Tour de France Jean-François Bourlart, le manager, se réjouit de voir son équipe sur le Tour.

Cela fait plusieurs années que l’équipe Wanty-Groupe Gobert espère faire un Grand Tour. Elle a enfin été récompensée, avec cette sélection pour le Tour de France. Entretien avec Jean-François Bourlart, le manager de cette équipe.

Jean-François, c’est un rêve qui se concrétise ?

Oui ! Nous sommes vraiment très heureux d’avoir obtenu cette sélection. Pour notre équipe, c’est tout simplement magnifique. Je dois bien dire que je peine encore à réaliser ! C’est une grande joie au sein de tout notre effectif, des coureurs aux membres du staff. Certains ont pleuré de joie en recevant cette belle nouvelle. Pour nous, c’est une belle récompense. Et une grande fierté !

Que de chemin parcouru depuis le Vélo Club d’Ath ! À l’époque, au début des années 2000, dans cette équipe espoirs, vous vous imaginiez un jour au départ du Tour de France ?

Oui, c’est vrai, nous avons une histoire magnifique. Nous avons suivi une belle progression. Nous n’avons pas brûlé les étapes. Pour finalement nous retrouver au départ de la plus grande course du monde. C’est incroyable. L’émotion est donc forte, surtout avec l’année que nous avons connue en 2016, avec le décès d’Antoine Demoitié, à qui nous pensons énormément, tout comme à Astrid, sa compagne. Je ne sais pas si, à l’époque du VC Ath, j’imaginais être au départ du Tour de France, même si c’était un rêve. Mais j’aime les défis, les challenges. Que ce soit dans mon boulot ou dans la vie de tous les jours. Nous avons commencé quasiment à zéro. Et nous avons toujours progressé, en gagnant une grande classique l’an passé, avec l’Amstel Gold Race. Ici, cette sélection au Tour de France, c’est une nouvelle grande victoire. Mais nous voulons continuer à grandir. Et je pense que c’est aussi la volonté de nos sponsors. Notre histoire n’est pas finie.

Vous étiez confiant par rapport à cette sélection ?

Disons que je n’y croyais pas à 100 %, car il y a tellement de choses qui interviennent dans le choix des organisateurs. Mais Christian Prudhomme et son équipe sont des gens hypercorrects, qui, pour le choix de la wild card laissée libre par Bora (qui monte en World Tour, NdlR), ont pris la première équipe continentale.

Que pouvez-vous atteindre, sportivement, sur le Tour de France ?

C’est difficile à dire. Aujourd’hui, nous n’avons pas un coureur pour le classement général. Nous en avons peut-être un pour le futur, avec Guillaume Martin. Mais nous n’allons pas lui mettre de pression pour sa première participation à un Grand Tour. Nous verrons au jour-le-jour. Nous viserons quelques étapes. Avec le bon bloc. Et le bon staff.


"Nous ferons tout pour nous montrer !"

Mais si nous sommes encore loin du mois de l’été et du Grand Départ du Tour de France, qui aura lieu à Dusseldorf le premier juillet, Jean-François Bourlart et la direction de l’équipe ont-ils déjà une idée de la présélection des coureurs qu’ils aligneront sur la course au maillot jaune ? "C’est effectivement encore un peu loin", répond le manager. "Mais nous compterons bien évidemment sur Guillaume Martin. Sur Yoann Offredo aussi, je pense, qui en a fait un objectif, surtout qu’il n’a jamais disputé le Tour de France au cours de sa carrière. Je crois que Guillaume Van Keirsbulck doit aussi avoir le Tour de France dans un coin de sa tête. Nous aurons aussi besoin de grimpeurs." Comme Thomas Degand ? Tandis que Kevin Van Melsen pourrait jouer les échappées et le coéquipier ? "C’est une idée, oui ", poursuit Jean-François Bourlart. "Degand fait partie de nos grimpeurs, tout comme Guillaume Levarlet, qui a l’expérience d’avoir terminé plusieurs Grands Tours, dont celui de France. Après, c’est certain que nous voudrons attaquer, courir de manière agressive. C’est notre carte de visite. Nous ferons tout pour nous montrer. Kevin est un offensif. Mais nous ferons le point en cours de saison, pour voir qui est en état de forme pour aller au Tour de France."