Tour de France Du départ en Vendée au chrono à Espelette, à la veille de l’arrivée, le 105e Tour de France s’annonce truffé d’embûches et de difficultés.

Une fois encore, les organisateurs du Tour de France, qui présentaient ce mardi la 105e édition de leur épreuve, ont réussi la prouesse de ne pas reproduire le schéma habituel.  "Nous voulons toujours innover, varier au maximum, alterner les étapes longues et courtes, proposer de nouveaux cols, espérer que le vent joue un rôle sur certaines étapes…", assure Christian Prudhomme.


Quel parcours ?

Du Grand Départ en Vendée, le samedi 7 juillet 2018 (pour cause de Coupe du monde de foot), à l’arrivée à Paris, le 29, le tracé se divise en trois temps forts. D’abord, une première grande partie (9 étapes) dans la plaine, dans le Grand Ouest, Vendée, Pays de la Loire, Bretagne, Beauce puis Picardie avant le Nord. Si les sprinters trouveront leur intérêt, notamment le premier jour, plusieurs étapes s’adressent aux coureurs de classiques.

Comme celle de Quimper ("Il y a une dizaine de côtes dans la finale", dit Thierry Gouvenou, concepteur du tracé), celle de Mûr-de-Bretagne, laquelle sera escaladée deux fois en seize kilomètres, et bien sûr celle de Roubaix et ses pavés.

En bordure du littoral, mais aussi dans la Beauce, le vent, s’il y en a, en été, pourrait aussi faire exploser la course. Au matin du dixième jour de course, après la première journée de repos à Annecy, les coureurs aborderont la montagne. Le deuxième volet majeur du Tour se jouera dans les Alpes qui proposent trois jours cruciaux. Enfin, l’an prochain, c’est dans les Pyrénées, trois étapes de montagne et une de plat (!) et au Pays basque (le seul chrono individuel de cette édition, à la veille de l’arrivée) que se jouera la victoire.


Qu’est ce qui change ?

Par rapport à l’an dernier, on note le retour du chrono par équipes (35 km le 3e jour après une absence les deux dernières années). Celui aussi d’une étape avec des pavés. Le dimanche 15 juillet, entre Arras et Roubaix, les coureurs devront franchir pas moins de quinze secteurs, quasi tous empruntés à Paris-Roubaix, pour un total de 21 km 700. Lors des trois derniers passages de la Grande Boucle dans l’enfer du Nord, il n’y avait que 13 km de pavés.

Cette 105e édition verra aussi le retour très symbolique (1,8 km) de chemins empierrés sur le parcours, sur le plateau des Glières, haut lieu de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, dans la première partie de la 10e étape, le 17 juillet.


Mais encore ?

Autre changement, plus significatif, l’introduction, dans la finale des huit premières étapes en ligne, d’un sprint bonification offrant 3, 2 et 1 seconde. "Par exemple", explique Prudhomme, "dans l’étape de Mûr-de-Bretagne, il sera tracé peu après le premier franchissement de la côte, pour inciter des coureurs à attaquer et à poursuivre leur effort ".

Enfin, dernière nouveauté, d’ordre réglementaire, les équipes n’auront plus que huit, et non neuf, coureurs. C’est, en matière de contrôle de la course, un changement important, qui devrait pénaliser les formations, comme Sky, qui veulent tout cadenasser.


À qui s’adresse ce Tour ?

C’est une lapalissade d’affirmer qu’il est dessiné pour un coureur complet. Mais c’est vrai qu’il ne s’agira pas exclusivement d’être excellent grimpeur (25 cols de 2e, 1re et hors catégories, ce qui est un peu plus que cette année), voire bon rouleur (un seul chrono individuel, placé en toute fin de Tour, pas très long et très athlétique). Le vainqueur du Tour 2018 devra surtout éviter les pièges disséminer dans la première partie de la course, les étapes bretonnes très vallonnées, les risques de bordures et les pavés du Nord.


Qui sont les favoris ?

Aujourd’hui, Chris Froome est évidemment le principal candidat à sa propre succession. Ses suivants cet été, Rigoberto Uran et Romain Bardet, peuvent se montrer satisfaits de ce qu’ils ont découvert sur l’écran géant du palais des Congrès de Paris, même si tous deux seront handicapés par le chrono par équipes. Pour diverses raisons, les trois principaux adversaires du quadruple maillot jaune pourraient être Richie Porte, Nairo Quintana et Vincenzo Nibali. Ce dernier, surtout, qui de tous est le meilleur spécialiste des classiques, pourrait sortir en position de force de la première partie du Tour, ce qui lui avait particulièrement réussi en 2014.

Présenté comme le futur principal adversaire de Froome, Tom Dumoulin doit être déçu par un tracé qui ne fait pas la part belle aux chronos. Les autres, les Thibaut Pinot, Fabio Aru, les frères Simon et Adam Yates, Esteban Chaves ou Ilnur Zakharin doivent d’abord franchir un palier avant d’espérer pouvoir se mêler à la lutte pour la victoire. À eux de profiter de ce tracé intéressant et prometteur pour le faire.


Toutes nos excuses

Dans notre parution papier de ce mercredi 18 octobre, une erreur s'est glissée en page 12 puisque la carte du Tour 2018 n'est pas la bonne. Pas plus que la date de son grand départ. En effet, le Tour s'élancera le samedi 7 juillet et non le 30 juin. Les spectateurs "multisports" pourront ainsi profiter plus longtemps de l'enchaînement Coupe du monde - Tour de France !

Voici la bonne carte:

© D.R.