Tour de France

Découvrez les réactions après la 19e étape.

En terminant cinquième, Thomas De Gendt a décroché son meilleur classement dans ce Tour de France. "C'était une belle échappée. A la fin, cela a été très tactique mais Boasson Hagen est un beau vainqueur. Il mérite ce succès pour son Tour costaud".

De Gendt s'est glissé pour la 11e fois dans une attaque ayant eu de la consistance. "Au départ, ce n'était pas prévu. L'objectif était de lancer un petit groupe et de contrôler la course pour André Greipel. Il voulait sprinter. C'est ce qu'il a dit lors de notre discussion. De toute évidence, cela n'était pas réalisable parce que la moitié du peloton voulait s'échapper. Comme cela aurait été très difficile, j'ai augmenté la cadence. Tout à coup, la vitesse a gagné en importance. Nous avons creusé l'écart et je figurais à nouveau dans la bonne échappée", a raconté le coureur de Lotto Soudal.

"Je savais que ce serait difficile de gagner. Le final était taillé pour des gars rapides. Ce n'était pas assez dur. Je devais m'enfuir pour l'emporter. Chavanel et Boasson Hagen avaient aussi ce plan-là en tête. Finalement, Edvald est parti et je ne pouvais plus espérer que la troisième place. J'ai lancé mon sprint de loin. On a vu que les autres avaient un punch dont je ne dispose pas. Ces garçons possèdent une grande accélération".

"Nous verrons bien pour le contre la montre. Dimanche, toute l'équipe se mettra au service de Greipel. Il a déjà gagné à Paris et a une grande chance. Nous n'avons pas encore décroché de victoire et nous allons tout faire pour y arriver".

De Gendt songe toujours au prix du Super Combattif. "J'ai pris part à onze échappées et vendredi, j'ai décroché ma première place d'honneur. C'est seulement la cinquième. J'espérais plus, mais c'est mieux que rien. Je dois tenir compte que je ne vais pas gagner ce prix du Super Combattif. Si je l'ai, ce sera très beau. Je ne pouvais quand même pas faire plus que ce que j'ai montré au cours de ces semaines. Je le mérite, d'accord. Barguil aussi. Et les Français restent des Français (NDLR- le jury est principalement composé de Français). Je ne vais pas me montrer très dur avec tout le monde. Ce vendredi soir, je boirai quelques Orval. J'en ai huit et je me demande encore si je vais en offrir quelques-unes. Ce soir, je célèbre la fin du Tour. Oui, ce soir. Cela peut se faire une fois".

"Ce n'est pas facile de remporter le vote par Twitter (NDLR- celui qui l'emporte reçoit un des sept votes pour le prix du Super Combattif). L'année dernière, Pantano recevait subitement plein de votes quand la Colombie se réveillait. C'est un grand pays. Ils sont si nombreux. Je trouve de toute façon le vote via twitter bizarre".

En Belgique, la VRT fait sa publicité. "Pour moi, elle peut y aller avec la publicité. Je suis prêt à faire pas mal de choses. Pas de problème: mes maillots peuvent être vendus aux enchères pour des oeuvres caritatives".


Boasson Hagen: "Je cherchais vraiment l'occasion et puis il y a eu ce rond-point"

Edvald Boasson Hagen (NOR/Dimension Data), vainqueur de l'étape: "Aujourd'hui, je voulais vraiment gagner, je suis super content. A plusieurs reprises, j'ai été proche d'une victoire et là, j'ai réussi. Je n'étais jamais sûr de gagner à 100%, il y en a d'autres qui ont attaqué. Lors des 2 ou 3 derniers kilomètres, je cherchais vraiment l'occasion et puis il y a eu ce rond-point. J'avais regardé ce finish avant en vidéo et je savais qu'en passant à droite, ce serait le plus rapide et donc j'ai attaqué à ce moment-là, j'avais quelques mètres d'avance quand on s'est rejoint, et c'était le bon moment. Nous avons perdu Mark (Cavendish) dès le début, toute l'équipe a travaillé dur pour moi depuis et nous avons fait de très bons sprints, je suis très content pour moi et pour l'équipe de ramener une victoire. Toute l'équipe était motivée pour le Tour de France, on n'allait pas rester là à rien faire pendant trois semaines. Et si nous pouvons sprinter sur les Champs-Elysées, nous essaierons encore."

Froome: "La course est loin d'être finie"

Le maillot jaune Chris Froome (Sky) a jugé vendredi à la veille du contre-la-montre décisif de Marseille que "la course était loin d'être finie" malgré sa supériorité face à ses rivaux Romain Bardet et Rigoberto Uran.

Comment vous sentez-vous avant le contre-la montre ?

"Demain, il faut que je ne perde pas la course. Il ne faut pas la gagner mais ne pas la perdre. Il faudra tout laisser sur la route et après on verra. C'est très serré entre les trois premiers au classement général. La course est loin d'être finie. Je me sens bien. Au final, je vais traiter ce contre-la-montre comme tous ceux que j'ai couru par le passé. Je vais tout bien faire, je ne vais pas y aller pour prendre des risques inconsidérés. Comme j'ai fait à Düsseldorf, quand je pourrai pousser, je pousserai mais ce n'est certainement pas une étape où je vais tout risquer. Je suis dans une situation fantastique maintenant, je préfère être dans celle-là que 2e, 3e ou 4e à devoir rattraper le temps sur quelqu'un d'autre. Ça me donne beaucoup de confiance".

On vous a vu saluer 'El Diablo' sur la route. Est-ce que c'était une journée relax ?

"'El Diablo' était là et c'est une légende du Tour ! Je pense qu'aujourd'hui était l'un de ces jours en particulier pour nous les leaders du classement général, qui avons été à fond dans les Alpes, où l'on peut juste rester dans les roues, récupérer et reprendre un peu d'énergie. On a encore une journée difficile à Marseille et j'apprécie ces étapes de transition, moins folles."

Dans le contre-la-montre, vous devrez porter la combinaison jaune fournie par le Tour et pas celle de Sky. Est-ce une déception ?

"Pour moi, c'est un grand honneur d'être en jaune à ce moment de la course. Je n'aurai pas aimé être dans une autre position derrière le leader de la course. J'ai porté la combinaison fournie par l'organisation quasiment à chaque fois que j'ai gagné le Tour et cela ne m'a jamais posé aucun problème. A la fin, ce n'est qu'une histoire de jambes."


Bakelants n'aurait jamais laissé une victoire au Tour à un autre Belge

Jan Bakelants a pris part à la bonne attaque le jour de la fête nationale. "Une entente avec les autres Belges? Non, je n'y ai jamais pensé", a expliqué le coureur AG2R, qui s'est classé 8e.

"Que pouvais-je faire dans un final pareil? Avec le vent toujours contre et aussi plat. Tout cela contre des hommes tous capables d'enrouler un gros braquet, qui se sont tous retrouvés dans le bus lors des étapes de montagnes. Keukeleire, Boasson Hagen et Bennati: ce sont les hommes qui ont joué un rôle en vue ce vendredi. En montagne, ils sont assez bons pour ne pas perdre une minute avec le bus alors que moi, j'ai travaillé dans l'Izoard. Dans ce cas, vous savez que ce sera difficile", a raconté Bakelants. "Sur la montée de 3e catégorie, je me sentais très bien. J'étais l'un des meilleurs. Je pense aussi que cela a été remarqué dans les voitures et que l'on a averti les coureurs: 'Surtout, le laissez pas partir Bakelants!' J'avais ma tactique: ne pas laisser aller un Fortuneo ou un Direct Energie. Je savais qu'ils auraient alors encore deux hommes en couverture et que cela ne roulerait plus derrière. Pour le reste, j'ai encore senti qu'ils étaient nombreux à pouvoir prendre ma roue. Ils se sont dit: 'Maintenant j'arrête de rouler.' C'était très frustrant. En plus, j'étais conscient que cela aurait été fini pour moi". Bakelants n'était pas avec Boasson Hagen, quand le Norvégien a intelligemment manoeuvré dans un rond-point. "Bien joué. C'était pas mal vu de prendre par la droite. Non, je ne savais pas que cela était plus rapide. Ce sont des choses sur lesquelles les leaders font la différence. Mais bon, les cartes ne sont pas toujours claires non plus. J'ai vu trop tard que prendre par la droite était la meilleure option". Bakelants a-t-il songé à un entente entre Belges? "Non. C'est bien trop important pour moi. Je ne laisserai jamais une victoire à un autre. Et il ne le ferait pas non plus pour moi".


Romain Bardet (FRA/AG2R La Mondiale), 2e du général: "Il n'y a pas à réfléchir. Il faut aller à fond, ne pas se poser de question. Au stade Vélodrome, à l'arrivée, c'est comme si on voyait les Champs-Elysées. J'ai fait un beau Tour de France, j'ai à coeur de le terminer le mieux possible. J'espère un combat loyal, d'homme à homme, et ne pas avoir de regrets. Je pense à faire ces 22 kilomètres le plus vite possible et on fera le point à l'arrivée."

Sylvain Chavanel (FRA/Direct Energie), 6e de l'étape: "On est toujours déçu de passer si près mais dans l'échappée, il y avait du lourd, notamment au sprint. C'était déjà difficile de se retrouver à l'avant. Ça s'est fait au mental dans le premier grimpeur parce que c'était la dernière étape pour les baroudeurs. Cette victoire est logique avec ce que Boasson Hagen a démontré depuis le début du Tour. Je ne suis pas un pur grimpeur ni un pur sprinter. Aujourd'hui, pour gagner des courses, il faut se spécialiser, c'est le cyclisme moderne."


Elie Gesbert (FRA/Fortuneo), 7e de l'étape: "Je suis un peu déçu mais content d'être là encore en troisième semaine. Dans le final, je me suis retrouvé avec des costauds. J'ai fait ce que j'ai pu mais c'était compliqué. On a parlé avec mes deux coéquipiers dans l'échappée. Mais ça s'est fait aux 20 kilomètres, sur un long faux-plat. J'y suis allé et, derrière, la cassure a été faite. Pour la victoire, Boasson Hagen était vraiment fort. C'est de bon augure pour les prochaines années."

Lilian Calmejane (FRA/Direct Energie), 11e de l'étape: "Ce n'était pas une journée cadeau. C'est le mental qui importait le plus. Mais c'était aussi la dernière chance de briller. Nous étions trois dans l'échappée de 20 coureurs, on a montré qu'on avait du panache."

Rigoberto Uran (COL/Cannondale), 3e au classement général: "Demain sera le jour le plus important de ma carrière. Je dirai que c'est le contre-la-montre le plus important que j'ai jamais disputé alors que j'arrive au dernier jour si près de la victoire. Il faut toujours espérer jusqu'à la fin, aller toujours au bout."

Jens Keukeleire (BEL/Orica): "Je suis un peu déçu quand même. C'était bien qu'on ait eu deux personnes dans l'échappée mais Boasson Hagen, ce n'est pas n'importe qui, c'est l'un des meilleurs coureurs au monde et on l'a vu dans le final aujourd'hui. On a été malchanceux au rond-point, on a choisi le mauvais côté. Je ne dis pas que je l'aurais battu dans le sprint mais j'aurais voulu essayer."

Michael Matthews (AUS/Sunweb), maillot vert: "Ces deux dernières nuits, depuis que j'ai le maillot (vert), j'ai vraiment du mal à dormir. Cela a peut-être affecté ma performance ces derniers jours. Mais tous nos rêves sont devenus réalité dans cette course, la plus importante de l'année, c'est vraiment spécial mais on a travaillé dur pour cela. J'ai carrément dormi avec le maillot mais il faisait un peu chaud durant la nuit du coup j'ai dû l'enlever."