150.000 élèves y sont soumis

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Belgique

Trois classes vont subir un test de lecture. Sur fond de polémique...

BRUXELLES Ce devait être une belle étape, découlant du contrat pour l'école de Marie Arena (PS). Mais la fête est désormais un peu gâchée, sur fond de polémique.

Elle concerne un test de lecture et d'écriture, qui se déroulera toute la semaine prochaine dans l'ensemble des écoles primaires et secondaires. Cette année, elle vise les classes de 2e et 5e primaire, ainsi que de 2e secondaire. Soit 150.000 élèves.

Le test durera, selon l'année, de 2 à 4 jours, à raison d'une ou deux périodes de cinquante minutes quotidiennes. Il consiste, en gros, à faire lire un texte aux élèves, puis à les questionner sur son contenu.

Mais la polémique enfle sur un des textes choisis, qui raconte les bêtises d'un enfant (lire ci-contre). Au point de faire sortir de leurs gonds les concepteurs de l'opération.

"On a rompu la confidentialité autour de ce texte ", fulmine l'une d'elles. "Des parents vont être tentés de se le procurer et le faire lire à leur enfant. Le test sera donc biaisé. Son contenu est pourtant bien tendre par rapport à ce qu'ils peuvent voir à la télévision ou dans les jeux vidéo !... "

"Ce texte a été testé en novembre dans des classes, après avoir été choisi par un groupe de travail comprenant des enseignants et des inspecteurs" , confirme Martine Herphelin, qui dirige le service pilotage de l'enseignement. "Cela s'est parfaitement passé. Les élèves ont réagi à son contenu comme nous l'aurions fait à leur âge : de façon pure, au travers de leur imaginaire, en comprenant tout de suite que ce qu'a fait le petit garçon n'est pas bien ." Leur perception serait donc bien loin de celle qu'en ont eue les adultes en le découvrant.

La ministre Arena elle-même évoque "un choix maladroit ", appelant tout de même chacun à "garder son sang-froid " et à faire confiance à la capacité de recadrage des enseignants.

Devenu désormais obligatoire et concernant plus de classes à la fois, le test n'est en fait rien d'autre que l'intensification de ce qui existait déjà auparavant. Les enseignants ont également droit, dorénavant, à un jour pour la correction des épreuves, ce qui indispose certains chefs d'établissement.

Les résultats du test resteront confidentiels. Seuls les parents y auront accès, de même que les enseignants qui pourront comparer les résultats de leurs élèves à la moyenne des 150.000 étudiants.

Le but est de leur permettre de mieux jauger la qualité de leur apprentissage, et de remédier plus vite aux lacunes, que les fameux tests Pisa ne cessent de mettre en exergue dans le chef de nos rejetons...



© La Dernière Heure 2007
Christian Carpentier