tour dans la Manche. "Si je dois envier une seule chose à Chris Froome, c’est la force de l’équipe sur laquelle il peut compter", jugeait ainsi le Pistolero. "Le Team Sky pourrait aligner une équipe B capable de prétendre à un podium…"

La puissance du collectif britannique, impérial sur tous les terrains depuis les premiers coups de pédale donnés au Mont-Saint-Michel, impressionne quand elle n’agace pas des fans en manque de spectacle. Si regarder passer le train de la Sky ne provoquera jamais de Ola! dans les cols alpins et pyrénéens, la performance athlétique suscite toutefois une forme de respect chez des adversaires parfois un tantinet résignés.

"Ils sont vraiment très forts", soufflait ainsi Nairo Quintana dimanche soir, après l’arrivée à Culoz. "Ils étouffent toutes les attaques par leur tempo endiablé. Nous avons essayé de passer à l’offensive et les Astana aussi, mais c’était tout simplement impossible…"

Rowe, Stannard et Kiryienka pour tirer de longs bouts droits dans la plaine à côté des Thomas, Henao, Landa, Nieve et Poels pour épauler Froome dans la montagne : la sélection a les allures de véritable dream team !

"Certains de leurs gars seraient assurément leaders dans de nombreuses autres équipes présentes sur cette Grande Boucle", juge Maxime Monfort, quinze grands Tours au compteur et observateur attentif des deux premières semaines de ce Tour de France. "J’entends les commentateurs regretter l’attentisme de certains prétendants comme Quintana par exemple, mais lorsque le groupe des favoris monte un col à 400 watts, il est pratiquement impossible de poser une attaque sous peine d’exploser en vol quelques hectomètres plus loin…"

Si la formation britannique a élargi son terrain de chasse en enlevant son premier monument sur le dernier Liège-Bastogne-Liège (Poels) ou en remportant le Grand Prix de l’E3 (Kwiatkowski) cette année, les grands Tours restent la priorité absolue de la formation noire-azur.

"Tout leur recrutement est effectué en ce sens", poursuit Monfort. "Des gars comme Poels, Henao ou Landa font assurément partie des meilleurs grimpeurs du monde et pourraient prétendre à un podium, mais ils ont accepté de sacrifier leurs ambitions personnelles contre un joli chèque. Cette équipe a la réputation de très bien payer ses coureurs et il est souvent plus confortable pour un cycliste d’endosser le costume d’équipier que celui de leader. La pression est en effet nettement moins importante. L’approche hyper pro des Sky a aussi le pouvoir de tirer les gars vers le haut dans une évolution qui reste toutefois totalement rationnelle. Si je devais transposer la domination du collectif de Sky dans une autre discipline, je dirais qu’ils sont un peu au Tour de France ce que le PSG est à la Ligue 1."

Pour illustrer la puissance de feu de la formation britannique, nous avons couché sur papier l’équipe B qu’elle aurait pu aligner sur cette Grande Boucle . Cela fait saliver…


Le leader

Leopold König Tchèque 28 ans

1 Tour de France : deux participations

2 Grands Tours : 4 (9e de la Vuelta 2013, 7e du Tour 2014 et 6e du Giro 2015)

3 Victoire d’étape : une sur la Vuelta

Révélé au grand public en 2014 par la grâce de sa septième place finale sur le Tour de France, celui qui évoluait alors au sein du Team NetApp a rejoint le Team Sky en 2015 pour y endosser le costume d’équipier de luxe. Avec trois Top 10 en quatre grands Tours disputés, sa régularité sur des épreuves de trois semaines en fait un coureur extrêmement fiable. Il hériterait du statut de leader dans une bonne moitié des équipes au départ de ce Tour de France.

Le lieutenant
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