Entre 2.000 et 2.500 €

A. Vbb.

C'est ce qu'il coûte pour adapter votre voiture diesel au carburant vert
VERLAINE C'est au coeur de la Hesbaye, et ce n'est pas innocent, qu'Olivier Burnotte, 26 ans, un ingénieur industriel très bricoleur, fait figure de pionnier en proposant un système d'adaptation des moteurs Diesel à un carburant 100% vert, l'huile de colza. «Ce n'est qu'un retour aux sources. Le premier moteur Diesel tournait à l'huile végétale, à l'huile d'arachide. Mais comme, à l'époque, le prix de l'huile était supérieur, c'est le diesel qui a été utilisé », explique-t-il. Et en se basant sur les dispositifs mis aux points notamment en Allemagne, le jeune ingénieur qui se transforme volontiers en mécanicien a mis au point un système qu'il a déjà installé sur une vingtaine de véhicules. Alors qu'un litre d'huile de colza coûte environ 70 cents, il faut compter entre 2.000 et 2.500 € pour tourner le dos au carburant diesel, enfin presque. Car, comme dans le cas d'une installation LPG, l'automobiliste soucieux de son portefeuille et de l'environnement devra conserver son réservoir traditionnel. L'allumage et la coupure du moteur demandent en effet du gasoil afin de ne pas endommager par la viscosité de l'huile la pompe à injection. Un réservoir dans le coffre, un système d'électrovannes, un système de réchauffage de l'huile à l'eau chaude et trois jours d'immobilisation du véhicule au garage suffisent à franchir le pas.

Reste que tous les véhicules ne sont pas égaux devant l'accès à ce biocarburant. Si les VW sont facilement convertibles, il n'en va pas de même des Peugeot et des Citroën. C'est le type de pompe à injection utilisé par le constructeur qui conditionne la possibilité d'adaptation. D'une manière plus générale, les moteurs à très haute pression type common rail ou HDI ne peuvent être transformés car leur calculateur très précis demande une certaine viscosité du carburant. Dans tous les cas, avant de s'adresser à un installateur, il vaut mieux prendre contact avec son garagiste qui pourra opérer un premier diagnostic sur la faisabilité.

Reste que l'alternative, aussi viable soit-elle, possède son lot de limites. L'huile de colza n'est évidemment pas mise en vente dans les stations-service. L'automobiliste doit lui-même se rendre, et c'est la législation en la matière, chez l'agriculteur pour se pourvoir. Au-delà de ce bémol, il ne sera jamais possible à l'ensemble des automobilistes belges d'adopter le colza. Même si l'ensemble du territoire belge était transformé en gigantesque champ de colza, la production serait insuffisante pour pourvoir tous les automobilistes.

Quant aux adeptes de l'essence, ils devront attendre une production du bioéthanol suffisante pour épouser un système similaire mais sensiblement moins coûteux.

© La Dernière Heure 2006


La Febiac frileuse
Elle craint pour la garantie du véhicule


BRUXELLES La Fédération belge de l'industrie automobile (Febiac) a applaudi la mise en place prochaine des biocarburants, mélangés directement aux pompes, sous la supervision des sociétés pétrolières et avec le maintien des garanties des constructeurs automobiles. Pour la filière colza, autorisée depuis ce lundi, c'est un peu différent... «Une utilisation d'huile de colza, que l'automobiliste mélangerait lui-même dans son réservoir, sans contrôle du produit, cela me paraît risqué. La garantie du véhicule est compromise lorsque le carburant utilisé n'est pas conforme aux prescriptions du constructeur», explique Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac.

Voici plusieurs mois déjà, au moment où les prix des carburants avaient bondi, la Febiac avait mis en garde «ceux qui sont tentés par des expérimentations à base d'huiles pour salade, huiles de friture ou autres. Ces huiles ne possèdent pas les propriétés lubrifiantes et nettoyantes indispensables pour garantir un fonctionnement propre, économique et durable des moteurs actuels, très sophistiqués sur le plan technologique». L'huile de colza, obtenue par pressage à froid et filtrée, ce n'est pas de l'huile usagée de friture, mais la Febiac incite tout de même à beaucoup de prudence. Aucun constructeur officiel ne propose en Belgique de modèle équipé d'une installation colza. Mais très peu le font aussi pour le LPG, pourtant 100% éprouvé...

Chez ValBiom, on regrette la frilosité des constructeurs, et la mainmise du secteur pétrolier, alors que d'importants débouchés sont déjà accessibles aux agriculteurs belges, wallons surtout. Selon l'association, le taux de 5% de biodiesel aux pompes pourrait même être augmenté sans problème. Les moteurs à injection indirecte et à injection directe ancienne génération supportent un mélange plus riche en huile que les moteurs à injection directe nouvelle génération, mais ValBiom estime, par exemple, que l'on peut tout de même monter jusqu'à 20% maximum d'huile en mélange dans les moteurs nouvelle génération de VW, Audi, Skoda et Seat TDI.

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