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Le Car-Pass n’est pas né par hasard il y a douze ans. Dans le contexte de l’époque, la fraude kilométrique était une activité risquée, mais généralisée à l'achat d'un véhicule d'occasion. Pourquoi dès lors, malgré l’efficacité de cet instrument, devez-vous toujours rester vigilant aujourd’hui ?

Les histoires de victimes dont le kilométrage a été réduit de dizaines de milliers de kilomètres sur leur véhicule acheté d'occasion ne se comptent plus, certaines arnaques allant même jusqu’à 200.000 kilomètres réels de plus que ceux affichés au compteur ! S’il existe toujours un risque que le vendeur à qui vous achetez votre véhicule d'occasion mente sur l'histoire du véhicule, ce risque est devenu assez faible, en Belgique, grâce à l'introduction du Car-Pass obligatoire. Le Car-Pass garantit une mise à jour de l’historique du compteur à chaque vente d’un véhicule, comme lors de tout entretien ou réparation éventuelle. Ainsi, sur les 800.000 attestations Car-Pass annuellement délivrées, moins de 1800 cas de fraude sont aujourd’hui détectés.

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Moins-value

Le fait que ce chiffre, même si marginal, ne soit pas encore réduit à zéro démontre toutefois que la vigilance doit rester de mise. Les acheteurs doivent exiger la production d’un Car-Pass, surtout lorsque l’on sait les risques que l’on prend avec un véhicule dont le kilométrage a été considérablement réduit. Tout d’abord, vous aurez payé votre véhicule nettement trop cher (n’oubliez pas que kilomètres = usure) pour un véhicule qui vaut en réalité beaucoup moins. Si vous découvrez la fraude trop tard, vous serez perdant à la revente puisque la plupart des acheteurs fondent leur acte d’achat sur le kilométrage annoncé. Pire, outre le fait que cela impacte sur la fiabilité du véhicule, les garagistes se basent sur le nombre de kilomètres parcourus pour effectuer le remplacement de certaines pièces cruciales, comme la courroie de distribution et le joint de culasse.

Frais inattendus

Si certaines pièces s’avèrent plus rapidement usées après l’achat, à cause d’un compteur kilométrique trafiqué, des frais inattendus vont s’ajouter. Cette usure peut également causer des dommages aux autres composants du véhicule. En d’autres termes, un véhicule avec un compteur falsifié risque de devenir rapidement un véhicule « malade ». Exemple : vous achetez une voiture d'occasion avec 100.000 kilomètres au compteur, mais à votre insu 30.000 kilomètres sont passés à la trappe. Une courroie de distribution doit normalement être remplacée après 180.000 kilomètres. Vous ne vous attendez pas à la dépense au vu du kilométrage affiché. Et pourtant, le compteur tourne et votre véhicule risque de vous lâcher sans que vous vous y attendiez. Lorsque cela arrive en conduisant, cela peut s’avérer aussi très dangereux. Un véhicule qui n’est pas fiable peut causer des accidents.

Simple à falsifier

Saviez-vous qu’il n’est pas très compliqué de trafiquer un compteur kilométrique ? Avec les compteurs mécaniques, il y a plusieurs manières de le faire : en faisant patiemment reculer les chiffres en arrière ou, avec un peu plus de dextérité, en ouvrant le boîtier pour opérer la modification de l’intérieur. Mais, la fraude au kilomètre peut également être commise sur des compteurs électroniques. Cela nécessite un équipement spécialisé (il s’agit de correcteurs kilométriques numériques, tels que Tacho Pro et Diga Consult), mais qui sont facilement disponibles sur Internet.

En bref, il est facile de falsifier un compteur. Ce pourquoi, il est crucial que vous exigiez un Car-Pass à l’achat d’un véhicule d’occasion et que vous vérifiez la régularité du document avant de finaliser votre achat.
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