Dominio de Longaz, qualité et élégance

Dirk Rodriguez & Marc Vanel Publié le - Mis à jour le

Essentielle Vino Dernier vignoble visité, Dominio de Longaz mise surtout sur le Grenache et sur les cépages du sud de la France. Les premiers vins sont prometteurs !

Silvia Tomé, oenologue
© Dominio de Longaz

Dominio de Longaz, c’est avant tout 70 ha de vignes d’un seul tenant autour d’une propriété construite dans le plus pur style aragonais.
La plantation et les installations datent de 2003. A la tête des équipes depuis 2004, l’œnologue Silvia Tomé est originaire de Cariñena. Elle étudié l’œnologie à Madrid et à Dijon avant d’être recrutée par Bernard Magrez et son fils pour travailler successivement dans les chais de La Tour Carnet et de Fombrauge, mais aussi dans ses vignobles de Perpignan, de Toro et dans le Priorat. Depuis quelques années, la bodega mise clairement sur la Garnacha, qui, d’ici cinq ans, devrait avoir remplacé le Tempranillo qui se plait moins sur ce type de sols. Situé au pied de la Sierra de Algairén à 550 mètres d’altitude, le vignoble est mené en agriculture respectueuse de son environnement depuis son origine. Aucun insecticide n’a jamais été pulvérisé sur ses raisins, seul un peu de soufre est utilisé pour contrer les attaques d’oïdium, mais vu l’humidité réduite, cela n’arrive pas souvent.

Chêne de l’Allier
L’objectif de Dominio de Longaz est de produire des vins singuliers, avec une personnalité propre, mêlant tradition et expérience, avec les techniques les plus modernes. Cueillis de nuit et manuellement pour une large partie, les raisins fermentent soit en cuves inox avec des levures sélectionnées pour les vins jeunes (“Longaz”), soit en barrique avec des levures indigènes pour les plus vieux pieds de vignes (“Dominio de Longaz” et “Longus”).

Doté d’une capacité de production de 700.000 litres, le domaine est équipé d’un chai de 300 barriques provenant de cinq tonneliers différents, mais tous situés dans l’Allier, en Auvergne. « Nous voulons avant tout que nos vins reflètent l’essence la plus pure de la personnalité de la DO Cariñena, explique Silvia, et faire les vins les plus écologiquement acceptables, surtout que le sol et de climat nous le permettent largement dans de nombreux millésimes. »

© Dominio de Longaz

La dégustation

Trois vins nous ont été présentés à la dégustation, au chai, puis à table. Le vin le plus jeune tout d’abord, Longaz Garnacha 2016, offre un nez très expressif et une jolie couleur brillante. En bouche, le vin séduit par son volume et sa fraîcheur. Les saveurs habituelles du Grenache sont bien exprimées (fruits rouges, framboise, groseille) et sont très gourmandes. On est ici dans un vin d’entrée de gamme à moins de 7 euros.

Dominio de Longaz Crianza 2010 ensuite, un assemblage de Merlot, Syrah et Cabernet sauvignon à parts égales, qui séjourne un an en barriques. Comme 2010 était l’année d’achat des premières barriques, le goût boisé est ici assez marqué, mais le fruit a été bien préservé et l’acidité est équilibrée. Bien malin celui qui identifiera ce vin comme espagnol ! Parfait pour la table.

Même assemblage que le vin précédent pour la cuvée Longus 2010 (avec un peu plus de Syrah), les raisins sont issus des meilleures parcelles et des plus petits rendements. Les trois moûts sont élevés séparément pendant 18 mois en barriques. Le vin ne sera que très peu filtré et passe quasiment de la barrique à la bouteille.
A carafer donc pour que s’expriment au mieux tous les arômes de cèdre, de tabac, de café, de pain grillé ou de balsamique, mais le résultat est d’une grande maturité. A table, il nous a été donné de déguster le Longus 2006 : une véritable bombe d’épices et de concentration ! Malheureusement, il ne reste que quelques bouteilles. Patience, donc, les 2010 commencent à sortir…

© Dominio de Longaz
Dirk Rodriguez & Marc Vanel