Philippe, épanoui comme jamais

Frédéric Seront
Philippe, épanoui comme jamais
©BELGA

Depuis la naissance d'Elisabeth, le Prince apparaît sous un jour nouveau, rayonnant du bonheur d'être papa

ANDERLECHT Son mariage avec Mathilde l'avait changé. La naissance de la petite Elisabeth l'a définitivement transformé! Depuis cinq jours, c'est un prince Philippe radieux qui apparaît devant les caméras de télévision. On l'avait connu méfiant vis-à-vis des objectifs, souvent maladroit. Lors de ses fiançailles, il était déjà apparu plus à l'aise. Mais avec la venue au monde de son premier enfant, il semble cette fois avoir trouvé une confiance totale en lui. Une impression encore renforcée hier lors de la déclaration de naissance à l'Hôtel de Ville d'Anderlecht.

D'emblée, dans la nuit de jeudi à vendredi, Philippe a touché une bonne partie de la population en tenant à partager son émotion presque en direct. Alors que certains lui suggéraient de reporter sa conférence de presse au matin afin qu'il se repose, il a insisté lui-même pour qu'elle se tienne dès que possible à 1 h 30 du matin. Il est ainsi apparu encore revêtu de la blouse verte qu'il portait durant l'accouchement, expliquant qu'il avait donné le premier bain à Elisabeth. Visiblement ému, mais également fier de sa petite princesse, il s'est dévoilé comme peu d'héritiers au trône ont dû le faire! Certes, parfois avec un peu de maladresse (ce qui, dans ce cas, le rendait finalement encore plus touchant), mais aussi souvent avec un beau sens de la répartie.

Depuis, à chacune de ses apparitions, Philippe semble gagner en assurance. Il laisse exprimer ses émotions. Ses proches disent qu'il apparaît enfin tel qu'il est en privé. Samedi, il n'a pas hésité à partager son bonheur avec les patients de l'hôpital Erasme. Et puis, il y a eu les premières images avec Elisabeth. Philippe n'apparaissait plus comme un Prince, mais simplement comme un papa sous le charme de son bébé, n'hésitant pas à lui faire des mimiques, oubliant soudain le rang qui est le sien. Ici non plus, on ne se rappelle pas un couple princier partageant de la sorte des moments de tendresse aussi intimes!

Hier après-midi, Philippe est arrivé avec cinq minutes d'avance à la maison communale d'Anderlecht, comme s'il avait hâte que la naissance d'Elisabeth soit officiellement enregistrée. En sortant de la voiture officielle, il était épanoui comme jamais. Ceux qui affirmaient encore il y a quelques années qu'il n'aurait jamais la stature d'un Roi ne doivent aujourd'hui plus être très nombreux.

`Il passe de petites nuits...´

De quoi ont discuté le prince Philippe, Didier Reynders et Jacques Simonet? De la défaite d'Anderlecht au Standard!

BRUXELLES Lorsqu'un enfant vient au monde, les parents doivent aller déclarer l'enfant à la commune. Un acte qui prend une toute autre signifaction lorsqu'il s'agit de déclarer la naissance d'une petite princesse. La cérémonie s'est ainsi déroulée dans la salle du conseil d'Anderlecht sous les objectifs des photographes et des caméras de télévision.

Le bourgmestre, Jacques Simonet, a tout d'abord tenu à féliciter le jeune papa. `Je souhaiterais vous exprimer le profond sentiment de joie qui anime, dpeuis l'annonce de l'heureux événement, le coeur de la population anderlechtoise et, à travers elle, du Royaume tout entier.´

Le premier à signer l'acte de naissance a bien sûr été Philippe. L'instant était solennel. Mais le Prince n'en a pas moins fait preuve d'humour. A plusieurs reprises, il a relevé la tête en s'amusant d'entendre les crépitements des flashes que suscitait son geste! Les témoins se sont ensuite succédé pour la signature. Parmi eux, le ministre des Finances, Didier Reynders qui remplaçait le ministre de la Justice, Marc Verwilghen, actuellement à l'étranger. La dernière signature a été apposée par le bourgmestre.

Philippe a alors reçu les cadeaux de la commune. Jacques Simonet lui a remis une timbale et un rond de serviette en argent, gravés aux armes d'Anderlecht, ainsi que des couverts en argent. `Elisabeth saura qu'elle est née sous le signe de Saint-Guidon, qui est le saint-patron de la commune´, a expliqué le bourgmestre. Il ne restait alors plus qu'à lever son verre à la santé du bébé!

A la sortie, Didier Reynders semblait ravi. `J'ai expliqué à Philippe qu'après mes quatre enfants, j'en étais ici à ma cinquième déclaration. Je lui ai souhaité d'avoir d'autres enfants. Manifestement, l'arrivée d'un deuxième enfant ne lui déplairait pas, mais il trouvait que quatre, c'était peut-être beaucoup! Sinon, il transpire de bonheur. Même s'il m'a expliqué qu'il ne dormait pas beaucoup pour l'instant et que la première nuit a été au clignottant.´

De son côté, Jacques Simonet a échangé quelques expériences parternelles avec Philippe. `On a discuté d'Elisabeth, mais aussi de foot, puisque c'était la première fois depuis 15 ans qu'Anderlecht se faisait battre au Standard!´

`Phiiiliiiiiipppe!!!´

Le Prince accueilli par une foule en délire devant la maison communal d'Anderlecht

ANDERLECHT Ambiance, ambiance, hier après-midi, devant la maison communale d'Anderlecht. Près de 1.000 personnes attendaient, certaines depuis midi, l'arrivée du prince Philippe, venu signer l'acte de naissance de sa fille, la princesse Elisabeth. La place du Conseil était complètement bloquée. Le tram ne pouvait plus passer. Les gamins se croyaient dans un parc de jeux et certains grimpaient sur les échafaudages installés pour les caméras de télévision.

L'arrivée du Prince a tout déclenché. Cris de joies, applaudissements nourris. Dire qu'il ne faisait que passer. Son retour fut encore plus tonitruant. Le Prince a pris un bain de foule, au rythme des `Philippe, Philippe´.

Catherine, 73 ans, Jamila, 31 ans, Karim, 23 ans, Gino, 9 ans, Mathilde, 6 ans, etc. Toutes et tous voulaient voir le Prince. Les plus chanceux lui ont serré la main. D'autres ont échangé quelques mots. Samba a eu ce privilège. 28 fois grand-mère, cette Belge d'origine congolaise adore Philippe. `Ça fait plaisir de le voir en vrai. Je suis très fière que cela se passe à Anderlecht. Je lui ai apporté un petit cadeau, dit-elle, montrant son sac rempli de bananes, cacahuètes et manioc. C'est une tradition dans mon pays. On offre toujours de la nourriture lors d'une naissance. Je fais aussi ça pour qu'il n'oublie pas mon pays´, ajoute-t-elle, visiblement impatiente.

Elle ne sera pas déçue. Lors de leur bref échange, Samba n'a pas hésité: `Voici, c'est pour vous. C'est la coutume au Congo. Comme ça, vous pourrez faire beaucoup d'enfants.´ `Merci, je suis très touché,´ répondit Philippe, d'abord étonné puis charmé par l'originale attention.

Les enfants n'étaient pas en reste. Nombre d'entre eux ont apporté des dessins. Arlette, une ancienne Anderlechtoise, venue spécialement de la banlieue pour voir le Prince, lui a promis quelques vieilles photos, où l'on voit le roi Albert au volant d'une Minerva, voitures anciennes produites en Belgique au début du siècle. `Je crois qu'il m'a reconnue, s'enthousiasme-t-elle. Je l'avais déjà rencontré par hasard. Mais je n'avais pas osé l'aborder, je suis trop timide. Lui aussi d'ailleurs, c'est pour ça que je l'aime bien.´ Cette fois-ci, Arlette n'aura pas manqué l'occasion.


Sept mamans sur dix allaitent à la sortie de la maternité

La princesse Mathilde avait profondément envie de donner le sein



BRUXELLES Lorsque nous avions demandé au Dr Geneviève Naômé si la princesse Mathilde allaiterait son enfant, la gynécologue avait confié, vendredi matin: `Elle l'espère...´ A bonne source, nous avons appris, hier, qu'Elisabeth était effectivement nourrie au sein.

L'allaitement maternel s'inscrit comme une démarche extrêmement importante sur le plan affectif, mais aussi pour le bien-être physique de l'enfant. Le lait de la maman représente, par ses qualités nutritionnelles, l'aliment parfait pour le bébé, alors qu'il recèle des anticorps maternels, qui aideront à protéger le nourrisson contre les infections.

Le rapport 2000 de la Banque de données médico-sociales (BDMS), gérée par l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE), fournit quelques statistiques instructives sur l'allaitement maternel en Belgique.

Ainsi, on apprend qu'en 1998, 70,9% des mamans donnaient le sein à leur enfant après la sortie de la maternité. Une proportion beaucoup plus élevée qu'en 1991, par exemple, lorsqu'elles étaient 63,8%. Les campagnes de sensibilisation semblent donc porter leurs fruits... dans une certaine mesure. En effet, l'enthousiasme des premiers jours s'estompe progressivement, lorsque la femme est à nouveau confrontée aux exigences de la vie quotidienne. Après quelques semaines, le taux d'allaitement exclusif (le cas échéant complété d'eau, de vitamines, ou d'un peu de jus d'orange) chute considérablement: 40% après cinq semaines, 22% après trois mois... Ceci dit, beaucoup de mamans continuent à allaiter, tout en recourant à d'autres types d'aliments pour bébés. En fait, 50% des dames allaitent encore en tout ou en partie après six semaines.

On allaite davantage à Bruxelles que dans d'autres parties de la Communauté française; alors que les mère d'origine étrangère adoptent beaucoup plus massivement que les Belges ce mode d'alimentation (ces dernières sont 66,5% à allaiter à la sortie de la maternité, contre presque 90% pour les autres nationalités, à l'exception des ressortissantes d'Europe méditerranéenne, qui se situent au niveau belge).

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