Scandale à la SNCB

Benoît Gilson
Scandale à la SNCB
©BELGA

Il faut 1 h 07 pour aller en train de Bruxelles à l'aéroport. Mais le CA est ailleurs: dans les comptes d'ABX

BRUXELLES Inquiétude, agacement, panique, fureur tels sont les différents états d'esprits par lesquels sont passés, ce mercredi matin, les passagers du train reliant Bruxelles à son aéroport. Pour une raison inexpliquée, le train qui n'a jamais dépassé les 10 km/h s'est arrêté plusieurs fois durant le trajet qui aura duré, au total 1 h 07 contre une petite vingtaine de minutes initialement prévue. Ce n'est qu'après 40 minutes que les passagers ont été informés de ce qui se passait mais uniquement en néerlandais. C'est que, respectant à la lettre la loi linguistique les annonces doivent se faire dans la langue de la région traversée , l'accompagnateur de train n'a pas pensé une seconde aux passagers étrangers pourtant très nombreux à fréquenter ce train. A la gare de l'aéroport, ce fut la délivrance: une fois les portes ouvertes, les passagers quittaient les quais en courant, la valise sous le bras en espérant toujours pouvoir attraper leur vol. Renseignement pris, c'est un problème d'aiguillage qui a perturbé le trafic de 8 h 30 à 10 h 30

Mais de ces incidents à répétition, il n'a point été question, hier, au conseil d'administration de la SNCB, où on traitait comme toujours diront les mauvaises langues de questions qui intéressent fort peu les navetteurs: les situations d'ABX et Interferryboat. En fait, le deuxième dossier n'a été que peu abordé. En effet, le projet d'accorder une licence de transport ferroviaire à Interferryboat a été retiré de l'ordre du jour par un Etienne Schouppe sans doute bien conscient qu'il n'avait pas intérêt à se froisser avec les syndicats. Un Schouppe qui a également reculé sur sa volonté d'intégration d'Interferryboat et ABX, en raison notamment d'une vive opposition des administrateurs francophones.

Les débats ont dès lors été presque entièrement consacrés à ABX. Le dossier a été finalisé à l'unanimité et transmis à la ministre des Transports. Dans ce dossier, on retrouve la création d'ABX logistics group, qui rassemblera toutes les filiales étrangères du groupe, la garantie des crédits d'ABX par la SNCB qui jouit de taux plus intéressants, l'attribution d'un prêt de 3,4 milliards à ABX de la part de la SNCB, la garantie de la SNCB pour un emprunt de 105 millions d'euros par ABX. Pour trouver cette somme, la SNCB espère trouver des investisseurs privés, tout en garantissant qu'ils ne prendront pas plus de 25% du capital. Notons également que pour la première fois, ce mois d'octobre, ABX n'a pas perdu d'argent


SNCB: candidats drogués

Edifiant:7% des candidats conducteurs ont des problèmes de drogue

BRUXELLES On le sait, la SNCB recherche activement de nouveaux conducteurs. Rien que pour 2002, elle doit en trouver entre 420 et 430 pour faire face à la fois aux départs naturels et à l'augmentation du trafic.

Mais la campagne de recrutement est l'objet de quelques surprises, surtout l'examen médical. Ainsi, cet examen révèle-t-il que 7,2 % des candidats ont des problèmes de drogue!

`Il s'agit d'un examen médical complet et très poussé, explique un porte-parole de la SNCB. Il faut savoir que le conducteur aura entre ses mains plusieurs centaines de passagers chaque jour. Nous ne pouvons rien laisser au hasard. Le médecin évalue tous les aspects de l'état de santé des candidats et il est en effet apparu que 7% d'entre eux ont des problèmes de drogue´.

Ce qui est évidemment un motif d'exclusion immédiat: on ne badine pas avec la sécurité.

Mais cet incident dont elle est l'acteur bien involontaire est l'occasion pour la SNCB de relancer un appel aux candidats conducteurs, dont elle manque cruellement.` Surtout dans le nord du pays, explique la SNCB. A Anvers et Bruxelles. C'est un travail difficile les pauses, les responsabilités mais passionnant. Et puis, on peut faire une belle carrière dans ce métier´.

Mais le chemin est parsemé d'embûches avant d'arriver aux commandes d'une loco. Après les examens médicaux et psychologiques, il faut s'acquitter d'une formation générale de 30 jours, suivie d'un examen éliminatoire. Ensuite, un cycle de 25 semaines, dont la moitié en cours pratiques, permet d'accéder, si on a réussi les deux examens éliminatoires, au grade de conducteur de manoeuvre. Il faudra encore suivre une formation de 14 semaines pour entrer en ligne comme stagiaire, dans la zone où le conducteur sera affecté. Un parcours difficile qu'empruntent beaucoup d'appelés et peu d'élus.

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