Belgique

La lutte contre les violences conjugales a connu, en 2006, un véritable tournant. Dans les textes de loi, dans la façon dont la justice traite cette violence et dans une prise de conscience de la société à l’égard de ce phénomène.

Pourtant les violences conjugales ont été et restent toujours un fléau contre lequel sont engagées de nombreuses associations. Et malgré leurs efforts, une série de constats affligeants persistent. Dans le nombre de plaintes d’abord : en moyenne, 121 par jour étaient enregistrées en 2010 en Belgique.

Elles ne représentent pourtant qu’une fraction de l’ensemble des faits. Selon la dernière étude de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes, 15 % des femmes interrogées déclaraient avoir été victimes de violences physiques de la part de leur (ex-) partenaire au cours des 12 derniers mois. Une proportion qui grimpe en flèche lorsqu’il n’y a pas de critère de temps : une femme sur cinq est un jour victime de violences.

Toutefois peu de statistiques précises existent. C’est l’expérience du milieu associatif - corroboré par des études, nationales ou étrangères - qui permet de dresser certains constats.

Les femmes sont majoritairement victimes de violences (en termes de plaintes). Les coups physiques sont les plus répandus mais ne sont que rarement décrits comme les pires.

Au contraire des violences psychologiques, de la perte d’identité, du contrôle exacerbé exercé par le partenaire. Pire, aucune distinction sociale, d’éducation ou de revenus ne peut-être faite à l’aune de l’expérience acquise dans la lutte contre ces violences. Elles n’épargnent personne.

C’est pourquoi, depuis plusieurs années, des initiatives de terrain sont soutenues par le monde politique : campagnes de sensibilisation, subventions aux organismes d’aide (tant aux victimes qu’aux auteurs), hébergement, reconstruction des victimes, des enfants,…

Pourtant hier, de nombreux acteurs sociaux se posaient des questions. Pas tant sur le fait divers en question mais sur l’avenir de cette lutte quotidienne. Face à l’ampleur du phénomène, peut-elle être soumise aux aléas budgétaires qui touchent l’aide sociale ? Les réponses ne sont pas unanimes, certaines font la part belle à l’engagement des acteurs de terrain. Mais tous en conviennent : la sensibilisation continuelle des citoyens est indispensable.

La justice de mieux en mieux armée

Parallèlement au milieu associatif et social (services d’écoute, refuge, accompagnement des victimes et des auteurs, etc.), la justice joue un rôle prépondérant dans la lutte contre les violences conjugales.

Depuis 2006 et les circulaires fédérales (COL3 et COL4), nombreuses sont les avancées qui permettent un meilleur traitement des plaintes. Même si, d’après certains services d’aide, des disparités demeurent entre arrondissements judiciaires. Dans l’ensemble, tant les policiers que les magistrats sont mieux armées. Ainsi ces fameuses COL ont-elles permis de définir avec davantage de précision les violences au sein d’un couple ou d’une famille. En outre, des méthodes de travail et une certaine standardisation ont été instaurées. Et, plus récemment, d’autre règles. L’une permettant notamment l’éloignement de l’auteur des violences du domicile.

Concrètement, il est à noter que les violences conjugales, comme elles ont lieu entre des personnes étroitement liées, sont considérées comme une circonstance aggravante. Autant d’évolutions qui ne relatent toutefois pas le travail de fourmi nécessaire en aval, lorsque la prévention n’a pas suffi.