Administrateurs publics bridés

Benoît Gilson

Le PS pose des exigences - pour La Poste et les autres entreprises - et demande une charte des administrateurs

BRUXELLES

Alors que le dossier Poste est encore et toujours en attente d'une solution - que le Premier ministre ne semble pas pressé de trouver - le PS posait, hier, à l'issue de son bureau de parti un certain nombre d'exigences... sur ce dossier ainsi que, plus généralement, sur la gestion des entreprises publiques.

Pour La Poste, si Elio Di Rupo a bien rappelé qu'il n'avait jamais exigé de tête, il estime qu'une restructuration des responsabilités est inévitable au vu des rapports reçus sur les comptes et la gestion de l'entreprise.

`Il s'agit absolument de réduire le pouvoir du patron de la Poste

, explique le président du PS.

A cet égard, trois pistes me semblent prioritaires. Tout d'abord, il faut limiter le montant pour lequel l'administrateur délégué peut s'engager seul. 500 millions sans rendre de compte à personne, c'est délirant. Il faudra également rétablir les prérogatives du conseil d'administration en terme de filialisation et d'acquisitions. Là encore, il est aberrant qu'un administrateur délégué puisse s'engager seul sur de tels dossiers. Enfin, la direction de La Poste nécessite un comité de direction pas seulement composé de la cour de l'administrateur délégué,

mais de membres capables de mettre en place une gestion collective avec tout ce que la suppose en terme de contrôle.´

On peut donc s'attendre à voir la direction de La Poste changer sinon de tête, de méthodes...

Mais le président du PS veut aller plus loin et avance plusieurs pistes dans le cadre d'une adaptation de la loi de 1991 sur les entreprises publiques autonomes.

`Je crois essentiel d'avancer sur deux grands principes

, poursuit Di Rupo.

D'une part, les contrats de gestion sont trop généraux. Pour tout ce qui concerne les services publics, il faut mieux définir les obligations de l'entreprise en fixant, notamment, des objectifs à atteindre. D'autre part, je voudrais créer une charte de l'administrateur afin de préciser le cadre dans lequel les administrateurs publics remplissent leur mission.´

Les dix commandements de l'administrateur en quelque sorte: agir de manière cohérente par rapport aux objectifs publics; veiller activement aux intérêts de la société; veiller au fonctionnement efficace du CA; protéger les intérêts de l'actionnaire public; tenir compte des attentes de tous les partenaires de la société (collectivité, usagers, cadres, salariés,...); veiller au respect des obligations, engagements, lois règlements et codes de bonne pratique; éviter tout conflit entre ses intérêts personnels et ceux de la société; éviter un usage incorrect des infos et sanctionner les délits d'initiés; développer ses compétences professionnelles. Bref, du simple bon sens mais dont on se rend compte qu'il est régulièrement négligé au sein de certaines entreprises publiques.

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