La plupart du temps, le muguet vendu en Belgique vient de la région nantaise. Cela a pu aller jusqu’à 90 % des ventes ces dernières années ! Mais 2022 signe le retour du muguet belge, principalement produit sous serre côté Flandre par une dizaine de producteurs. Les conditions météo étaient parfaites : un début de printemps très frais suivi du beau temps qui a permis l’éclosion juste à temps ! "On aura environ 60 % de la production qui sera belge, 30 % venant de Nantes et le reste, ici et là", explique Koen Van Malderen, directeur de l’Union royale des fleuristes de Belgique.

Avec la hausse des prix, la question est sur toutes les lèvres : sera-t-il moins cher cette année ? Vu son abondance, le coût de transport moins cher puisque la majorité vient de Belgique et les bonnes conditions qui ont permis de ne pas trop chauffer artificiellement les serres, "il sera un peu moins cher mais cela reste à voir", s’aventure le directeur qui assure que c’est le rapport qualité-prix que les fleuristes veulent mettre en avant, car le prix d’un brin peut varier. L’an passé, c’était entre 1,50 et 3 € selon la longueur de la tige et la beauté de la clochette mais "à cette époque, la demande était très importante et l’offre pas énorme. Je dirais que les prix seront similaires à ceux de 2019. Mais il faut attendre la criée".

Le professionnel qui fut longtemps fleuriste lui-même encourage les clients à demander l’origine du muguet acheté, pour soutenir un secteur belge qui en a bien besoin. Tant du côté des fleuristes que des producteurs. " Par exemple, ceux qui font des roses et des gerberas se demandent s’ils seront capables de rempiler pour une autre année, tant les coûts de l’énergie grèvent les budgets. Ces hausses n’ont pas été répercutées encore sur les bouquets parce que le consommateur n’est pas prêt à payer plus cher pour un bouquet ."

Reste que le 1er mai est un des jours les plus fastes pour les fleuristes, avec la fête des mères. Surtout en ville car à la campagne, les jardins sont aussi remplis de brins, éclos il y a une ou deux semaines : facile d’en cueillir et d’en offrir à la famille le dimanche, pour rien ! "C’est en ville, en Wallonie et à Bruxelles qu’on en vend le plus : le muguet porte-bonheur est une tradition française", souligne encore Koen Van Malderen. Qui espère que les ventes sauvages, qui continuent à affecter les ventes des fleuristes, seront plus contrôlées cette année : " Je demande vraiment à chaque commune de respecter les règles et de soutenir les commerces en contrôlant les vendeurs de rue ", conclut Koen Van Malderen.