Tour de France

Découvrez les réactions après la 18e étape.

Le maillot à pois français Warren Barguil (Sunweb) s'est dit jeudi "sur une autre planète" après sa deuxième victoire d'étape sur le Tour de France en haut de l'Izoard.

Que ressentez-vous après cette victoire ?

"J'ai toujours du mal à réaliser, pour moi c'est un rêve ces trois semaines de Tour. Je suis plus haut que les nuages, je crois que j'ai quitté la Terre là. Je suis sur une autre planète."

Vous avez su attaquer au bon moment...

"Quand j'ai attaqué, je voyais que Contador était pas loin, je voulais essayer de gagner une place au général. Ensuite, j'ai pris mon tempo, je savais pas qui était devant. Quand j'ai rattrapé Tony (Gallopin), je pensais que j'étais en tête et j'ai vu qu'il y avait Atapuma devant. Je me suis remémoré le Tour de Suisse quand il était échappé et que j'avais fini deuxième derrière lui pour très peu de choses l'an passé. Je me suis dit 'Ça va pas se passer comme ça, faut vraiment que je le passe'. Je gagne, c'est exceptionnel. Battre les meilleurs en haut de l'Izoard, j'y aurais jamais pensé."


Que voulait dire votre geste lors de votre victoire ?

"Le geste, c'est pour mes grands-parents qui sont décédés. J'avais mes deux papis qui suivaient énormément le vélo et, pour moi, c'était la dédicace que j'avais pour eux. C'était un moment émouvant car je les oublie pas et j'ai vraiment pensé à eux en passant la ligne."

Que ressentez-vous à l'idée d'arriver à Paris avec le maillot à pois ?

"Être sur le podium à Paris avec ce maillot, c'est incroyable, c'est un rêve de gosse. Il me reste à pas tomber demain et, dans le chrono, je vais faire très attention. Je pense que je l'ai mérité et je vais même le porter chez moi, je pense."

Vous vous rendez-vous compte que vous allez changer de dimension ?

"Après beaucoup de malchance, la chance tourne enfin. J'ai eu beaucoup de gros problèmes mais j'ai jamais rien lâché et, aujourd'hui, ça paie. Il y en a pas beaucoup qui savent ce que j'ai enduré. Je confirme que je ne suis pas un grand champion qui a gagné un grand Tour comme des Contador ou des Quintana mais je ne suis pas non un cycliste lambda. Je n'y croyais pas trop, y en a beaucoup qui ont cru en moi et qui m'ont dit 'avec la fraîcheur que tu as, sur le Tour, tu vas vraiment t'impressionner' et ouais je m'impressionne."

Du coup, pensez-vous jouer le classement général l'année prochaine ?

"Si je reviens au Tour l'année prochaine avec les mêmes jambes, je pense que le général c'est possible. Après, aller gagner, pour moi il y a encore une grosse marge. Faire dans les cinq premiers, j'ai toujours dit que c'était un de mes objectifs. Mais on va pas griller les étapes, on va savourer le moment présent et on parlera de l'année prochaine en temps voulu."

Qu'est-ce qui fait la force de votre équipe ?

"Je pense qu'on est une équipe très soudée, c'est comme une famille, tout le monde travaille pour tout le monde. Michael (Matthews) pour moi, moi pour Michael. Entre le Giro et le Tour, cette année, c'est exceptionnel pour l'équipe."


Froome: "J'ai fait le plus difficile"

Chris Froome a estimé avoir "fait le plus difficile" en gardant le maillot jaune au sortir de la 18e étape, la dernière de montagne dans le Tour de France 2017, jeudi, au col d'Izoard.

Etes-vous satisfait du bilan même si vous n'avez pas gagné d'étape ?

"Je suis content. Mes équipiers ont fait un très bon travail pour contrôler. Les AG2R ont mis la pression et on a essayé d'attaquer dans les 2-3 derniers kilomètres. Mais il était impossible de distancer Rigoberto Uran et Romain Bardet. Cette année, j'ai passé les Alpes sans problème. A mon avis, j'ai fait le plus difficile. Maintenant, il reste le contre-la-montre. Quant à la victoire d'étape, cela aurait été formidable si j'avais pu gagner au sommet du col le plus emblématique du Tour mais mon but est d'avoir le maillot jaune. Si j'arrive à Paris en jaune, je n'aurai aucun regret."

Il semble que Mikel Landa, votre coéquipier, a le niveau pour prétendre gagner le Tour...

"Je ne vais certainement pas dire le contraire. Il a connu une première semaine de Tour assez difficile car il avait le Giro derrière lui. Mais il est revenu en forme à temps, pour les étapes de montagne. On a vu dans un final aussi difficile que celui d'aujourd'hui qu'il a été capable de faire le tempo. Il a le moteur pour être parmi les grands, il peut certainement jouer le classement général à l'avenir."

Uran est-il votre principal rival en vue du contre-la-montre ?

"Oui, sans aucun doute. 'Rigo' est la plus grande menace. Parmi les coureurs du classement général, il est le plus fort après moi dans le 'chrono'. Et il a seulement 29 secondes de retard."


Serge Pauwels et Tiesj Benoot "contents" de leur Tour

Serge Pauwels (Dimension Data) et Tiesj Benoot (Lotto Soudal) se sont une nouvelle fois montrés les meilleurs Belges en montagne en franchissant en 20e et 22e position la ligne d'arrivée de la 18e étape du Tour de France au sommet du Col d'Izoard. Les deux hommes ont tiré un bilan positif de leur trois semaines.

Déjà à l'attaque mercredi, Pauwels s'est une nouvelle fois retrouvé dans la bonne échappée ce jeudi. "J'avais l'intention d'en faire partie. Le groupe de tête était trop grand mais je suis quand même parti à l'attaque. Parfois, c'est plus facile de rester avec les favoris. J'étais très fatigué en début d'étape car mes jambes étaient lourdes à cause d'hier. Je dois remercier mes équipiers Jaco Venter et Steve Cummings pour leur aide", a expliqué le Lierrois, 18e au général.

Maintenant que les montagnes sont franchies, Pauwels peut juger avec satisfaction la prestation fournie au long des trois semaines. "Je suis très content de mon Tour. Je me suis très bien senti tout au long des trois semaines. La première semaine, je suis resté beaucoup dans les roues et j'ai eu du mal à me retenir car j'avais de bonnes jambes. Heureusement, j'ai bien pu montrer que mes jambes répondaient bien dans la dernière semaine."

Tiesj Benoot a lui aussi affiché sa bonne volonté ce jeudi mais a été bloqué par les crampes. "A la fin j'ai dû lutter contre les crampes et cela m'empêchait de bien pédaler".

Débutant sur le Tour, le Gantois de 23 ans ne peut qu'être satisfait de sa prestation et de sa 19e place provisoire au classement général. "J'ai pu faire ce que je voulais faire donc je suis content. Je n'ai pas obtenu un grand résultat donc j'aimerais bien revenir l'an prochain pour faire mieux avec les mêmes ambitions que cette année. Si je suis dans un bon jour et que je me retrouve devant avec des coureurs qui ne sont pas trop forts en montagne, j'ai ma chance. Demain, il y a encore une possibilité pour moi et ça pourrait être intéressant."


Rigoberto Uran (COL/Cannondale), 5e de l'étape et 3e du général: "L'important est d'être devant, de ne pas perdre de temps. On a monté fort l'Izoard, c'était très dur mais ça s'est bien passé pour moi. On savait que ce serait compliqué. C'est difficile d'attaquer les Sky. Le contre-la-montre est très important. Il est assez difficile, en fin de Tour."

Mikel Landa (ESP/Sky), 6e de l'étape et 4e du général: "On avait étudié la possibilité que j'attaque, pour obliger Bardet à se dévoiler. J'ai pensé à la victoire d'étape mais il y avait encore deux coureurs devant. Après, Chris (Froome) m'a appelé et je l'ai attendu. La prochaine étape ? On va essayer de la passer le plus tranquillement possible."

Fabio Aru (ITA/Astana), 13e de l'étape et 5e du général: "Ma bronchite ? les problèmes physiques font partie du sport, il faut l'accepter. La cinquième place n'est pas à jeter aux orties mais, bien sûr, je voulais plus de ce Tour de France. Malgré la déception de ces deux dernières étapes, nous devons être satisfaits du travail accompli ces derniers mois. Il n'a pas été facile de revenir à un niveau élevé après ma blessure. J'ai donné mon meilleur, aussi pour les nombreux supporters qui sont venus m'encourager."

Dan Martin (IRL/Quick Step), 6e au classement général: "J'ai essayé de maintenir la pression sur Aru qui souffrait. Je voulais aussi voir si je pouvais distancer Froome et créer un trou, avant qu'il ne revienne. J'ai trouvé cela étrange que personne d'autre n'attaque, on aurait dit qu'ils voulaient protéger leurs places dans le classement général mais c'est leur décision. Pour ma part, j'ai tout donné et je suis heureux et fier d'être ici avant le week-end final. C'est une performance vu ma chute de la première semaine et l'abandon de plusieurs de mes coéquipiers."

Darwin Atapuma (COL/UAE Emirates), 2e de l'étape: "J'imagine que toute la Colombie était paralysée pendant l'étape. Je suis content de ce que j'ai fait mais je rêvais d'offrir un triomphe à la Colombie le jour de notre fête (nationale) du 20 juillet. Cela n'a pas été possible mais on a essayé jusqu'à la fin. C'est quasiment une victoire".

Alberto Contador (ESP/Trek), 10e au général: "J'ai eu de très mauvaises sensations toute la journée peut-être à cause de la lutte d'hier. Ce fut difficile, je n'avais pas les mêmes jambes qu'hier. C'est sûr que cela n'est pas le Tour que j'aurais souhaité mais je suis content d'avoir donné le maximum chaque jour".