Parallèlement, la Région va se lancer, "dans les prochains jours", dans les tests salivaires - par gargarisme - que devront effectuer eux-mêmes, chaque semaine, les travailleurs des 602 maisons de repos wallonnes au sein desquelles, à l'heure actuelle, une cinquantaine de foyers de contamination ont été détectés.

"Nous avons la chance d'avoir des universités qui font de la recherche intensive. Vu l'urgence, nous avons estimé qu'il est important de monitorer, chaque semaine, tout le personnel des maisons de repos via ces tests de gargarisme. Si des cas positifs sont découverts, le testing fédéral, avec des tests naso-pharyngés, prendra le relais. Les deux systèmes sont complémentaires", a expliqué la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale.

Concrètement, plus de 7 millions d'euros seront consacrés à l'achat de ces tests qui seront produits et analysés par l'Université de Liège. Quelque 300.000 tests pourront déjà être réalisés d'ici la fin de l'année.

Quatre villages de testing vont également être ouverts, à Liège, Charleroi, Mons et Namur, et 1,5 million vont être dégagés pour renforcer d'un emploi supplémentaire pendant 6 mois, le personnel des 37 centres de dépistage wallon.


Des renforts administratifs sont aussi prévus pour les cercles de médecins généralistes tandis que les équipes mobiles pluridisciplinaires compteront 18 infirmiers indépendants supplémentaires pendant 6 mois et que 5.000 chèques ALE et des travailleurs en réinsertion pourront gonfler les rangs du personnel logistique dans les maisons de repos.

Outre le volet santé, le gouvernement wallon a également mis la main à la poche pour les secteurs lourdement impactés par la crise. Ainsi, 81,6 millions iront à l'horeca et 72,8 millions à des entreprises et indépendants dont l'activité est encore à l'arrêt, le tout lié au nombre de travailleurs occupés.

"Fin septembre, nous avions présenté un mécanisme de soutien pour les indépendants et entreprises encore à l'arrêt, à savoir l'événementiel, les voyagistes, les autocaristes, les forains... Etant donné que la crise se prolonge, nous avons décidé de faire passer l'intervention de 15% à 30% du chiffre d'affaires trimestriel, de doubler le montant minimum d'intervention pour passer de 1.500 à 3.000 euros et d'augmenter les montants des différents plafonds", le dernier d'entre eux atteignant 40.000 euros, a détaillé le ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus.

Pour le reste, des aides seront également accordées aux entreprises de titres-services (montant forfaitaire de 5.000 euros pour les entreprises établies en Wallonie), aux sept Relais sociaux à concurrence de 50.000 euros chacun, afin d'assurer leur offre de services d'hébergement et d'accueil ou encore au Forem avec l'engagement de 60 conseillers et de 5 psychologues.

Enfin, l'interdiction de suspendre la fourniture d'eau et de limiter le débit en cas de non-paiement des factures sera renouvelée d'un an alors que l'aide de 40 euros pour les factures d'eau destinée aux personnes en chômage temporaire total ou partiel sera prolongée jusqu'au 30 mai 2021.

Au total, ce sont finalement quelque 260 millions d'euros supplémentaires que le gouvernement régional a mis sur la table. "Le regain de l'épidémie et les mesures prises pour y répondre nous obligent à assurer rapidement un appui financier pour les secteurs les plus impactés", a justifié le ministre wallon du Budget, Jean-Luc Cucke.

"Tous les articles budgétaires ont été analysés afin de dégager les besoins nécessaires. Chaque ministre a été chercher le non-consommé et le non-essentiel à court terme pour alimenter une poche globale qui va permettre de financer l'urgence. Un buffer de 16 millions est également en réserve et sera débloqué si l'enveloppe estimée ne permet pas de tenir les mesures urgentes jusqu'à la fin de l'année", a-t-il assuré.


"Il n'y a aucun chemin prétracé. Le chemin se fait en marchant", a de son côté souligné le ministre-président régional, Elio Di Rupo. "Avec tous les spécialistes que nous consultons, s'il existait une solution miracle, cela se saurait", a-t-il ajouté en évoquant une "responsabilité individuelle et collective" alors que "mesures plus strictes" seront sans doute annoncées vendredi, au terme d'un nouveau comité de concertation.

"Il faut que nous soyons plus agiles", ont enfin estimé les autorités wallonnes. A cette fin, elles discuteront, ce mercredi après-midi encore, de la possibilité de demander à nouveau les pouvoirs spéciaux. "Si tel est le cas, nous en aviserons évidemment le président du parlement wallon", a conclu Elio Di Rupo.